<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>École &#8211; IMEDIA AYITI</title>
	<atom:link href="https://imediaayiti.com/tag/ecole/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://imediaayiti.com</link>
	<description>Plus loin que l&#039;actualité</description>
	<lastBuildDate>Wed, 21 Dec 2022 07:01:42 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0.6</generator>

<image>
	<url>https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2020/10/cropped-IMEDIA-png-2-32x32.png</url>
	<title>École &#8211; IMEDIA AYITI</title>
	<link>https://imediaayiti.com</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Haïti : une école  dans la tourmente</title>
		<link>https://imediaayiti.com/2022/12/18/haiti-une-ecole-dans-la-tourmente/</link>
					<comments>https://imediaayiti.com/2022/12/18/haiti-une-ecole-dans-la-tourmente/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rosny Ladouceur]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Dec 2022 03:00:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Enquête]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[12 janvier 2010]]></category>
		<category><![CDATA[École]]></category>
		<category><![CDATA[Haïti]]></category>
		<category><![CDATA[l’Union des Normaliens Haïtiens (UNNOH)]]></category>
		<category><![CDATA[mauvaise gouvernance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://imediaayiti.com/?p=7268</guid>

					<description><![CDATA[À chaque explosion sociale qui porte les masses appauvries à cracher leur ras-le-bol sur le béton, l’école est le premier secteur à en pâtir. L’instabilité et la mauvaise gouvernance continuent de manger ses tripes. La fin des années 80 avait déjà sonné son déclin, aujourd’hui elle baigne dans la catastrophe. L’urgence est à la fois académique et thérapeutique, après toutes ces agressions et violences subies dans le pays. Le bilan est lourd et les défis immenses.  Mais les acteurs.trices se serrent les coudes pour redresser la barre. Le nez chaussé de lunettes, il enfile un t-shirt à rayures, nous reçoit...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>À</strong></em><strong> chaque explosion sociale qui porte les masses appauvries à cracher leur ras-le-bol sur le béton, <em>l’école est le premier secteur à en pâtir</em>. L’instabilité et la mauvaise gouvernance continuent de manger ses tripes. La fin des années 80 avait déjà sonné son déclin, aujourd’hui elle baigne dans la catastrophe. L’urgence est à la fois académique et thérapeutique, après toutes ces agressions et violences subies dans le pays. Le bilan est lourd et les défis immenses.  Mais les acteurs.trices se serrent les coudes pour redresser la barre.  </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nez chaussé de lunettes, il enfile un t-shirt à rayures, nous reçoit dans sa cour au calme troublé par des marchandes venues s’attrouper au haut de la rue Grégoire; à Pétion-Ville, avec leur sac de légumes frais. Patrice Dalencour nous sert une poignée de mains, du café et son sourire &nbsp;mutin. &nbsp;On tient rendez-vous avec un professeur de philosophie, passé au moule de l’instruction chrétienne chez les Frères de Saint-Louis de Gonzague, avant de se jeter dans les bras de&nbsp;l’Ecole Normale Supérieure pour des études de lettres et de philosophie. Il se rend par la suite à Toulouse – le Mirail (France) où il obtint un doctorat. &nbsp;Le prototype d’un enfant qu’on dirait privilégié, issu d’une famille cultivée où l’on repère l’une des plus grandes pianistes classiques du pays, sa sœur défunte Micheline Dalencour. Le septuagénaire&nbsp; n’a que 25 ans quand il embrasse avec fougue, amour et enthousiasme le métier d’enseignant. &nbsp;On est en octobre 1976. L’ancien Secrétaire d’Etat de l’Education Nationale en 1986, puis ministre de cette même entité de 87 à 88, se remémore l’époque où les lycées étaient en concurrence positive avec les écoles congréganistes et étaient considérées dans le pays comme des pôles de qualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;«&nbsp;La confiance en l’école a beaucoup chuté&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2018, des jeunes partent pour l’étranger par milliers, des professeurs sont de plus en plus poussés vers d’autres activités. Le pays est plongé dans une  crise aigüe. Patrice Dalencour fait le bilan. « Se trouver au 16 novembre 2022  sans avoir pu faire la rentrée des classes ne fait qu’aggraver la catastrophe éducative que nous connaissons. Finalement, d’année en année, le temps de scolarisation diminue, la disponibilité d’esprit des enfants, comme des professeurs,  s’affaiblit. C’est un système scolaire en déclin qui nous forme au rabais  la jeunesse  de notre pays ». De ses 71 ans, il en a déjà donné 51 à l’éducation et il se dit aujourd’hui désenchanté parce que « l’intérêt se perd, le travail n’est pas valorisé, la confiance en l’école a beaucoup chuté ». <em>Lekol pa bay</em>, l’école ne rapporte rien, entend-t-on souvent chez nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Antécédents historiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’historien Pierre Buteau, au cours d’un entretien téléphonique accordé à <a href="https://imediaayiti.com/2020/10/08/marc-evens-lebrun-remporte-le-prix-philippe-chaffanjon-2020-avec-son-reportage-sur-alantran/">IMEDIA</a>, passe en revue quelques évènements politiques qui avaient, dans le passé, handicapé  le fonctionnement des écoles. Le professeur émérite fait ici référence à la première moitié du 20<sup>e</sup> siècle, précisément en janvier 1946, avec les <a href="http://ile-en-ile.org/gerald-bloncourt-les-cinq-glorieuses-de-janvier-1946/">Cinq Glorieuses</a>, célèbre mouvement qui a conduit à la chute du président Elie Lescot. C’est Jacques Stephen Alexis, 24 ans à l’époque, qui fut à l’origine de l’appellation, inspirée des <a href="https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Trente_Glorieuses/185974">Trente Glorieuses</a> de 1945 en Europe. «C’était un mouvement de jeunesse, toutes les écoles étaient dans les rues pour protester contre la dictature. C’était la grande fête », se rappelle-t-il, expliquant que l’école haïtienne a, par la suite, connu plusieurs autres bouleversements, même si elle n’était pas directement impliquée dans des luttes. Il y a la tentative du coup-d‘état militaire contre François Duvalier en 1957, l’<a href="https://www.collectif-haiti.fr/26-avril-1963-26-avril-1986-souvenons-nous/">attaque armée, en avril 1963</a>,  contre la voiture présidentielle qui emmenait le jeune Jean-Claude à l’école : il y a eu plusieurs tueries, bastonnades, arrestations, blessures par balles. Et c’est ainsi que François Duvalier, voulant protéger son pouvoir, en vient à instaurer son régime totalitaire. Et c’est <em>l’intelligentsia lettrée</em>  qui paiera en premier les pots cassés. Camille Chalmers nous dit pourquoi.  </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="L&#039;intelligentsia lettrée haitienne,  la bête noire de François Duvalier" width="720" height="405" src="https://www.youtube.com/embed/6rvkhBiRMTQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La répression duvaliériste mais aussi les possibilités de départ vers l’Afrique &nbsp;offertes à des milliers de cadres haïtiens à partir de 1960, seront couplées pour provoquer une perte importante d’enseignants qualifiés. Jean-Claude Icart, très versé dans les problématiques de la migration, professeur associé au département de sociologie&nbsp; à l’<a href="https://uqam.ca/">UQAM</a>, nous parle au téléphone depuis Montréal où il est établi.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Jean Claude Icart sur la fuite des cerveaux haïtiens" width="720" height="405" src="https://www.youtube.com/embed/b1uMJ1r4aRA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ajoutée à ces deux facteurs (répression et&nbsp; attraction vers l’Afrique), le sociologue évoque une autre cause plus importante qui a commencé à entrainer une baisse de niveau dans l’éducation&nbsp;: la macoutisation de nombreuses institutions de formation supérieure dont l’Université d’Etat d’Haiti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Ces proches du pouvoir sont acceptés dans ces facultés, obtiennent leur diplôme sans forcément avoir les compétences et les qualifications pour l’obtenir, car leur vrai travail c’était d’espionner&nbsp;». Résultat&nbsp;? A partir des années 1980-1990, beaucoup de diplômes haïtiens ne sont pas reconnus à l’étranger, déclare M. Icart. Il s’est aggravé une certaine rigueur dans les programmes auxquels l’étranger nous exige en permanence d’apporter des correctifs et des mises à jour. C’est dire que nous sommes encore à la traine en matière d’éducation. Le seul pays de la région Caraibes-Amerique latine où &nbsp;la durée moyenne et attendue de la scolarisation est la plus faible. Dans l’<a href="https://www.undp.org/fr/morocco/publications/rapport-sur-le-developpement-humain-2021-22">Indice de Développement Humain établi pour l’année 2021-2022</a> par le Programme des Nations-Unies pour le Développement, Haiti occupe la 163<sup>e</sup> place.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour M. Patrice Dalencour, le déclin a véritablement commencé à partir de 1989 : l’école est depuis cette époque prise en otage par le personnel politique.  En raison des grèves et des interruptions sporadiques, <em>« On a eu de moins en moins de période scolaire entière ».</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="L&#039;école haitienne prise en otage par la politique depuis la fin des années 80" width="720" height="405" src="https://www.youtube.com/embed/axwa-pRI7_8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’impact de l’instabilité sur la production du capital humain haïtien</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’économiste Etzer Emile analyse avec Imedia les impacts qu’entrainent les crises politiques et l’insécurité liée à la violence des gangs armés sur le fonctionnement de l’école.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;L’école est une activité sociale mais&nbsp; a aussi toute une dynamique économique&nbsp; qui est créée autour d’elle.&nbsp; De par sa dimension transversale, elle prend en considération tout un ensemble de paramètres qui conditionnent son fonctionnement. Il y a l’immobilier, le transport, les restaurateurs, les libraires et éditeurs, le textile, les moyens humains et&nbsp; techniques. Ceux qui sont propriétaires d’écoles non-publiques créent des emplois, achètent et vendent des services, ils ont une entreprise. Pour&nbsp;le corps enseignant et le personnel administratif, c’est aussi leur activité économique, ils vendent une heure et ont un salaire en retour. Quand on a des turbulences, comme on en a souvent dans le pays depuis 2018, cela affecte toute la chaine et entrainera, à long&nbsp; terme, de lourdes conséquences sur la qualité du capital humain que nous produisons au pays, aspect fondamental à prendre en compte dans le développement économique d’une nation.&nbsp;»&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <a href="https://menfp.gouv.ht/#/home">ministère de l’Education Nationale</a> a publié, le 16 décembre, un nouveau calendrier qui fixe 142 jours de classe pour la période allant de janvier à aout 2023. </p>



<blockquote class="twitter-tweet"><p lang="ht" dir="ltr">Apati janvye 2023, pral rete 142 jou lekòl nan kalandriye a. <a href="https://twitter.com/MENFP_Education?ref_src=twsrc%5Etfw">@MENFP_Education</a> kontinye motive tout elèv, an patikilye Segondè 4 ki pral nan egzamen bakaloreya 31 jiyè &#8211; 3 out: « Match lekòl la, match lavi a pa ka jwe andeyò teren lekòl la, san ekip, san antrenè, san inifòm ». <a href="https://t.co/BNQTINnzn3">pic.twitter.com/BNQTINnzn3</a></p>— Nesmy Manigat (@nesmymanigat) <a href="https://twitter.com/nesmymanigat/status/1604112315019845633?ref_src=twsrc%5Etfw">December 17, 2022</a></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’école, incapable d’ouvrir ses portes le 3 octobre dernier, &nbsp;avait attendu les deux dernières semaines du mois de novembre pour reprendre progressivement ses activités.&nbsp; C’est que, depuis l’annonce par le gouvernement d’augmenter le prix des produits pétroliers, de nombreuses organisations civiles, des militants et les couches les plus démunies ont, à partir du 12 septembre, violemment protesté contre cette mesure. <em>S</em>uite aux décisions adoptées en conseil de gouvernement le 26 aout, la réouverture des classes avait été reportée au 3 octobre, lisait-on dans une note du ministère. <em>&nbsp;&nbsp;</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>«&nbsp;La fermeture des écoles participe à la fois du dépit des révoltés qui ne comprennent pas que les enfants des riches continuent d’avoir accès aux bonnes écoles, tandis que les leurs n’ont accès qu’à des écoles<em> borlettes</em>. Sans présumer de l’utilité d’une telle mesure, le dommage est terrible pour tout le système éducatif qui perd à la fois ses élèves et ses formateurs. Une école fermée, c’est une pensée qui se meurt et une société qui s’éteint. Mais comment maintenir les écoles ouvertes si la sécurité des élèves et des enseignants n’est pas garantie&nbsp;?», déclare le géographe&nbsp; Jean-Marie Théodat, retourné&nbsp; à Paris depuis 2019 à cause de&nbsp;l’insécurité qui produit de plus en plus&nbsp; d’abadons scolaires.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;De 1986 à aujourd’hui, il y a une perte d’au moins 20 à 30 jours de scolarisation par année. Par conséquent, sur les treize années du cycle, un enfant perd en général, en Haiti, un à deux ans de scolarisation complète&nbsp;», affirme pour sa part le sociologue Charles Tardieu qu’Imedia a rencontré dans les locaux de l’hôtel Ritz Kinam, à Pétion-Ville.&nbsp; Un an après le séisme du 12 janvier 2010, le rapport du Groupe de travail sur l’Education et la Formation (GTEF) formé par l’ancien Président René Préval a conclu «&nbsp;que sur une cohorte de 100 enfants qui rentrent&nbsp; en première année, seulement 5% arrivent à terminer les 13 ans du cycle. <em>Et ce sont des enfants provenant des zones à risque qui sont touchés par cette perte, pas les écoles favorisées. De jeunes garçons qui abandonnent l’école sont régulièrement recrutés par des gangs, les jeunes filles elles sont en proie aux violences sexuelles et grossesses non-désirées&nbsp;</em>», regrette M. Tardieu, également éditeur de manuels scolaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des années 2000 à aujourd’hui, celles-là ont développé des mécanismes divers pour faire face à l’arrêt des activités scolaires provoqué par des mouvements de rue&nbsp;: l’internet est devenu&nbsp; le principal recours, poursuit-il. Tout cela ne fait que creuser, depuis la crise du coronavirus d’ailleurs, ce qu’il appellerait <em>l’apartheid scolaire</em>, se caractérisant par une logique d’exclusion des masses où les enfants issus&nbsp; d’en bas n’ont pas les mêmes chances que ceux d’en haut.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Myrlaine&nbsp; Philémon Lamontagne, Directrice du Lycée du Cent Cinquantenaire a réussi à motiver ses élèves et le corps professoral en transférant via WhatsApp des devoirs et leçons. «&nbsp;Cela a marché. L’intérêt est revenu peu à peu, les professeurs ont emboité le pas et le Lycée, bon an mal an, avait repris graduellement&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;A l’avenue Jean-Paul II, Centre-Ville.. Imedia s’est rendu sur les lieux. Les cours se distribuent sous des hangars. Dans des conditions suffocantes et incommodes, des filles entassées par groupe de 5 sur un banc à l’effigie de l’<a href="https://www.unicef.org/haiti/education">Unicef</a> et du <a href="https://menfp.gouv.ht/#/home">MENFP</a>, reçoivent le pain de l’instruction.&nbsp; Face à elles, ce ministre bien étriqué dans son costume bleue marine qui y est passé&nbsp; le 28 novembre encourager le personnel&nbsp; à poursuivre les activités scolaires. Il est parti sur une rutilante 4/4 avec&nbsp; deux principales revendications des gamines dans ses poches&nbsp;: la&nbsp; reconstruction de l’établissement et la distribution de plats chauds.&nbsp; L’actuelle Directrice a voulu en profiter pour relancer certains dossiers de nomination de professeurs qui sommeillaient encore dans les tiroirs de l’ancien responsable. «&nbsp;Mieux vaut essayer, on ne sait jamais&nbsp;».&nbsp; Imedia a constaté que la construction a démarré mais n’est pas achevée. Les tentatives de joindre M. Ignace Saint-Fleur, Directeur General du Bureau&nbsp; de Monétisation&nbsp; des Programmes d’Aide au Développement (<a href="https://bmpad.gouv.ht/cgi-sys/suspendedpage.cgi">BMPAD</a>) autour de la question, ont été vaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Ecole Normale Supérieure traitée en parents pauvres</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les efforts déployés pour mobiliser des fonds étrangers&nbsp;&nbsp; et la volonté exprimée de corriger certaines dérives dans le système,&nbsp; M. Nesmy Manigat se heurte à un obstacle majeur. C’est qu’il est ministre d’un pays où 13,3% du budget national sont alloués à l’éducation, 94,8%&nbsp; à l’exécutif et 0,9% à l’<a href="https://www.ueh.edu.ht/admueh/historique.php">Université d’Etat d’Haiti</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp; Tant vaut sa place dans le budget de l’Etat, tant vaut l’école. Il n’y a pas de miracle dans la répartition de l’intelligence ni dans le partage du savoir. La palme va toujours aux plus assidus et aux plus persévérants dans la recherche de la lumière. Haïti n’en manque pas. Mais ils ne sont pas accompagnés. Pour cela, il faudrait qu’il y ait des bibliothèques dès la maternelle pour inciter à la lecture les tout-petits enfants, des écoles adaptées, dans une langue accessible à tous, des équipements pédagogiques adaptés. Bref une ingénierie du savoir dont nous avons les spécialistes, mais ils sont la plupart soit au chômage… soit exilés loin du pays, qui en a pourtant besoin</em>&nbsp;», indique M. Jean-Marie Théodat. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’irresponsabilité de l’Etat et son manque de volonté se traduit notamment dans le traitement infligé à l’Ecole Normale Supérieure considérée, « <em>pendant longtemps, comme un fleuron dans la formation des professeurs </em>», soutient Roody Edme, professeur de lettres et de philosophie, responsable d’école et éditorialiste. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="468" height="362" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/12/ENS-Promo-1960-Archives-.jpg" alt="" class="wp-image-7274 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/12/ENS-Promo-1960-Archives-.jpg 468w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/12/ENS-Promo-1960-Archives--300x232.jpg 300w" sizes="auto" /><figcaption>La promotion de 1962-1965 de l’École Normale Supérieure qui comprenait de brillants intellectuels haïtiens dont Georges Anglade, Mireille Neptune, Daniel Birmingham | Photo-archive. Source Facebook : Christine Mathurin</figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Jeudi 17 novembre. Quelques chaises usagées, des tessons de persienne, un couloir empoussiéré, une bibliothèque rasée par un incendie avec des rayons entiers de livres. A l’entrée, le portrait peint de Gregory Saint-Hilaire sur le mur de l’Ecole Normale Supérieure, abandonnée depuis l’assassinat par balles en 2020 de cet étudiant qui manifestait, aux côtés de dizaines d’autres camarades, pour exiger que le MENFP tienne ses promesses d’embauches et de stages envers eux.  Pour venger ce crime qualifié d’<em>accidentel</em>, ils auraient mis le feu  dans un bar à côté que des agents de la garde présidentielle avaient l’habitude de fréquenter et c’est ainsi que l’incendie s’est propagé, selon ce qu’a expliqué  le gardien trouvé  sur place, qui surveille  en permanence ce bâtiment pris d’assaut en 1986 après le départ de Jean-Claude Duvalier.  M. Patrice Dalencour s’en souvient.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="L&#039;Ecole Normale Supérieure : « une vie de nomade »" width="720" height="405" src="https://www.youtube.com/embed/AFDVWIJgBes?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’édifice s’est effondré le 12 janvier 2010.  Sous des hangars, le savoir se transmettait dans un contexte post-séisme avec la même ferveur et le même souci de qualité.  Le Japon a, en 2020, évalué sa reconstruction : 10 millions de dollars. Le ministre des Affaires étrangères et des cultes de l’époque, Claude Joseph, a estimé  <em>indispensable et</em> <em>importante  </em>cette  reconstruction. 12 ans après, les chantiers peinent encore à démarrer malgré l’acquisition d’un terrain à Carrefour-Feuilles, devenu entre-temps un quartier en proie à la violence armée.  Joint par téléphone, le Directeur académique Bérard Cénatus n’a pas voulu se prononcer sur la question, sans l’aval des autres membres de l’administration. Imedia s’est rendu aux nouveaux locaux qui accueillaient autrefois les programmes de<em> Masters</em>. Une bâtisse tout exigüe, à faible capacité d’accueil, privée de bibliothèque, de laboratoires et d’espace propice à la recherche  scientifique.  Toutes ces lacunes infrastructurelles jamais comblées, tout ce vide académique créé par le départ pour l’étranger d’un bon nombre de mastérants.tes et de docteurs.res  n’ont fait qu’affaisser cette entité.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/12/EcoleNormaleSuperieure-1.jpg" alt="" class="wp-image-7275 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/12/EcoleNormaleSuperieure-1.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/12/EcoleNormaleSuperieure-1-300x225.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/12/EcoleNormaleSuperieure-1-768x576.jpg 768w" sizes="auto" /><figcaption>Une salle de cours de l’Ecole Normale Supérieure, entitée de l’Université d’Etat d’Haiti dont on accuse l’État haïtien de traiter en parents pauvres. | Estaïlove Saint-Val</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;La pénurie est déjà là. 85% des cadres haïtiens, titulaires d’un diplôme supérieur ou égal à un Master vivent hors du pays. Cela s’appelle une fuite des cerveaux doublée de l’incapacité d’enclencher le mouvement inverse&nbsp;», indique M. Théodat.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/12/EcoleNormaleSuperieurII.jpg" alt="" class="wp-image-7272 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/12/EcoleNormaleSuperieurII.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/12/EcoleNormaleSuperieurII-300x225.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/12/EcoleNormaleSuperieurII-768x576.jpg 768w" sizes="auto" /><figcaption>Anciennement destiné aux programmes de Master, le nouveau local de l’École Normale Supérieure où des étudiants, toutes disciplines confondues, suivent des cours. | Estaïlove Saint-Val</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"> Josué Mérilien, 61 ans, ancien de la faculté de 88 à 91,  a, toute sa vie, milité contre « l’école à deux vitesses ».  La création  en 1990 de l’<a href="https://unnoh.org/">Union des Normaliens Haïtiens (UNNOH)</a> dont il est aujourd’hui le coordonnateur est partie  d’un constat : les enseignants, mis au chômage en novembre 1990, n’avaient personne pour les défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Valoriser le métier d’enseignant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"> « L’enseignant n’as pas la considération sociale qu’il mérite. Il doit être formé, recyclé, bien payé et bien encadré pour remplir son rôle dans la société : celui de construire des citoyens sans qui on ne fait pas de pays. Quand on entend les discours des dirigeants, l’école est une affaire de haut niveau, mais dans les faits, elle est différente. Investir dans l’éducation, c’est investir dans  l’homme considéré comme la première richesse d’un pays. L’école haïtienne produit de moins en moins de citoyens, des hommes grands, enracinés dans son histoire et sa culture. L’enseignant n’est pas encouragé à donner le meilleur de lui-même dans ce travail. »  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les appointements mensuels d’un professeur de lycée, détenteur d’une chaire de 6h de temps par semaine, sont de treize mille deux cent gourdes brutes, s’est renseigné Imedia, disposant d’une copie de lettre de nomination.  Un salaire qui n’est pas stable en raison de la fluctuation du taux de change : 145 gdes pour 1$ au moment de publier notre dossier. Avec un pouvoir d&rsquo;achat affaibli par la hausse des prix des produits, les poches asséchées par le dernier épisode de « <em>pays lock » (septembre-octobre 2022), </em>l&rsquo;enseignant perd de motivation. «Il <em>s’appauvrit grandement »</em>, estime M. Etzer Emile. </p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Les personnes à faibles revenus, en particulier celles qui ont du mal à subvenir à leurs besoins essentiels que le loyer et l’alimentation, ont été touchées de manière disproportionnée dans plusieurs pays par la dépression et l’anxiété </em>», souligne le dernier rapport de l’<a href="https://www.undp.org/fr/morocco/publications/rapport-sur-le-developpement-humain-2021-22">IDH</a>.  La violence – armée, de rue ou conjugale – est, lit-on dans le document, <em>« un facteur de détresse psychopédagogique »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Redonner espoir aux enfants, «&nbsp;les refaire croire en l’avenir&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, c’est à l’enseignant de redonner espoir aux enfants, « de les remettre au travail et de les refaire croire en l’avenir ».  M. Roody Edmé souligne qu’un accompagnement psychopédagogique  est nécessaire en ces temps de crise.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Roody Edmé : « On ne peut pas faire l’école comme avant »" width="720" height="405" src="https://www.youtube.com/embed/jjP0FUKdhyI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La pédagogue Marie-Marthe « Franck Paul » Balin, poids lourd  de l’éducation,  octogénaire a l’esprit vif,  incarne la persévérance, la résilience malgré les vents contraires, malgré les moments sombres qui ont bouleversé  sa vie d’enseignante et d’institutrice de carrière. La voix douce, dans un sourire qui illumine son visage, assise calme derrière son bureau, elle nous confie pourquoi elle n’a jamais quitté Haiti. « Parce que j’aime ce pays. Apres avoir passé toute ma vie à lutter dans l’enseignement, j’ai l’impression d’avoir battu l’eau avec un bâton. C’est terrible ce qui nous arrive dans l’éducation. <em>Mais ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent </em>». Elle veut désormais changer la pédagogie de l’école et essayer d’ancrer plus profondément les enfants dans les problèmes du pays. <em>Le temps de l’écoute est fini pour nos enfants.  Le parcoeurisme, les bourrages da crânes,   les répétitions sans fin, les exposés magistraux, des salles saturées : tout cela doit cesser. L&rsquo;enfant doit maîtriser les contenus qu&rsquo;il apprend, développer l&rsquo;esprit critique dès le jeune âge</em>, a expliqué la pédagogue qui a sucée à la moelle de l’Institut  Pédagogique National (IPN), haut lieu de réflexion pédagogique dans les années 50-60. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Allouer 13,3% du budget du pays à l’éducation met l’Etat dans l’incapacité de répondre à la demande massive de l’offre scolaire.&nbsp; En Haiti, l’offre éducative est principalement non-publique avec plus de 80% des écoles appartenant au secteur non-public, a indiqué le <a href="https://www.unicef.org/haiti/education">Fonds des&nbsp; Nations-Unies pour l’enfance</a>. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les écoles en difficulté financière</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les 80%, ce sont les écoles congréganistes qui ont débarqué en Haiti au 19<sup>e</sup> siècle avec de l’expertise, une longue expérience pédagogique et avec la bible pour boussole. Les 80% ce sont aussi les écoles laïques construites par des générations d’Haïtiens conséquents, diplômés et formés qui, au lieu de quitter Haiti, ont plutôt choisi d’investir dans&nbsp;l’excellence et la compétence. &nbsp;A ces 80%, l’Etat ne reproche presque rien pour la qualité du savoir qu’elles transmettent, pour la discipline dont elles font montre et pour l’exigence académique qui accompagne leur succès dans le système éducatif depuis des siècles. Il ne les inspecte presque plus, de l’aveu de bon nombre de responsables. &nbsp;Ces 80%, ce sont aussi celles qui comblent le vide même si elles n’ont pas &nbsp;le niveau espéré. En somme, à ces 80%, on a collé toutes les étiquettes&nbsp;: élitistes, bourgeoises, acculturées, claniques, privilégiées, affairistes, borlettes. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, les&nbsp; 20 %, ce sont l’Etat qui, lui, a perdu tout contrôle, qui brille par son absence de supervision et d’inspection tant dans le privé que dans le public, &nbsp;qui n’utilise pas ses maigres ressources à bon escient &nbsp;pour renverser la vapeur, qui ne résout pas le problème de déficit d’écoles publiques,&nbsp; <em>qui fait payer des taxes au privé</em>, dénoncent de nombreux responsables d’écoles qu’Imedia a rencontrés. M. Charles Tardieu appelle ça double peine. «&nbsp;L’école, ce n’est pas un supermarché ou une boutique où l’on vend du mais moulu, du poids ou de l’huile. Elle ne devrait pas être taxée. L’Etat ne joue pas son rôle et il pénalise ceux qui le font à sa place. C’est grave.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes &nbsp;les écoles sont en difficulté financière. &nbsp;L’inflation progresse&nbsp;: un taux de 38,7% (varié en fonction des départements&nbsp;: 40% dans le sud&nbsp;; 39% dans la région métropolitaine de Port-au-Prince), une perte de richesse de 1,5%, une augmentation du budget des familles haïtiennes pour l’alimentation (plus de 50%),&nbsp; selon les analyses de l’économiste Kesner Pharel, indiquant que le pays n’est pas en <em>recension mais en dépréciation</em> <em>économique</em>.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;«&nbsp;Les écoles travaillent avec un effectif considérablement réduit. Depuis l’assassinat de M. Jovenel Moise en 2018, les choses se sont aggravées.&nbsp; ¾ du personnel sont en mode disponibilité. Le départ des enfants vers l’étranger est massif, les parents ont encore peur&nbsp;», s’inquiète Marie Marguerite Clérié, Présidente de l’Association Professionnelle d’Écoles d’Haiti. &nbsp;<em>Les enfants, provenant surtout des milieux à risques et en proie à la violence des gangs, sont traumatisés. Les professeurs, eux aussi préoccupés par les soucis de la vie et trop occupés à voir un programme, oublient qu’ils ont en face d’eux de petits êtres qui ont besoin, certes de l’académique mais en priorité de la thérapie</em>, explique la spécialiste en éducation Montessori. <em>Ce n’est pas normal qu’à chaque crise, le premier groupe à en pâtir est l’école.</em> <em>C’est la mort dans l’âme. Mais on doit se battre. On voit des gens choisir ce métier par défaut et non par amour, c’est un drame. Mais on doit redresser la barre. L’école, c’est ce qui fonde une société, une nation</em>&nbsp;». C’est, selon elle, la mauvaise gouvernance, l’irresponsabilité des politiciens sans amour de la patrie qui ont conduit le pays à cette <em>catastrophe éducative</em>.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>47% des écoles n’ont pas encore ouvert. En 2022, trois écoles sur cinq évaluées par l’UNICEF et le MENFP ont été attaquées et&nbsp; pillées, ce qui fait qu’un demi-million d’enfants âgées de 5 à 19 ans risquent de perdre leurs possibilités d’apprentissage, souligne le Fonds des Nations-Unies pour l’Enfance. &nbsp;1, 700 écoles sont fermées dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince&nbsp;: 772 à Croix-des-Bouquets, 446 à Tabarre, 274 à Cité Soleil, 200 à Martissant, Fontamara, Centre-Ville, Bas-Delmas, selon les chiffres du MENFP, disponibles sur le site de l’<a href="https://www.unicef.org/haiti/communiqu%C3%A9s-de-presse/ha%C3%AFti-la-violence-des-gangs-pousse-un-demi-million-denfants-hors-de-l%C3%A9cole">Unicef</a>.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La sécurité, une priorité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les établissements scolaires se retrouvent aujourd’hui au cœur d’une crise aigüe, «&nbsp;<em>qui n’a pas eu </em>[jusqu’ici, ndlr]<em> les réponses attendues, correspondant à sa nature même&nbsp;», </em>selon M. Pierre Buteau. «&nbsp;La rue est devenue l’espace de revendications populaires, souvent désordonnées, elle est investie en permanence et cela joue un rôle&nbsp;» dans ces fermetures répétées.&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Intervention de Khadim Sylla, Chef du secteur Education à l&#039;Unesco" width="720" height="405" src="https://www.youtube.com/embed/u_xbzYolMts?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La sécurité reste la première condition pour la reprise activités scolaires, a indiqué pour sa part Jacqueline Baussan Loubau, psychologue et professeure à la Faculté des Sciences Humaines (UEH). &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;«&nbsp;La petite enfance est l’âge idéal pour les enfants d’apprendre la vie avec les autres hors du cocon familial. C’est&nbsp;l’âge idéal pour la simulation du langage, des capacités cognitives et motrices&nbsp;», explique la formatrice en psychotrauma dans une entrevue écrite accordée au journal. &nbsp;C’est la période-clé du développement sur laquelle se construisent toutes les autres. La sécurité reste la première condition pour la reprise des activités scolaires. L’exposition à la violence, poursuit-elle, et aux situations traumatisantes affecte durablement le cerveau du jeune enfant avec des conséquences souvent irréversibles sur son développement émotionnel et sur sa santé mentale future. Aucune société ne s’est développée sans accorder la première place à l’éducation. L’école doit être la priorité.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rosny Ladouceur </strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity" />



<p class="wp-block-paragraph">Sites et Documents consultés</p>



<ol class="wp-block-list" type="1"><li><strong>«&nbsp;<a href="https://journals.openedition.org/rref/861">Système éducatif et inégalités sociales en Haiti&nbsp;</a></strong>»,Louis-Auguste Joint</li><li><strong>«&nbsp;<a href="https://books.openedition.org/editionsmsh/9760?lang=fr">Genèse de l’Etat haïtien&nbsp;</a></strong>», sous la direction de Michel Hector et Laennec Hurbon.</li><li>Gerald Bloncourt, «<strong>&nbsp;<a href="http://ile-en-ile.org/gerald-bloncourt-les-cinq-glorieuses-de-janvier-1946/">Les Cinq Glorieuses de janvier 1946</a>&nbsp;</strong>», ÎleenÎle<strong>.</strong></li><li><strong><a href="https://www.collectif-haiti.fr/26-avril-1963-26-avril-1986-souvenons-nous/">Collectif Haiti de France</a>.</strong></li><li>Le Moniteur- Spécial # 13 (Budget général de la République d’Haiti –Exercice 2021-2022)</li><li><strong><a href="https://www.undp.org/fr/morocco/publications/rapport-sur-le-developpement-humain-2021-22">Rapport sur le développement humain -2021-2022</a>, </strong>présenté par le Programme des Nations-Unies pour le Développement.</li><li>Cent ans d’histoire de l’occupation américaine (1915-2015), sous la direction de Michel Soukar. </li></ol>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un dossier de l’agence Imedia | Texte&nbsp;: Rosny Ladouceur | Photos et vidéos&nbsp;: Estaïlove Saint-Val et Elie Prospère. &nbsp;</strong></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://imediaayiti.com/2022/12/18/haiti-une-ecole-dans-la-tourmente/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<media:content url="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/12/ECOLE-1.jpg" medium="image"></media:content>
            	</item>
		<item>
		<title>Côtes-de-fer : La triste réalité des écoles nationales</title>
		<link>https://imediaayiti.com/2021/04/24/cotes-de-fer-la-triste-realite-des-ecoles-nationales/</link>
					<comments>https://imediaayiti.com/2021/04/24/cotes-de-fer-la-triste-realite-des-ecoles-nationales/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Apr 2021 13:41:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Côtes-de-fer]]></category>
		<category><![CDATA[École]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[l’État haïtien]]></category>
		<category><![CDATA[Scolaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://imediaayiti.com/?p=5602</guid>

					<description><![CDATA[Côtes-de-fer est l’une des dix communes du département du Sud’Est. Avec ses 46 écoles nationales, c’est l’une des divisions administratives du pays ayant plus d’écoles publiques. Cependant, ces établissements scolaires semblent échapper au contrôle de l’État haïtien. Entre le manque de matériels didactiques et pédagogiques, des centaines de professeurs attendent sans grand espoir leur lettre de nomination, de problèmes d’effectifs et d’infrastructures physiques&#8230; Fréquentée par les plus démunis, allons à la découverte de ces institutions qui n’attirent plus la grande foule. Au beau milieu, un champ de petit mil qui borde les deux côtés de la route, aucun enseigne ne...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Côtes-de-fer est l’une des dix communes du département du Sud’Est. Avec ses 46 écoles nationales, c’est l’une des divisions administratives du pays ayant plus d’écoles publiques. Cependant, ces établissements scolaires semblent échapper au contrôle de l’État haïtien. Entre le manque de matériels didactiques et pédagogiques, des centaines de professeurs attendent sans grand espoir leur lettre de nomination, de problèmes d’effectifs et d’infrastructures physiques&#8230; Fréquentée par les plus démunis, allons à la découverte de ces institutions qui n’attirent plus la grande foule.</strong></p>
<p>Au beau milieu, un champ de petit mil qui borde les deux côtés de la route, aucun enseigne ne peut nous guider. 9 heures du matin. Dans cette zone difficile d’accès, un jeune homme dans la vingtaine nous montre un bâtiment. Ici, c’est l’Église Évangélique Chrétienne dirigée par le Pasteur Dieujuste Celan. Depuis 2013, il héberge une partie de l’École Nationale de Dariole, située à la localité Bodary, deuxième section communale.</p>
<p>À l’intérieur de ce « « lieu sacré » » transformé en salle de classe, trois institutrices sont à pied d’œuvre. L’une d’entre elles travaille avec deux classes simultanément, soient préscolaire I et II. En ce moment de pandémie, impossible pour les élèves de respecter la distance sociale. Mais, ils portent pour la plupart un masque.</p>
<p>« Cette école est fondée en 2009 sous le chapeau communautaire. En 2013, lors du Programme de Nationalisation des écoles Communautaires (PRONEC), elle a changé de statut en devenant une école nationale. Pourtant, seul le gardien a reçu sa lettre de nomination », explique Gérard Estral, Directeur de l’École, 59 ans, père de 6 enfants.</p>
<p>Endimanché&#8230; chemise bleu ciel, soulier noir, pantalon bleu marin, il nous explique que l’école est logée dans deux espaces différents. L’Église accueille la section préscolaire à la deuxième année. Et, à environ 250 mètres, un taudis en paille tissée en très mauvais état loge les autres classes jusqu&rsquo;à la sixième année. L’unique école de cette communauté fonctionne sans espace administratif communément appelé direction. Pas de bloc sanitaire non plus. En cas de besoin, les élèves utilisent les toilettes d’un voisin.</p>
<p><figure id="attachment_5606" aria-describedby="caption-attachment-5606" style="width: 2560px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5606 size-full lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-scaled.jpg" alt="" width="2560" height="1440" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-scaled.jpg 2560w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-300x169.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-1024x576.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-768x432.jpg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-1536x864.jpg 1536w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-2048x1152.jpg 2048w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-640x360.jpg 640w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-320x180.jpg 320w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-480x270.jpg 480w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-960x540.jpg 960w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-1280x720.jpg 1280w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-1600x900.jpg 1600w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_20210407_083321-1920x1080.jpg 1920w" sizes="auto" /><figcaption id="caption-attachment-5606" class="wp-caption-text">Vue partielle de l’École Nationale de Dariole, située à la localité Bodary, Crédit Photo : Mosard Jean-Louis</figcaption></figure></p>
<p>Pour rester en vie, cet établissement qui n’a jamais reçu même les frais de fonctionnement, bénéficie de la générosité d’un citoyen américain qui résidait dans la zone. En effet, Sam Ray met un frais mensuel à la disposition des enseignants. Ce qui permet d’octroyer une compensation aux professeurs ou d&rsquo;acheter de la craie, nous a confié le Directeur, juste avant de sonner pour la récréation.</p>
<p>À l’École Nationale de Ricot, sixième section de « Jamais-vu », le constat n’est pas différent. Logée au local de l’Église Indépendante de la Belle Porte, cette école communautaire devenue nationale fonctionne dans des conditions très précaires également. Depuis 2014, un seul professeur a été nommé.</p>
<p>Sous couvert de l’anonymat, un directeur d’une école de la première section nous certifie parfois qu’il travaille avec trois salles de classe en même temps. En raison des professeurs qui ne sont pas intégrés dans le système, il dit s’engager pour sauver l’avenir de ses élèves qu’il considère comme ses enfants.</p>
<p><figure id="attachment_5607" aria-describedby="caption-attachment-5607" style="width: 1080px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5607 size-full lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-24-at-8.14.14-AM.jpeg" alt="" width="1080" height="607" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-24-at-8.14.14-AM.jpeg 1080w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-24-at-8.14.14-AM-300x169.jpeg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-24-at-8.14.14-AM-1024x576.jpeg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-24-at-8.14.14-AM-768x432.jpeg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-24-at-8.14.14-AM-640x360.jpeg 640w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-24-at-8.14.14-AM-320x180.jpeg 320w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-24-at-8.14.14-AM-480x270.jpeg 480w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-24-at-8.14.14-AM-960x540.jpeg 960w" sizes="auto" /><figcaption id="caption-attachment-5607" class="wp-caption-text">Photo illustrant l’École Nationale de Dariole, située à la localité Bodary, deuxième section communale &#8211; Crédit Photo : Mosard Jean-Louis</figcaption></figure></p>
<p><strong>Des écoles qui manquent presque de tout</strong></p>
<p>La distribution spatiale des écoles nationale dans la commune des Côtes-de-fer montre clairement qu’elles ne sont pas inscrites dans le cadre d’un projet éducatif durable. Quoique nombreuses (46), elles ne sont pas fréquentées en grand nombre par les élèves. En raison du manque d’infrastructures sévère, les parents les fuient pour se refugier dans des institutions non publiques. À défaut d’attirer du monde, ces écoles les repoussent !</p>
<p>De ce fait, cette année encore, ces écoles sont en panne d’effectif. L’École Nationale de Ricot qui avait au départ 70 élèves lors de son ouverture en 2014 est réduite à environ une quarantaine cette année. « Mon école est sur une mauvaise pente. Elle risque même de fermer ses portes», s’alarme Mexatel Hebain, ce Directeur qui attend sa lettre de nomination depuis 2014. Un autre Directeur réclamant l&rsquo;anonymat, nous explique avec frustration que ses enfants ne fréquentent pas l’école qu’il dirige. En raison du manque d’infrastructures, il les envoie ailleurs.</p>
<p>Effectivement, de « Nan Kajou » à Jacson en passant par « Kaskou » ou Pont-David, la majorité de ces écoles que nous avons visitées fonctionnent dans des conditions déplorables. Pour la quasi-totalité, elles manquent presque de tout : électricité, bibliothèques, cafétérias, matériels didactiques et pédagogiques, sans oublier leurs toilettes qui se trouvent dans des conditions exécrables. De plus, les salles ne sont pas spacieuses. Selon les informations fournies par le Bureau du District Scolaires (BDS) de la commune, des 46 écoles nationales, seulement 8 d’entre elles sont plus ou moins construites selon les normes et standards acceptables.</p>
<p>N’ayant pas d’autres choix, les parents qui fréquentent ces institutions ne restent pas indifférents, à l’instar de Wilio Jean, 61 ans. Ce père de sept enfants reconnait la situation difficile des écoles nationales. « Map rele anmwe pou pote timoun yo sekou », crie-t-il, avec un sentiment de révolte. Tenant compte du manque d’encadrement, il n’entrevoit pas un avenir sûr pour ses deux enfants qui sont respectivement en deuxième et en cinquième année fondamentale à l’École Nationale de Bodary. Il lance un appel à l’aide, surtout à l’État haïtien, pour venir en aide à ses enfants qui reçoivent une éducation primitive, à l’écart des nouvelles technologies de l&rsquo;information et de la communication (NTIC).</p>
<p><figure id="attachment_5604" aria-describedby="caption-attachment-5604" style="width: 640px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5604 size-full lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/DSCN8667.jpg" alt="" width="640" height="480" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/DSCN8667.jpg 640w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/DSCN8667-300x225.jpg 300w" sizes="auto" /><figcaption id="caption-attachment-5604" class="wp-caption-text">Une partie de l’École Nationale de Dariole, située à la localité Bodary, deuxième section communale &#8211; Crédit Photo : Mosard Jean-Louis</figcaption></figure></p>
<p><strong>La pêche des élèves</strong></p>
<p>Parmi les difficultés auxquelles font face ces écoles, la question d’effectif représente un élément majeur. Dans ce cas, les dirigeants utilisent des stratégies afin de mobiliser les parents et leurs enfants. Le porte-à-porte est le moyen le plus utilisé. « Parfois, nous offrons des livres et uniformes gratuitement aux élèves. Mais aussi, nous avons l’habitude d’annuler les frais d’écolage », raconte un Directeur requérant l’anonymat. « Ces écoles représentent un sujet assez sensible, car elles sont pour la plupart l’œuvre d’hommes politiques qui espèrent, en échange, récolter des votes à des sympathisants, sans tenir compte de leur avenir après les élections.. », conclut-il avec regret.</p>
<p>Marc Henry est inspecteur principal au niveau du district scolaire des Côtes-de-fer. Il salue les travaux titanesques des responsables de ces écoles. Cependant, il est très acide contre l’État haïtien qui, accuse-t-il, ne prend pas les dispositions afin de les structurer. « Les nominations se font sur une base partisane. Je n’ai même pas reçu les frais pour me rendre sur le terrain », a-t-il relaté</p>
<p>Quoique la réalité soit critique au niveau de cette commune fondée en 1843, il y a des écoles qui disposent d’infrastructures adéquates. Par exemple, à l’École Nationale de Mayette, Villa, Zabo ou Labiche, les constructions respectent certaines normes et les responsables font beaucoup d’efforts, selon nos constats. Elles sont pour la plupart alimentées en électricité et sont pourvues d’une cantine au profit des enfants. Si la majorité de ces institutions sont de moins en moins fréquentées, l’École Nationale de Villa attire ! Située à la sixième section, elle reçoit de nombreux élèves.</p>
<p>La situation des écoles nationales des Côtes-de-fer lève le voile sur l’immensité de l’inégalité des chances qui existe dans le milieu scolaire en Haïti. Le cas de ces écoles est utilisé comme prétexte, car elles sont nombreuses ces institutions publiques et privées qui présentent une situation similaire, à travers le pays. Et ce, en dépit du fait que la Constitution haïtienne reconnait le droit de tout enfant à l’éducation (art.32.1).</p>
<p>L’état de ces écoles, comme beaucoup d’autres, requiert une intervention urgente, efficace et coordonnée. Comme dit le vieil adage : tant vaut l’école, tant vaut la nation. Faits de l’éducation de nos enfants une priorité, car leur avenir en dépend.</p>
<p><a href="https://www.facebook.com/Mosyx">Mosard Jean-Louis</a></p>
<p><strong>Sources</strong><br />
1- <a href="https://www.unicef.org/haiti/">www.unicef.org</a><br />
2- <a href="https://menfp.gouv.ht/#/home">menfp.gouv.ht</a><br />
3- DELIMA, Pierre, Constitutions, lois et éducation en Haïti (1801-2011)<br />
4- Constitution de la République d’Haïti, amendée le 9 Mai 2011</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://imediaayiti.com/2021/04/24/cotes-de-fer-la-triste-realite-des-ecoles-nationales/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<media:content url="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-24-at-8.20.21-AM.jpeg" medium="image"></media:content>
            	</item>
		<item>
		<title>Chavannes Cenezi : un visage mémorable au sein du Collège Roger Anglade</title>
		<link>https://imediaayiti.com/2021/04/08/chavannes-cenezi-un-visage-memorable-au-sein-du-college-roger-anglade/</link>
					<comments>https://imediaayiti.com/2021/04/08/chavannes-cenezi-un-visage-memorable-au-sein-du-college-roger-anglade/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marc Evens Lebrun]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Apr 2021 03:11:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Chavannes Cenezi]]></category>
		<category><![CDATA[École]]></category>
		<category><![CDATA[Gardien]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Roger Anglade]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://imediaayiti.com/?p=5572</guid>

					<description><![CDATA[À l&#8217;angle de la rue des Marguerites et Baussan, un vieil homme de 79 ans exécute depuis plusieurs décennies un travail colossal et significatif au sein du Collège Roger Anglade (CRA). En accueillant, les parents et élèves de l’école tous les matins et à chaque sortie, son nom a fini par graver dans la mémoire de plusieurs générations d’élèves. Discret, utile et efficace tels sont les trois mots qui décriraient mieux la personnalité de Chavannes Cenezi. Depuis, presque 50 ans, il est le premier visage à rencontrer à l’entrée de l’école Roger Anglade. Professeur, parents, élèves et directeurs le saluent...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>À l&rsquo;angle de la rue des Marguerites et Baussan</strong><strong>, un vieil homme de 79 ans exécute depuis plusieurs décennies un travail colossal et significatif au sein du Collège Roger Anglade (CRA). En accueillant, les parents et élèves de l’école tous les matins et à chaque sortie, son nom a fini par graver dans la mémoire de plusieurs générations d’élèves.</strong></p>
<p>Discret, utile et efficace tels sont les trois mots qui décriraient mieux la personnalité de Chavannes Cenezi. Depuis, presque 50 ans, il est le premier visage à rencontrer à l’entrée de l’école Roger Anglade. Professeur, parents, élèves et directeurs le saluent régulièrement pour sa présence et la surveillance infaillible qu’il accorde à cet établissement scolaire.</p>
<p>Dans son rôle de concierge de l’établissement depuis tantôt 4 décennies, monsieur Cenezi est le témoin de l’accomplissement académique de plusieurs générations d’élèves qui sont aujourd’hui des médecins, avocats, ingénieurs, banquiers, spécialistes en marketing, etc.</p>
<p><figure id="attachment_5576" aria-describedby="caption-attachment-5576" style="width: 917px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5576 size-full lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-08-at-9.44.24-PM-1.jpeg" alt="" width="917" height="614" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-08-at-9.44.24-PM-1.jpeg 917w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-08-at-9.44.24-PM-1-300x201.jpeg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-08-at-9.44.24-PM-1-768x514.jpeg 768w" sizes="auto" /><figcaption id="caption-attachment-5576" class="wp-caption-text">Marie Gérard Louis (à gauche) présentant les honneurs de la promotion 1988-1989 du Collège Roger Anglade à Chavannes Cenezi (à droite ) Crédit Photo : Jean Jacques Augustin</figcaption></figure></p>
<p><strong>Gagner dignement sa vie</strong></p>
<p>« Le gardiennage du Collège Roger Anglade m’a été confié en 1974. L’institutrice Marie Anne Raymonde Elie Anglade, épouse de monsieur Roger Anglade a reconnu en moi une personne digne de confiance à qui on peut donner les clefs de plusieurs salles de classes » raconte Chavannes l’air satisfait.</p>
<p>Au sein de cet établissement vieux de 64 ans, monsieur Cenezi portait plusieurs chapeaux. Celui de conciergerie qui consiste à nettoyer et à entretenir l’école, mais aussi celui du surveillant rigide à qui les élèves ne peuvent pas jouer des tours pour se livrer à des activités de délinquance.</p>
<p>« Le gros de mon travail consiste à balayer ; à essuyer et à laver les planchers ; passer l’aspirateur, cirer et polir les planchers et le mobilier ; remplacer les fournitures de toilette et à nettoyer les tableaux ; les fenêtres ; les appareils d’éclairage, les diffuseurs et les murs ; assurer l’entretien du terrain de l’école ; effectuer de petites réparations ; faire l’inspection régulière du matériel de terrain de jeu et du matériel de sécurité-incendie et assurer en général la sécurité de l’établissement lorsqu’ils ne sont pas utilisés » explique l’homme qui traine derrière lui 47 ans de loyaux services au Collège Roger Anglade.</p>
<p>Il est vrai qu’il n’était pas en position de recevoir le meilleur salaire de la hiérarchie administrative de l’établissement scolaire, mais le jeune homme des années 50 qu’il était voulait vivre dignement. « Je n’étais pas un délinquant, je devrais me trouver un emploi et gagner dignement ma vie » a-t-il expliqué au cours d’une cérémonie organisée par des membres de l’amicale des anciens élèves de l’école visant à honorer ses années de durs labeurs.</p>
<p><figure id="attachment_5578" aria-describedby="caption-attachment-5578" style="width: 720px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5578 size-large lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-08-at-8.33.08-PM-1-1024x683.jpeg" alt="" width="720" height="480" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-08-at-8.33.08-PM-1-1024x683.jpeg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-08-at-8.33.08-PM-1-300x200.jpeg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-08-at-8.33.08-PM-1-768x512.jpeg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-08-at-8.33.08-PM-1.jpeg 1080w" sizes="auto" /><figcaption id="caption-attachment-5578" class="wp-caption-text">De gauche à droite : Guy-Albert Vital, Marie Gérard Louis, Gregory Fanfan, David Cenezy, Marie Shella Colin, Chavannes Cenezy, Carl Pierre, Jean-Junior Joseph (JJJ) Crédit Photo : Jean Jacques Augustin</figcaption></figure></p>
<p><strong>Un symbole qui inspire le respect</strong></p>
<p>« Je surveillais les élèves sur la cour de récréation pour m’assurer qu’il ne pratique pas des jeux trop dangereux. Je remontais aussi leurs bretelles notamment, les garçons turbulents qui pataugeaient dans des flaques d’eau durant les périodes pluvieuses » raconte le gendarme de la barrière qui dit jouer souvent les rôles d’un second père pour les élèves de l’école.</p>
<p>« Le 16 janvier dernier rapporte mes 47 ans de services au Collège Roger Anglade, j’ai vu pas mal d’élèves, adolescents d’hier devenus des icônes dans le pays » explique Chavannes. D’autant plus, l’octogénaire a vécu la période dictatoriale de Jean-Claude Duvalier au sein de l’école. De 1974 à 2021, il a vu les allés et retours de 19 chefs d’États et de plusieurs générations.</p>
<p>Pour Jean-Junior Joseph, (Philo 87/88) physicien, mathématicien, informaticien, spécialiste en communication &amp; marketing et ancien du Collège, monsieur Cenezi a beaucoup marqué la promotion d’élèves de 1988-1989 du CRA. De par son humaniste et son rôle de protecteurs des élèves, Chavannes était à la fois un père, un surveillant et un gardien selon ce qu’explique une dizaine de membre de l’Association des Anciens Elèves du Collège Roger Anglade (ASACRA).</p>
<p>« Chavannes figure sur l’une de nos photos de promotions, il était juste à l’arrière… » se souvient monsieur Joseph qui dit avoir conservé la photo comme un trésor d’enfance.</p>
<p>Il est vrai que la diplomation et l’intellectualité sont des facteurs qui permettent aux élèves de se souvenir de ceux qui ont contribué dans leurs éducations, pour un homme du rang de Chavannes Cenezi, l’humanité et la droiture ont été deux facteurs importants pour permettre à ce père de trois enfants de marquer les esprits de plusieurs générations d’élèves au cœur du Collège Roger Anglade.</p>
<p><strong>* Le Groupe WhatsApp Toujours Plus Haut (TPH) qui rassemble les anciens élèves ( USA, Canada, Haiti, France) de 1982-1989 est fondé par : Ludmilla Pierre-Louis ; Stephen Mathelier ; Regina Beata Bois ; Marie Sandra Saint-Val ; Guy-Albert Vital ; Gabriel Herve Pierre Jerome ; Guichard Rodriguez ; Jean-Daniel Bernadin ; Pierre Renald Dugué</strong></p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://imediaayiti.com/2021/04/08/chavannes-cenezi-un-visage-memorable-au-sein-du-college-roger-anglade/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
		<media:content url="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/04/WhatsApp-Image-2021-04-09-at-7.00.00-PM.jpeg" medium="image"></media:content>
            	</item>
	</channel>
</rss>
