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	<title>Moto &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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	<description>Plus loin que l&#039;actualité</description>
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	<title>Moto &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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		<title>La moto en Haïti : un « mal nécessaire » ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Wandy Charles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Oct 2021 18:33:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
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					<description><![CDATA[« La moto est le seul élément en Haïti qui soit véritablement national ». Le constat est fait par l’organisation STOP Accidents. Ce véhicule devient quasi incontournable. Moyen de transport préféré ou imposé, il a la cote dans le « milieu populaire » et s’est aussi installé dans nos villes de province. De plus en plus de jeunes s’y intéressent, soit pour faire un peu de pognons, soit pour se déplacer tout simplement. Impliquée dans la majorité des actes d’insécurité et des cas d’accident, la motocyclette est-elle un « mal nécessaire » ? La moto comme gagne-pain Rue Charlemagne Péralte,...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« La moto est le seul élément en Haïti qui soit véritablement national ». Le constat est fait par l’organisation STOP Accidents. Ce véhicule devient quasi incontournable. Moyen de transport préféré ou imposé, il a la cote dans le « milieu populaire » et s’est aussi installé dans nos villes de province. De plus en plus de jeunes s’y intéressent, soit pour faire un peu de pognons, soit pour se déplacer tout simplement. Impliquée dans la majorité des actes d’insécurité et des cas d’accident, la motocyclette est-elle un « mal nécessaire » ?</strong></p>
<p><strong>La moto comme gagne-pain</strong></p>
<p>Rue Charlemagne Péralte, Morne Hercule (Pétion-ville), 10h 13 AM. Des coups de klaxons retentissent. Une rangée de moto entre le trottoir et la chaussée. Les passants sont sollicités, harcelés même par les conducteurs. Parmi eux, Robenson Noë agé de 23 ans. Silhouette frêle, jeans et jacquets, un casque accroché aux guidons de son véhicule, il est à la station de moto depuis 6h 45 AM. Cela fait 5 ans depuis qu’il a quitté l’école pour devenir chauffeur de taxi moto. « Cette moto est ma vie, elle est tout ce que j&rsquo;ai », confie ce jeune qui s’est réfugié sur une galerie fuyant le soleil. Robenson explique que la journée n&rsquo;apportera pas grand-chose s’il ne se lève pas de très tôt. Et des fois, même avec cette stratégie, il est très difficile pour lui de réaliser les 500 gourdes pour payer la location journalière de la moto. « Chaque jour je suis obligé de venir ici; c&rsquo;est mon unique activité sinon je pourrai ni manger ni m’acheter des habits, nous raconte Robenson Noël tout en souriant à mesure qu’un client s’approchait.</p>
<p>La réalité de Robenson est loin d’être unique. De nos jours, avec la dégradation accélérée des conditions de vies des couches les plus vulnérables, le taxi moto devient un moyen sûr de se faire un peu d’argents. Nombreux sont les jeunes qui abandonnent l’école pour s’y adonner. Certains jeunes ne déposent plus de CV, mais rassemblent par tous les moyens, de quoi s’acheter une moto. Après deux jours d’apprentissage sur un terrain vague, les voilà chauffeurs de taxi moto. Peu habiles, ces jeunes se font tuer ou sont souvent choqués dans des accidents sur la voie publique à la longueur de journée.</p>
<p><strong>La Moto blesse et tue…</strong></p>
<p>10h 42, la station de motocyclette de la Rue Charlemagne Peralte à Morne Hercule est presque vide. Tous les conducteurs ont trouvé preneurs. Joubert est lui aussi un chauffeur de taxi moto, mais il ne travaille pas ces temps-ci. Il s’est fait récemment renversé par une camionnette alors qu’il prenait un virage. Il a eu la jambe cassée et un traumatisme crânien. Son passager-client n’a, malheureusement, pas eu la vie sauve. Joubert doit se rendre à l’hôpital pour enlever le plâtre de sa jambe et avoir les résultats d’un IRM. « C’est mon 4e accident en moins d’un mois », nous confie le jeune, soutenu par deux béquilles. « Mais je n’ai pas le choix », relativise-t-il, car ma survie et celle de ma famille dépendent de l’activité de taxi moto. Mais il reconnait que conduire une moto dans les rues de Port-au-Prince et ceci tous les jours, est un risque élevé. En plus, il avoue que ses pairs sont souvent des amateurs en matière de conduite.</p>
<p>Ils roulent toujours trop vites, ils acceptent des fois 3 passagers sur la moto et ne respectent souvent ou ne connaissent pas tout simplement les principes du code de la route. Résultat : plusieurs de ses amis vivent aujourd’hui avec, au moins, un membre manquant quand ils ne se font pas tuer dans des accidents de la circulation.</p>
<p><strong>Un accéssoir de crime pour les bandits </strong></p>
<p>La motocyclette est aussi devenue le moyen de locomotion de prédilection des malfrats. Il est rare qu’un assassinat ou un braquage ne soit perpétrée à l’aide de ce véhicule à deux roues. Dans les infos, dans les rapports de police, les attaques de bandits armés ont un dénominateur commun : la moto. Et l’on comprend aisément cette préférence des truands pour la motocyclette. « Vue le nombre de ce véhicule en circulation dans les rues de Port-au-Prince, il est très facile de se fondre dans la masse. En plus, ce secteur échappe au contrôle des autorités constituées (Mairies, Police, Ministères) », lâche un policier ayant requis l’anonymat. Du coup les bandits s’en donnent à cœur joie. À bord de leurs motos, ils volent, tuent, braquent et enlèvent de paisibles citoyens sans avoir à s’inquiéter.</p>
<p>Daniel Pierre, jeune médecin, en a fait la dure expérience et en garde un goût amer. Son grand frère, un ingénieur, revenait d’une banque commerciale quand il a été attaqué par 4 individus armés à bord de deux motos. Les malfrats ont criblé de balle sa voiture avant d’emporter le montant de la transaction. Depuis ce jour, ce jeune docteur a les motocyclettes en aversion. « Non seulement je ne prends jamais de moto, mais je les ai toujours à l’œil quand je suis sur la route ou à bord de ma voiture », soutient Daniel Pierre.</p>
<p>Charmith, 25 ans, est étudiante en sciences administratives à l’Institut des Hautes Études Commerciales et Économiques. Elle était une adepte de la moto en raison de ces cours du soir. Un jour elle a failli laisser sa peau après qu’un pseudo chauffeur l’a dépouillé de tous effets personnels dans une impasse ténébreuse et peu fréquentée. La jeune fille se rappelle de la scène comme si c’était hier. « J’étais pressée, j’avais un cours à 5h PM. J’ai laissé mon travail à 4h et j’avais pris une camionnette. Je me suis rendue compte qu’avec l’embouteillage, j’allais être complètement en retard. J’ai décidé de prendre une moto. L’horloge marquait 5h13. Le chauffeur me disait qu’il va emprunter des raccourcis question d’éviter le bouchon. Arrivé à une impasse sombre, il a sorti son arme et m’a dépouillé », raconte Charmith pensive. Et depuis lors, elle a décidé de ne plus s’offrir les services des taxis moto.</p>
<blockquote>
<p dir="ltr" lang="fr">Au cours de cette intervention la police a saisi :<br />&#8211; 3 fusils 12 et 17 cartouches.<br />&#8211; 1 mini Uzi muni de silencieux et un chargeur<br />&#8211; 1 pistolet 9 mm<br />&#8211; 4 motocyclettes<br />&#8211; 1 compresseur<br />&#8211; 2 pinces coupantes<br />&#8211; 1 passeport<br />&#8211; Une paire de plaques<br />(2/3) <a href="https://t.co/VNVV7mCxui">pic.twitter.com/VNVV7mCxui</a></p>
<p>— PNH (@pnh_officiel) <a href="https://twitter.com/pnh_officiel/status/1425927842798387206?ref_src=twsrc%5Etfw">August 12, 2021</a></p>
</blockquote>
<p> </p>
<p><strong>Régulariser « le secteur de la motocyclette » est une urgente nécessité</strong></p>
<p>Sur ce point, le coordonnateur de l’organisation Stop Accident est on ne peut plus clair mais surtout tranchant. « Si l’État haïtien ne se penche pas sérieusement sur le fonctionnement anormal des motocyclettes, ce véhicule décimera en silence nos concitoyens et les jeunes en particulier », prévoit Dr Garnel Michel. Selon lui, la moto est impliquée dans presque tous les évènements : accidents, assassinats, protestations populaires et transports en commun. Étant donné que sa présence est nationale, les conséquences liées à sa constance le sont aussi. « La moto s’est invitée même dans nos sections communales les plus reculées », révèle Garnel Michel stupéfait.</p>
<figure id="attachment_6106" aria-describedby="caption-attachment-6106" style="width: 720px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/10/DSC_9595-Copier-1024x685.jpg" alt="" width="720" height="482" /><figcaption id="caption-attachment-6106" class="wp-caption-text">Illustration d&rsquo;un chauffeur de motocyclette à Port-au-Prince &#8211; Crédit Photo : Thimoté Jackson</figcaption></figure>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>La nature a horreur du vide</strong></p>
<p>« Vu son caractère pratique et les manquements en matières d’infrastructures, de légalité et de développement en Haïti, la moto est utile à bien des choses dans le pays », reconnait M. Michel. Pour transporter un cadavre, un cercueil, des bars de fer, un réfrigérateur ; pour se rendre au marché, à l’hôpital, au travail et même à une réunion importante, le dépanneur par excellence s’appelle : la moto.</p>
<p>« Pourtant, il n’existe jusqu’à ce jour aucune moto-école en Haïti », souligne le responsable de l’Organisation STOP Accidents. Garnel Michel indique que tous les chauffeurs de motocyclette qui circulent dans les rues, n’ont pas appris à piloter ce véhicule dans un centre d’apprentissage mais sur un terrain vague. Certains d’entre eux, avant même de pouvoir maitriser l’engin, finissent à l’hôpital ou malheureusement à la morgue.</p>
<p>En plus de leur maladresse, les conducteurs de motocyclettes refusent de se plier aux exigences de sécurité mises en place pour leur propre protection. « Par exemple, ils refusent catégoriquement de porter des casques », déplorent le docteur Michel. Selon une enquête diligentée par l’organisation STOP Accidents de concert avec des acteurs étatiques et de la société civile, seulement 8% des conducteurs de moto acceptent d’enfiler un casque. Or les causes principales de la majorité de décès en cas d’accidents de la circulation sont dues soit à un traumatisme crânien sévère soit à une hémorragie.</p>
<p>Fort de ces constats, STOP Accidents tire la sonnette d’alarme sur l’urgente nécessité pour l’État haïtien de régulariser le secteur de la moto. Le premier pas serait de réglementer le problème de circulation routière elle-même. À partir de là, les cas d’accidents et le problème de l’insécurité seront adressés et résolus en partie. Sans oublier que cela doit passer par un contrôle rigoureux depuis la vente, l’achat, jusqu’à la circulation du véhicule sur la voie publique.</p>
<p><strong>Wandy CHARLES et Erickson ALCIN</strong></p>
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		<title>Les taximotos déciment les jeunes en silence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[freud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2020 22:08:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La motocyclette s’est brutalement invitée dans notre quotidien de peuple et s’est installée dans le pays comme moyen de locomotion alternative face à un système de transport moribond. Ce véhicule transformé en taxi représente le gagne-pain de nombreux jeunes en proie au chômage, et surtout un réel danger pour la sécurité routière. Un mélange de sang, de sueur et d’odeur de médicament. Une odeur âcre irritante qui provoque des éternuements intermittents. On se pince le nez. Nous sommes à la salle de l’orthopédie de l’Hôpital de l’Université d’État Haïti. Il n’y a pas un patient dans cette pièce de 10...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La motocyclette s’est brutalement invitée dans notre quotidien de peuple et s’est installée dans le pays comme moyen de locomotion alternative face à un système de transport moribond. Ce véhicule transformé en taxi représente le gagne-pain de nombreux jeunes en proie au chômage, et surtout un réel danger pour la sécurité routière.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>U</strong>n mélange de sang, de sueur et d’odeur de médicament. Une odeur âcre irritante qui provoque des éternuements intermittents. On se pince le nez. Nous sommes à la salle de l’orthopédie de l’Hôpital de l’Université d’État Haïti. Il n’y a pas un patient dans cette pièce de 10 lits qui n’a pas un membre suspendu modelé dans un plâtre, une jambe ou un bras cassé. Certains se tordent de douleur, alors que d’autres, les yeux hagards, reçoivent du soluté par voie intraveineuse. Dans l’allée, il y a deux autres patients que les brancardiers sont sur le point de transférer au bloc opératoire. Parmi eux, Gesner, le pantalon en lambeaux, le péroné droit déchiqueté jusqu’à la cheville. Étendu sur ce qui semble être un lit, le jeune homme peut à peine bouger. En dessous de son lit, une mare de sang qui coagule. «Son cas est critique. Il doit être opéré d’urgence mais on attend la radiographie », confie sa mère entre pleurs et oraisons adressées au ciel. Gesner est un mécanicien, il répare les motos. Le malheureux s’est fait renverser par une 4×4 alors qu’il essayait une motocyclette qu’il venait de réparer. « C’est son 3ème accident en moins de deux mois», nous apprend sa mère. Son unique fils n’a pas le choix, sa survie et celle de sa maman dépendent de la moto. Le cœur gros de soupir, Gesner insiste pour nous parler : «Je suis bien placé pour vous parler des chauffeurs de mototaxi, je les côtoie tous les jours. Je répare leur véhicule. Ce sont pour la plupart des inconscients», murmure-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Prises en charge des accidentés<br /></strong>Entre l’octroi d’une prescription, la sollicitation d’un parent de malade et les appels de la section Urgence, le résident en orthopédie Peterly Philippe nous livre à la volée la réalité de la prise en charge des personnes victimes d’accident de la circulation admises à l’hôpital général. D’abord le médecin de garde concède que l’HUEH reçoit beaucoup plus d’accidentés depuis la fermeture des hôpitaux de Médecin Sans Frontière (MSF). «En moyenne, nous recevons une vingtaine de victimes par jour », révèle le Dr Philippe, les yeux fatigués, dus probablement aux nuits blanches successives à faire la garde au service d’orthopédie. Sans avancer de chiffres exacts, Peterly Philippe admet que la majorité des patients soignés à son service sont victimes d’accident de moto. « Ici, on reçoit les accidentés de tout type. Cependant, les victimes d’accidents de la voie publique impliquant des motocyclettes sont majoritaires», a-t-il précisé. Le spécialiste explique qu’en général le manque de lits et de matériels médicaux adéquats constitue les plus grandes entraves à son travail. L’autre obstacle à déplorer souligne-t-il : « Les matériels utilisés en orthopédie coûtent très cher et font cruellement défaut au plus grand centre hospitalier du pays». Or, ces accessoires sont indispensables pour une prise en charge efficace des patients, surtout quand il y a des fractures ouvertes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>STOP Accident : cri d’alarme et plaidoyer</strong><br />«Les accidents de motocyclettes sont définitivement un phénomène national. Aucun département, ni commune, ou section communale n’est épargné ». C’est le constat du Docteur Garnel Michel, consultant national de la structure Stop Accident, mise sur pied en raison de l’ampleur que prend ce phénomène en Haïti. En 2018, Stop accident a recensé, seulement en 5 mois (juillet à décembre), environ 2 000 personnes tuées dans des accidents de la circulation. « Qui plus est, les victimes sont en majorité des jeunes, voire des enfants», regrette le médecin. Les chiffres sont parlants. Environ 20 % des personnes victimes d’AVP sont des enfants de moins de 14 ans, révèle un bilan établit par l’organisation Stop Accident. «Aujourd’hui, les accidents de la circulation sont la première cause de mortalité et de morbidité dans le monde, touchant des personnes âgées de 5 à 29 ans». Pour seulement la période allant du 8 au 10 mars 2019, un total de 21 accidents a été recensé par STOP Accident. Parmi les victimes, la journaliste Sabine Flerizard de Radio-Télé Lumière. 8 morts ont été comptabilisés sur place, dont 5 jeunes autour de 20 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Wandy Charles</strong> / Source :<a href="https://challengesnews.com/les-taximotos-deciment-les-jeunes-en-silence/"> Challenges Magazine </a></p>
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