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Le Premier Ministre haïtien a.i Claude Joseph, serait-il de mèche avec les mercenaires ayant assassiné mercredi dernier le Président haïtien Jovenel Moïse? C’est en tout cas ce qu’affirme Caracol Radio, un media de la Colombie, pays d’origine de la majorité des présumés suspects épinglés dans cette affaire. Au milieu d’un luxe de détails, Caracol Radio soutient que Claude Joseph serait l’un des cerveaux, l’un des auteurs intellectuels de cet assassinat odieux.

La nouvelle a eu l’effet d’une bombe sur Port-au-Prince. Elle s’est ensuite propagée comme une trainée de poudre dans le reste du pays, les réseaux sociaux aidant. Peu avant 10h du soir, après une fine pluie sur Port-au-Prince, la toile s’enflamme. Des tweets, des vidéos de l’Édition de nouvelle du media colombien et des bribes de textes traduits de l’espagnol au français envahissent les réseaux. On y lit : « les enquêtes préliminaires menées par le FBI et les autorités haïtiennes désignent le Premier ministre Claude Joseph comme l’un des principaux cerveaux derrière l’assassinat de Jovenel Moïse ». Un coup de tonnerre dans un ciel serein, puisque depuis l’exécution du chef de l’État, Claude Joseph est celui qui est aux commandes. Il a notamment pris de grandes décisions et rencontrer un nombre important d’acteurs nationaux et internationaux.

Tout se planifierait depuis novembre 2020

Au départ, le plan n’était pas de tuer le Président Jovenel Moïse, révèle Caracol Radio, mais plutôt de l’enlever en vue de permettre à l’actuel « président en exercice », Claude Joseph, de prendre le pouvoir. L’opération a été planifiée depuis novembre 2020 au siège de CTU Security à Miami, la compagnie au sein de laquelle les mercenaires ont été recrutés. Selon le media colombien, un certain Jhonatan Rivera García aurait été le contact qui a mis la CTU en relation avec son frère, Germán Rivera (capitaine à la retraite), et Duberney Capador (sergent à la retraite), les recruteurs présumés du groupe de soldats retraités ayant pris d’assaut la résidence de Jovenel Moïse et attenté à sa vie brutalement. James Solages, un des haïtiens arrêtés dans le cadre de l’enquête était en contact permanent avec les frères Rivera et Capador entre novembre 2020 et mai 2021, souligne les journalistes colombiens. Phénil Gordon Désir, un avocat et homme politique haïtien aurait été chargé de fournir les armes.

Claude Joseph impliqué dans la planification du meurtre de Jovenel Moïse ?

C’est en tout cas ce que le media de Bogota persiste à croire. Il avance même que le Premier ministre a.i aurait été photographié avec certains des mercenaires. Sur la base de données recueillie dans le cadre de l’enquête, les spécialistes de la FBI et les autorités haïtiennes désigneraient Claude Joseph, Christian Sanon (médecin) et Jhon Joel Joseph (ex-sénateur) comme les cerveaux derrière l’attentat. Ils en veulent pour preuves des enregistrements d’appels téléphoniques et des photographies du Premier ministre avec les mercenaires colombiens.

Les journalistes de Caracol Radio indiquent que six personnes clés se seraient réunies dans le bâtiment de la CTU pour fomenter le complot. Il s’agit : du président de la CTU, Antonio Intriago, du colombien lié à la CTU, Arcangel Pretelt, de l’un des haïtiens-américains détenus, James Solages, du médecin Christian Emmanuel Sanon, du frère d’un capitaine colombien retraité, Jhonatan Rivera Garcia et d’un diplomate haïtien nommé Azkard.

La Police Colombienne a réagi

Pour sa part, le directeur de la Police colombienne, le général Luis Vargas, en charge de l’enquête sur la mort du Président Moïse pour la Colombie, a déclaré qu’il ne détient pas les informations diffusées par le journal Noticias Caracol faisant croire que le Premier Ministre a.i Claude Joseph serait impliqué à titre d’auteur intellectuel dans l’assassinat du Président Moïse.

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Silence radio du côté de la Primature

Autant les accusations sont accablantes, autant le silence de la Primature sur ces dénonciations est étonnant. Jusqu’à présent, pas de déclarations officielles du Premier ministre a.i concernant les récents rebondissements de l’affaire Jovenel Moïse. Il faut toutefois souligner que Claude Joseph qui prend régulièrement la parole depuis l’assassinat du Président Moïse, était absent hier mercredi lors d’un important point de presse donné par le directeur général a.i de la Police Nationale d’Haïti (PNH) sur l’avancement de l’enquête.

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