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Les entreprises, petites et moyennes, sont de véritables moteurs de la croissance économique. Toutefois, leur rendement dépend de la gestion et de l’accompagnement dont elles bénéficient, mais aussi de la vision qu’elles projettent et charrient. Dès lors, stimuler, renforcer et moderniser les entreprises s’avèrent être nécessaire et urgent dans un contexte global. Divers avantages en découlent. Elles deviennent plus compétitives et les produits et services fournis seront standardisés et attireront une plus large clientèle.

« On ne crée pas une entreprise par pur plaisir, mais en fonction d’un besoin clairement identifié», c’est le premier principe qui doit guider tous ceux qui veulent s’investir dans le monde du business. C’est en tout cas ce que préconise Rock André, co-fondateur du Centre d’Entrepreneurship et de Leadership (CEDEL). L’économiste souligne que faire fonctionner une entreprise requiert beaucoup d’énergie et de volonté. D’abord, il faut se faire à l’idée que tout entrepreneur n’est pas forcément bon gestionnaire. Pour garder sa part de marché et peut être même se tailler une place de choix, toute entreprise a besoin d’être structurée de la manière la plus efficace possible.

Renforcer son entreprise : difficile, mais avantageux

Pour Marc-Alain Boucicault, entrepreneur dans la trentaine et PDG de Banj : renforcer une entreprise exige deux choses : une bonne vision et des moyens financiers. « Souvent ce n’est pas la première qui manque », précise le jeune économiste. Selon lui, le plus grand obstacle que rencontrent les hommes et les femmes d’affaires qui souhaitent agrandir leur business, c’est le manque de fonds. « Et dire que pratiquement tous les intrants ou matière premières en Haïti coûtent les yeux de la tête en raison de l’importation », déplore Marc-Alain   Boucicault.

Un avis que partage l’homme d’affaire Rock André qui gère une pizzeria (Pot Iwa Pizza) à Pétion-ville, quartier huppé de Port-au-Prince. « Souvent, l’environnement des affaires n’est même pas propice à l’investissement voire à l’agrandissement de son entreprise », martèle le cofondateur de CEDEL. C’est le propriétaire qui s’occupe de tout : l’eau, l’électricité et les infrastructures, se plaint-il. M. André indique que certaines fois, même pour payer les taxes à l’Etat, c’est l’entrepreneur qui se débrouille tout seul. Ce n’est pas surprenant qu’Haïti soit au plus bas de l’échelle dans les classements de « Doing Business ».

Si l’environnement externe ne favorise pas le renforcement des entreprises, la directrice de StartupGrind, une plateforme d’éducation entrepreneuriale internationale, Daphnée Charles, propose de se rabattre sur les moyens internes. « Il faut, pour cela, une bonne stratégie de gestion et des connaissances appropriées, des outils de croissance existants », souligne la jeune entrepreneure . Cette capacité à gérer est souvent à la base de la prospérité dont rêvent tous ceux qui s’adonnent à une activité lucrative. Contrairement à ce qu’on pouvait penser, l’argent n’est pas toujours le premier élément nécessaire au renforcement d’une entreprise, poursuit Daphnée Charles, cofondatrice de Cocread (Cocreation de Développement).

Modernisation et rentabilité marche de pair…

On doit avoir le contrôle de son business pour pouvoir le stimuler, fait remarquer Pascal Chérise, directeur de marketing de CEDEL. D’où le rôle de la gestion au sein de l’entreprise. « Celui qui gère bien son entreprise a besoin de savoir ce qui se passe à l’intérieur. Mais il doit aussi s’intéresser à ce qui se fait à l’extérieur, dans le reste du monde en rapport à ses investissements ».
Selon Pascal Chérise, toute modernisation d’une entreprise passe par une culture entrepreneuriale axée sur le service. « Le propriétaire doit avoir ce souci d’améliorer et de fournir un service suivant les règles de l’art ». En agissant ainsi, vous pourrez vous imposer sur le marcher, parce que vous êtes différents mais surtout soucieux de vos clients. Pour y parvenir, l’une des premières stratégies que prône la Directrice de StartupGrind, Daphnée, est la standardisation des produits et service fournis. « Un service à la clientèle digne de ce nom et un staff compétent sont des atouts majeurs », insiste-t-elle.

L’économiste Rock André est de cet avis. Pour lui, il ne suffit de se préoccuper du « front stage », de son entreprise. Le co-fondateur de CEDEL révèle que de nombreuses entreprises sont confrontées à un problème de « back office », Par exemple, la transparence, la bonne gouvernance et la reddition de compte ne sont pas toujours au rendez-vous. Or ce sont des éléments fondamentaux qui participent à l’évolution de l’entreprise.

Autre élément fondamental qui contribue à la modernisation d’une entreprise est sa capacité d’adaptation, avance pour sa part l’entrepreneur et économiste Pascal Chérise. Beaucoup de responsable d’entreprise ont baissé leur rideau de fer définitivement, parce qu’ils n’ont pas pu évoluer avec le temps et s’accommoder, affirme le directeur de marketing de CEDEL.

Moderniser une entreprise est un investissement, à en croire Marc-Alain Boucicault. Le PDG de Banj indique qu’une entreprise modernisée deviendra automatiquement plus compétitive et rentable. Il soutient par exemple, qu’une entreprise qui favorise des achats en ligne et qui offre un service de livraison à domicile, maximisera à coup sur son chiffre d’affaire.

« Un entrepreneur moderne ne laisse pas passer une opportunité d’affaire à cause des limites technologiques », déclare M. Boucicault. Il conseille aux propriétaires d’entreprise d’utiliser à fond les outils technologiques. Disposer d’un site internet bien garni, utiliser tous les modèles de paiement ou de transaction dont les cartes de crédit et même des services de paiements par téléphonie mobile.

Wandy Charles

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