0Shares

Implantée en Haïti depuis 1996, l’organisation humanitaire médecin du monde spécifiquement sa délégation canadienne, a participé dans la mise en œuvre d’un plan d’action en vue d’endiguer la pandémie du coronavirus sur le territoire.

 

Médecin du Monde (MDM) est cette organisation qui fournit des soins médicaux d’urgence et de longue durée aux personnes les plus vulnérables au monde. Selon sa nouvelle présidente, Carine Rolland, faire « bouger les lignes » constitue la principale mission de l’organisation dans le sens où elle milite pour que chacun puisse se soigner, « sans entraves ni discrimination ».

En mars 2020, l’organisation entendait adresser une réponse à la pandémie du coronavirus dans un pays où les conditions sanitaires ne sont pas à point tel que le nôtre. Ainsi, avec l’appui d’affaires mondiales canada, ECHO et USAID, les membres de l’association ont été en mesure de monter des projets pour secourir les personnes les plus vulnérables et marginalisées à travers le pays. En effet, la population affichait un comportement craintif par rapport au virus tel une anxiété anticipatoire. La cause, : « Un manque d’information quant à la transmission et la prévention du virus et surtout par rapport au traitement » a affirmé Tim Valda, psychologue rattachée à médecin du monde.

Un projet a donc été mis sur pied, et a permis d’installer des structures dans les institutions sanitaires dans le but d’avoir un renforcement au niveau du personnel, des formations ou au niveau du renforcement des équipements de protection individuelle. Ceci a donc apporté un apport significatif dans la prise en charge des malades, augmentant donc l’efficience et l’efficacité des professionnels de santé. Ces mesures ont aussi amorti l’impact de la pandémie sur l’état mental des professionnels de santé, dans la mesure où ils se sont dotés de nouvelles techniques permettant de mieux gérer leur santé mentale. Car il est à rappeler que tout le personnel affichait une réticence à toucher les malades. Mais avec les formations de gestions de stress dont ils ont bénéficié, ils ont su comment se comporter avec les patients afin de prodiguer des soins en toute tranquillité.

Covid-19 : Photo Illustration de l’organisation humanitaire médecin du monde

Au niveau communautaire, le coordonnateur général de MdMC, Nicolas Demers-Labrousse dit avoir mis en place des stratégies visant à véhiculer des messages clés afin d’établir un climat de confiance entre la population et les institutions sanitaires du pays. Pour cela, un poste de triage avancé a été établi, de telle sorte que tout patient subissent un premier tri avant de pénétrer n’importe quelle structure de santé grâce notamment avec des agents de santé polyvalents.

Une marge de manœuvre réduite.

Le champ d’intervention de l’organisation dépasse bien entendu la gestion de la pandémie. On est là assez loin du rôle traditionnel des organisations humanitaires. En effet l’association humanitaire agit au-delà du soin. Elle « dénonce les atteintes à la dignité et aux droits de l’homme et se bat pour améliorer la situation des populations ». C’est en ce sens que, face à la rareté de carburant en Haïti, ils ont sonné la sonnette d’alarme face au constat qu’il reste peu de carburant pour garantir les services hospitaliers. Selon un membre de l’organisation qui a souhaité garder l’anonymat, l’arrivée du carburant avait été négociée pour dimanche, mais l’accès a été bloqué.

« Un hôpital sans électricité peut à peine offrir des services, car tout est une chaîne. Les médicaments et autres fournitures médicales ne peuvent pas arriver, vous ne pouvez pas faire hospitaliser quelqu’un parce que les machines ne fonctionnent pas”, a déclaré à Efe le membre de Médecins du monde.

Soulignons que le manque de carburant a suscité des manifestations cette semaine dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, où des rues ont été bloquées jeudi par des barricades enflammées rendant plus compliquer une situation sécuritaire déjà tendue et incertaine, qui a également un impact négatif sur l’accès aux soins de santé. Le carburant sur le marché noir est à un prix prohibitif, passant de 200 gourdes (2 $) par galon.

Marc-Evens Lebrun

0Shares