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	<title>Religion &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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	<description>Plus loin que l&#039;actualité</description>
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	<title>Religion &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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		<title>« Le vodou est une religion de résistance » selon Laënnec Hurbon </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Michner Alfred]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Nov 2022 20:31:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans une entrevue accordée à Jacques André, psychanalyste, philosophe, Laënnec Hurbon, docteur en théologie et en sociologie, a expliqué pourquoi il considère que le « vodou » est une religion de résistance. Laënnec Hurbon, docteur en sociologie et en théologie, a la belle habitude de rapprocher les termes «&#160;vodou et résistance&#160;». Ce qui, a-t-il avoué, lui vaut des reproches. Dans une entrevue accordée à Jacques André, psychanalyste, philosophe, directeur du Centre d’Études en Psychopathologie et Psychanalyse (Paris VII), le sociologue a défendu sa position. «&#160;Il s’est trouvé dès le départ, dans l’histoire d’Haiti, que le vodou a été acculé à être en...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Dans une entrevue accordée à Jacques André, psychanalyste, philosophe, Laënnec Hurbon, docteur en théologie et en sociologie, a expliqué pourquoi il considère que le « vodou » est une religion de résistance.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Laënnec Hurbon, docteur en sociologie et en théologie, a la belle habitude de rapprocher les termes «&nbsp;vodou et résistance&nbsp;». Ce qui, a-t-il avoué, lui vaut des reproches. Dans une entrevue accordée à Jacques André, psychanalyste, philosophe, directeur du Centre d’Études en Psychopathologie et Psychanalyse (Paris VII), le sociologue a défendu sa position.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Il s’est trouvé dès le départ, dans l’histoire d’Haiti, que le vodou a été acculé à être en position de résistance. L’interdit porté contre le vodou pendant la période esclavagiste a poussé les esclaves à ne pouvoir trouver que dans le vodou des occasions de rassemblement, donc des lieux où ils pouvaient organiser la révolte dans l’espace du secret, prévenant ainsi les risques des délations&nbsp;», a expliqué le directeur de recherche au CNRS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le professeur, les cérémonies du vodou est aussi une manière pour les africains de Saint-Domingue de créer un faisceau social propre à eux.&nbsp;&nbsp; &nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>« Ce qui s’est passé en Haiti en 1791 n’était insolite que pour les occidentaux qui ont, eux-mêmes, essayé de minimiser le rôle du vodou dans leurs récits sur cette période, mais les colons ont senti très vite que les réunions ‒ « calendas » ou danses ‒ que faisaient les esclaves prouvaient leur désir de créer une ligne de démarcation entre eux et les colons », a-t-il avancé.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le théologien a poursuivi son argumentation, affirmant que «&nbsp;le vodou dès le départ signifiait <em>l’échappé</em> hors du système, mais c’est le pouvoir lui-même qui va lui conférer le caractère de résistance&nbsp;». D’après lui, ce caractère de résistance est conféré au vodou pendant et après l’esclavage. Comment&nbsp;? Il explique&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le colon esclavagiste dispose déjà d’un modèle pour comprendre les pratiques religieuses des esclaves : ce modèle, c’était la sorcellerie. Tout nègre passait pour un sorcier. On comprend dès lors que dans toute rencontre rituelle des esclaves, les colons voyaient, non pas une tentative pour échapper au pouvoir mais un moyen pour organiser la subversion par le biais des pratiques de sorcellerie », a-t-il précisé avant d’ajouter : « Il y a eu plutôt une annexion de certains éléments, croyances et rites, au service du vodou ; j’ai appelé cela un rapt de signifiants. Signifiants qui viennent renflouer le vodou ou simplement s’ajouter à sa force. D’un côté, l’église catholique donne à Haiti la face qui lui est nécessaire pour se présenter dans les concerts des nations modernes. De l’autre côté, cette même église permet de conserver les pratiques du vodou en sous-main ».</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="696" height="461" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/11/53RepSoc3-696x461-1.jpg" alt="" class="wp-image-7249 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/11/53RepSoc3-696x461-1.jpg 696w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/11/53RepSoc3-696x461-1-300x199.jpg 300w" sizes="auto" /><figcaption><em>DES BOUGIES artisanales de différentes couleurs utilisées en fonction du rituel</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En d’autres termes, face à la répression de l’église catholique, le vodouisant fait profil bas et fait semblant de se dédier aux exigences chrétiennes. Sauf que lorsque le vodouisant se prosterne devant l’image d’un saint catholique, il n’adore pas le saint, mais un esprit du vodou (loa) dont la représentation est attribuée à l’image du saint. C’est le syncrétisme religieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui encore, le vodou est présent dans les mouvements populaires, comme un symbolique tributaire de la cérémonie du Bois-Caïman. Il est rare qu’une manifestation aujourd’hui, ne débute pas par l’exécution d’un raccourci de cérémonie du vodou.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cf. : Hurbon, Laennec. <em>Comprendre Haïtien : Essai sur l’État, la nation, la culture. </em>Éditions Karthala et Deschamps, 1987, p. 158-169<br><br><strong>Michner Alfred </strong></p>
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		<item>
		<title>L’Islam, une religion en pleine croissance en Haïti</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mackenlove Hyacinthe]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Jul 2021 15:19:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Imam]]></category>
		<category><![CDATA[Islam]]></category>
		<category><![CDATA[Mosquée At Thaweed]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis le séisme du 12 Janvier 2010, la présence des musulmans devient de plus en plus significative en Haïti. Étant une religion fondée sur des principes de vie et de pureté, les racines de l’Islam dans le pays remontent depuis le temps de la lutte contre l’esclavage. Jusqu’à présent, elle n’est pas considérée comme une religion à part entière par les lois haïtiennes. Pourtant, ses actions sociales posées dans la communauté haïtienne lui confère toute légitimité. 12h30. L’Imam de la Mosquée Lakou Boukman fait son apparition devant la porte. Un chant rituel universel guide les adhérents à se rendre à...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Depuis le séisme du 12 Janvier 2010, la présence des musulmans devient de plus en plus significative en Haïti. Étant une religion fondée sur des principes de vie et de pureté, les racines de l’Islam dans le pays remontent depuis le temps de la lutte contre l’esclavage. Jusqu’à présent, elle n’est pas considérée comme une religion à part entière par les lois haïtiennes. Pourtant, ses actions sociales posées dans la communauté haïtienne lui confère toute légitimité.</strong></p>
<p>12h30. L’Imam de la Mosquée Lakou Boukman fait son apparition devant la porte. Un chant rituel universel guide les adhérents à se rendre à l’intérieur de la Mosquée, un lieu de culte bien airée. La surface de cette grande salle est recouverte d’un paillasson découpé à l’aide d’un adhésif qui dessine des lignes diagonales et parallèles. Elles indiquent l’alignement et la position au moment de la prière. Pas plus que deux (2) bancs dans la salle seulement pour les visiteurs. Les membres s’assoient à même le sol. L’Imam gravit une petite estrade de cinq marches donnant accès à la chaire à partir de laquelle il va conduire la prière.</p>
<p>À l’intérieur les femmes sont derrières et les hommes devant. Non pas parce qu’ils sont misogynes mais par souci de moralité. « Ce n’est pas parce qu’on ne donne pas de valeur aux femmes. Ici. la prière se fait en inclinant ; une femme inclinée peut dévier l’attention de tous les hommes du but principal », justifie l’Imam Abdoul Manik.</p>
<p>À l’entrée de la Mosquée, un long banc de trois (3) ou quatre (4) étages est placé pour déposer les chaussures. On rentre dans la Mosquée les pieds nus. Un espace bien préparé avec de l’eau pour se purifier avant la prière. Tout se fait selon un rite. Il n’est pas permis aux invités de se « purifier ».</p>
<p>Devant la Mosquée, une affiche énumère les cinq prières journalières : FAJR (5h55 Am), DHUHR (1h Pm), ASR (4h25 Pm), MAGHIB (7h Pm), ISHA (8h Pm). Puis il y a la JUMU’A (1h Pm) qui est un rendez-vous hebdomadaire, chaque vendredi. Toutes les prières quotidiennes se font entre 5 à 10 minutes. La JUMU’A dure environ 60 minutes.</p>
<p><strong>Islam et Haïti, une relation de longue date</strong></p>
<p>Selon les croyances musulmanes, l’Islam était à Saint Domingue depuis la période esclavagiste. « Boukman était un musulman. Il avait dans son Djakout un livre que personne ne pouvait lire. Ce livre, était lisible de droite à gauche au lieu de gauche à droite. Il s’agissait du Saint Coran. Parce qu’il est le seul livre qui se lit ainsi », explique l’Imam Abdoul Manik de la Mosquée Masjid AT Tawheed.</p>
<p>Après cette période, les musulmans vont disparaitre en Haïti pour réapparaitre vers les années 90. En raison de ses nombreuses actions sociales dont la prise en charge des personnes rescapées, la religion aux cinq (5) prières journalières va avoir de nouveaux adhérents après le séisme dévastateur du 12 Janvier 2010 en Haïti. Dans un article publié le 10 octobre 2012 sur le site de La Presse Internationale, on peut lire : « Le désastre du 12 Janvier 2010 a attiré en Haïti des organisations humanitaires du monde entier notamment Islamic Relief USA (Secours Musulmans des Etats Unis) qui a construit 200 abris et une école secondaire ».</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr">Les représentants de <a href="https://twitter.com/USEmbassyHaiti?ref_src=twsrc%5Etfw">@USEmbassyHaiti</a> ont pris connaissance des activités marquant le <a href="https://twitter.com/hashtag/Ramadan?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Ramadan</a> en <a href="https://twitter.com/hashtag/Ha%C3%AFti?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Haïti</a>. Merci pour les informations, Conseil National des Musulmans Haïtiens! <a href="https://t.co/IDfWNhJsoU">pic.twitter.com/IDfWNhJsoU</a></p>
<p>— U.S. Embassy Haiti (@USEmbassyHaiti) <a href="https://twitter.com/USEmbassyHaiti/status/1390744532606668803?ref_src=twsrc%5Etfw">May 7, 2021</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p><strong>L’Islam plus qu’une religion, c’est un mode de vie</strong></p>
<p>Née dans une famille musulmane dont le père (décédé) était un Imam, Illahi Jacques voit l’Islam comme un mode de vie simple et pur. « L’Islam a beaucoup de principes sur la vie et l’hygiène. Les musulmans ne mangent pas les épices importés. Ils ne consomment pas d’alcool ni de cigarette. Ils ne mangent pas la viande de porc », lâche-t-elle fièrement. Pour elle, les musulmans sont souvent en bonne santé. Tout ce qui est prohibé dans le Saint Coran est néfaste pour la santé. « Tout ce qui est impur se fait avec la main gauche. Comme, le lavage des mains après la selle », précise la jeune femme les yeux pleins de fougues.</p>
<p>L’Imam Abdoul Manik indique que « le ramadan qui est le mois de jeûne des musulmans a une grande importance spirituelle et matérielle. Parce que l’abstinence d’aliments durant la période, permet aux fidèles de l’Islam de se débarrasser des graisses intérieures. Et, les mets consommés pendant le moment de pèlerinage sont susceptibles de laver l’estomac d’éléments impures ».</p>
<p>Dans la religion islamique, le vivre ensemble prime. Les plus forts doivent inconditionnellement aider les plus faibles selon les prescrits du Saint Coran. Les enseignements sont fondés sur l’obéissance, la patience et le partage.</p>
<p>À Miragoâne, ils ont un cimetière spécialement pour inhumer les frères musulmans décédés.</p>
<p><figure id="attachment_5872" aria-describedby="caption-attachment-5872" style="width: 1010px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-5872 size-full lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/07/WhatsApp-Image-2021-07-30-at-1.16.30-AM.jpeg" alt="Facade de la Mosquée At Thaweed - Crédit Photo : Page Facebook de la Mosquée" width="1010" height="550" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/07/WhatsApp-Image-2021-07-30-at-1.16.30-AM.jpeg 1010w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/07/WhatsApp-Image-2021-07-30-at-1.16.30-AM-300x163.jpeg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/07/WhatsApp-Image-2021-07-30-at-1.16.30-AM-768x418.jpeg 768w" sizes="auto" /><figcaption id="caption-attachment-5872" class="wp-caption-text">Facade de la Mosquée At Thaweed &#8211; Crédit Photo : Page Facebook de la Mosquée</figcaption></figure></p>
<p><strong>Une représentation effective sur le territoire national</strong></p>
<blockquote><p>« Je ne suis pas en mesure de dire combien de Mosquées que nous avons en Haïti à date. Je pense qu’elles sont nombreuses. À Port-au-Prince nous en avons cinq (5), à Miragoâne, deux (2). Et, nous avons des Mosquées dans presque tous les départements géographiques du pays. La quantité peut varier entre 10 à 15 »,</p></blockquote>
<p>mentionne le religieux.</p>
<p>La Mosquée Masjid At Tawheed habrite une école fondamentale reconnue par le Ministère de L’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP). Pour l’heure, chaque Mosquée ne dispose pas d’une école, regrette l’Imam. Il reste tout de même positif, et rêve de voir s’implanter une école dans chaque Mosquée.</p>
<p>En plus des écoles et des Mosquées, les musulmans ont des orphelinats en Haïti. « Nous accueillons des enfants orphelins pour les encadrer, leur donner une formation de qualité qui leur permettra de trouver une place dans la société », soutient le musulman.</p>
<p><strong>Le calvaire des musulmans en Haïti</strong></p>
<p>La fille de l’Imam citée plus haut, a développé un amour et un attachement pour cette confession religieuse dès son très jeune âge. Elle vient de boucler ses études classiques. Et pourtant, à l’école les stigmatisations n’en manquaient pas. D’un air triste elle nous raconte : « Parce que je suis musulmane, souvent la société me juge très mal. À l’école, dès qu’un professeur dans un cours prononce le mot terroriste tout le monde se tourne vers moi, et me lance des regards accusateurs. Comme si L’Islam était synonyme de terrorisme. Parfois je me sentais un peu gênée même s’il s’agissait d’une plaisanterie entre camarades ».</p>
<p>« Une fois j’étais à Miragoâne dans le cadre de ma formation comme Imam et je priais, une dame est venue et a lancé des propos malsains et des injures à mon endroit. Comme si j’invoquais un démon. » Animée d’une sagesse et d’une maitrise de soi, l’Imam a pensé que cela est dû à une méconnaissance de la religion musulmane en tant que telle.</p>
<p>« Ajouter à ce lot de péripéties, certaines institutions exigent aux femmes musulmanes d’enlever leur voile. Ce qui est à l’encontre des prescriptions du Saint Coran», relate tristement l’Imam. Selon lui, la société haïtienne doit faire preuve de tolérance et d’acceptation envers les musulmans.</p>
<p>« Souvent on nous traite de démon pourtant nous adorons le même Dieu. Le Dieu créateur. L’Islam c’est l’amour, le partage, la paix et la pureté. L’Islam est une religion défensive jamais offensive. Avant de dire quoi que ce soit, j’invite tout le monde à s’approcher vers l’islam pour le comprendre et le connaitre. Ainsi, ils pourront distinguer le vrai du faux », souhaite l’Imam Abdoul Manik.</p>
<p>La Constitution haïtienne de 1987 amendée en son article 30 garantit une liberté de culte. Sur le plan religieux rien n’est encore dit. En attendant, les musulmans se multiplient. Et, les Mosquées continuent de s’établir un peu partout sur le territoire national.</p>
<p>Mackenlove Hyacinthe</p>
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		<title>Haïti, la terre de la divergence religieuse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[freud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2020 20:31:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
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					<description><![CDATA[La période pascale est un point culminant dans les célébrations religieuses en Haïti. Liturgie, évangélisation, rara et cabal sont les rituels exercés du mercredi des cendres jusqu’au dimanche de Pâques. À chaque religion ses propres mystères et sa doctrine pour ramener à Dieu les âmes perdues. Un focus spécial… Si les catholiques font le «chemin de croix », les protestants des «croisades », les vodouisants de leurs côtés pratiquent leurs rituels axés sur le «rara» et le «cabal». Dans ce pays à prédominance religieuse, l’empreinte des dieux peut être remarquée partout ou presque. Dans cette hétérogénéité religieuse, chaque adepte cherche à nourrir...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La période pascale est un point culminant dans les célébrations religieuses en Haïti. Liturgie, évangélisation, rara et cabal sont les rituels exercés du mercredi des cendres jusqu’au dimanche de Pâques. À chaque religion ses propres mystères et sa doctrine pour ramener à Dieu les âmes perdues. Un focus spécial…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les catholiques font le «chemin de croix », les protestants des «croisades », les vodouisants de leurs côtés pratiquent leurs rituels axés sur le «rara» et le «cabal». Dans ce pays à prédominance religieuse, l’empreinte des dieux peut être remarquée partout ou presque. Dans cette hétérogénéité religieuse, chaque adepte cherche à nourrir son âme de ses propres croyances.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les Pâques, un terrain spirituel mosaïque</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant cette période dite « Période pascale», les catholiques célèbrent la mort de Jésus Christ en organisant dans les rues et dans les paroisses le chemin de Croix. Une mise en scène qui retrace sous une forme mimique les quatorze stations du fils de Dieu avec un initié qui, tout au long de la cérémonie, porte une Croix en bois sur son dos. Les protestants eux, se lancent dans des campagnes d’évangélisation afin de présenter aux non-croyants les messages des évangiles considérés comme étant «La bonne nouvelle» qui conduit vers Jésus Christ, le fils de Dieu. Quant aux vodouisants, après avoir honoré les « loas » dans les péristyles et les «lakou», ils gagnent les rues pour célébrer le traditionnel Rara. À Port-au-Prince, aux Gonaïves et surtout à Léogâne, des foules de vodouisants (de catholiques) célèbrent le Carême du mercredi des cendres jusqu’au Dimanche de Pâques. Une célébration qui, selon l’anthropologue et Houngan Norluck Dorange, est culturelle et traduit l’expression de la survie des traditions indigènes dans une période appelée Équinoxe qui coïncide avec la fête de Pâques des chrétiens. Comprenant au moins trois tambours et des instruments «banbou», « kone ou piston », « tchatcha », «graj» ainsi que des percussions, le rara offre un spectacle avec des danseurs et des «majò-jon », ou jongleurs à bâton, qui attirent les passants tant par leurs exercices que par leurs habits aux couleurs vives.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand la foi se politise, L’État se spiritualise</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">N’étant pas capable de faire preuve de laïcité lui-même, l’État, par le biais de ses représentants notamment l’Exécutif, fonce aveuglément dans les exercices religieux pour attirer la sympathie des fidèles ou adeptes. À titre d’exemple, Jovenel Moïse a participé à plusieurs cérémonies vodouesques dans le but de saluer les ancêtres et les loas pour ensuite témoigner des bienfaits de Dieu dans le protestantisme lors d’une grande croisade évangélique (Haiti In), réalisée par plusieurs évangélistes internationaux les 18,19 et 20 janvier 2018. En marge de cette cérémonie religieuse, le président haïtien avait affiché une foi chrétienne en déclarant : « depuis le 7 février 2017, j’ai dédié le pays à Dieu… pendant toute ma campagne électorale, ma force je l’ai trouvée en Dieu ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La religion, entre spiritualité et aliénation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Très difficiles à circonscrire et à définir, les pratiques religieuses existent depuis toujours, et prennent différentes formes selon les époques. En Haïti, en ce 21e siècle, certaines pratiques religieuses ont marqué les esprits par leur caractère intrinsèque qui avoisine la manipulation et l’aliénation. À Port-au-Prince, les cas de Shalom avec le très populaire révérend André Muscadin, de Piscine Béthesda avec Marcorel Zidor « Pasteur Marco », l’église de Dieu indépendante de la porte étroite à Delmas 19 d’ Armel Lafleur et l’église « Les envoyés de Dieu » de Mackenson Dorilas dit Prophète Mackenson, peuvent témoigner du niveau de laxisme affiché par l’État haïtien. En septembre 2018, le ministère des cultes avait pris une décision sanctionnant le prophète Mackenson Dorilas pour avoir déclaré être détenteur de pouvoir divin et prescrit à ses adeptes un « remède miracle » contre le sida avec des punaises de lit comme ingrédients, des citrons, de l’aloé, etc. Fort de son succès auprès de ses fidèles, le prétendu prophète n’a de cesse de présenter de nouvelles formules dites miraculeuses. Quelques mois plus tard, ce même Mackensen Dorilas offre un « bain de boissons gazeuses » pour guérir et bénir ses adorateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rituel sacré dans un péristyle.      </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des rituels spectaculaires en termes de « miracles » qui suscitent l’étonnement et l’enthousiasme des uns, la moquerie et la suspicion des autres. Cependant, à ce niveau, il n’est pas le seul maître à penser. À Shalom «tabernacle de gloire», les rapports financiers de ce centre religieux ont, à maintes reprises, provoqué des scandales. André Muscadin, pasteur titulaire de l’église « Shalom », était sous le choc quand le 12 octobre 2018 la Direction Générale des Impôts (DGI) avait pris la décision de saisir tous les comptes bancaires de l’église pour n’avoir pas payé ses impôts entre 2010 et 2015. Une dette qui était évaluée à une somme de 3, 557, 569, 69 de gourdes, selon André Muscadin. Le religieux qui s’était montré très remonté contre la décision de l’État avait menacé de descendre dans les rues de la capitale, accompagné des membres de son assemblée, si les responsables ne reconsidéraient pas leur décision. Concernant le montant, il avait affirmé que le temple qu’il dirige n’était pas une entreprise commerciale, et qu’il n’en tirait aucun profit. « Je donne un ultimatum de 2 jours aux autorités de l’État pour qu’elles reviennent sur leur décision. Et nous ne négocierons qu’avec le président de la République », avait-il lancé devant des milliers de fidèles qui criaient au scandale. Pour couronner le tout, l’homme de foi avait martelé : « Je préfère mourir que de payer la DGI qui veut nous extorquer à hauteur de 2 millions de gourdes pour la période allant de 2015 à 2018. J’utiliserai des pouvoirs spirituels contre ces hommes d’État, en particulier contre Miradin Morlan, le Directeur de la DGI ». Celui qui se défend bien de diriger une entreprise commerciale a la fâcheuse habitude de collecter des billets de mille gourdes pendant les journées de prière. Ceci ressemble étrangement à une activité à but purement lucratif dans la mesure où celles et ceux qui versent le plus d’argent recevraient davantage de bénédictions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par Marc-Evens Lebrun / Publié le 10 Mai 2019 / Source : <a href="https://challengesnews.com/haiti-la-terre-de-la-divergence-religieuse/">Challenges Magazine </a></p>
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