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	<title>Martissant &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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	<description>Plus loin que l&#039;actualité</description>
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	<title>Martissant &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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		<title>Covid-19 : Médecin du Monde entend secourir les personnes les plus vulnérables en Haïti</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Evens Lebrun]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Oct 2021 14:39:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Martissant]]></category>
		<category><![CDATA[MDM]]></category>
		<category><![CDATA[médecin du monde]]></category>
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					<description><![CDATA[Implantée en Haïti depuis 1996, l’organisation humanitaire médecin du monde spécifiquement sa délégation canadienne, a participé dans la mise en œuvre d’un plan d’action en vue d’endiguer la pandémie du coronavirus sur le territoire.   Médecin du Monde (MDM) est cette organisation qui fournit des soins médicaux d&#8217;urgence et de longue durée aux personnes les plus vulnérables au monde. Selon sa nouvelle présidente, Carine Rolland, faire « bouger les lignes » constitue la principale mission de l’organisation dans le sens où elle milite pour que chacun puisse se soigner, « sans entraves ni discrimination ». En mars 2020, l’organisation entendait...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Implantée en Haïti depuis 1996, l’organisation humanitaire médecin du monde spécifiquement sa délégation canadienne, a participé dans la mise en œuvre d’un plan d’action en vue d’endiguer la pandémie du coronavirus sur le territoire. </em></strong><strong><em> </em></strong></p>
<p><a href="https://www.medecinsdumonde.org/fr/qui-sommes-nous">Médecin du Monde (MDM)</a> est cette organisation qui fournit des soins médicaux d&rsquo;urgence et de longue durée aux personnes les plus vulnérables au monde. Selon sa nouvelle présidente, Carine Rolland, faire « bouger les lignes » constitue la principale mission de l’organisation dans le sens où elle milite pour que chacun puisse se soigner, « sans entraves ni discrimination ».</p>
<p>En mars 2020, l’organisation entendait adresser une réponse à la pandémie du coronavirus dans un pays où les conditions sanitaires ne sont pas à point tel que le nôtre. Ainsi, avec l’appui d’affaires mondiales canada, ECHO et USAID, les membres de l’association ont été en mesure de monter des projets pour secourir les personnes les plus vulnérables et marginalisées à travers le pays. En effet, la population affichait un comportement craintif par rapport au virus tel une anxiété anticipatoire. La cause, : « Un manque d’information quant à la transmission et la prévention du virus et surtout par rapport au traitement » a affirmé Tim Valda, psychologue rattachée à médecin du monde.</p>
<p>Un projet a donc été mis sur pied, et a permis d’installer des structures dans les institutions sanitaires dans le but d’avoir un renforcement au niveau du personnel, des formations ou au niveau du renforcement des équipements de protection individuelle. Ceci a donc apporté un apport significatif dans la prise en charge des malades, augmentant donc l’efficience et l’efficacité des professionnels de santé. Ces mesures ont aussi amorti l’impact de la pandémie sur l’état mental des professionnels de santé, dans la mesure où ils se sont dotés de nouvelles techniques permettant de mieux gérer leur santé mentale. Car il est à rappeler que tout le personnel affichait une réticence à toucher les malades. Mais avec les formations de gestions de stress dont ils ont bénéficié, ils ont su comment se comporter avec les patients afin de prodiguer des soins en toute tranquillité.</p>
<figure id="attachment_6234" aria-describedby="caption-attachment-6234" style="width: 1000px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-6234 lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/11/MSF-Kenya-patient.jpg" alt="" width="1000" height="668" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/11/MSF-Kenya-patient.jpg 1000w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/11/MSF-Kenya-patient-300x200.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/11/MSF-Kenya-patient-768x513.jpg 768w" sizes="auto" /><figcaption id="caption-attachment-6234" class="wp-caption-text">Covid-19 : Photo Illustration</figcaption></figure>
<p>Au niveau communautaire, le coordonnateur général de MdMC, Nicolas Demers-Labrousse dit avoir mis en place des stratégies visant à véhiculer des messages clés afin d’établir un climat de confiance entre la population et les institutions sanitaires du pays. Pour cela, un poste de triage avancé a été établi, de telle sorte que tout patient subissent un premier tri avant de pénétrer n’importe quelle structure de santé grâce notamment avec des agents de santé polyvalents.</p>
<p><strong>Une marge de manœuvre réduite.</strong></p>
<p>Le champ d’intervention de l’organisation dépasse bien entendu la gestion de la pandémie. On est là assez loin du rôle traditionnel des organisations humanitaires. En effet l&rsquo;association humanitaire agit au-delà du soin. Elle « dénonce les atteintes à la dignité et aux droits de l&rsquo;homme et se bat pour améliorer la situation des populations ». C’est en ce sens que, face à la rareté de carburant en Haïti, ils ont sonné la sonnette d’alarme face au constat qu’il reste peu de carburant pour garantir les services hospitaliers. Selon un membre de l&rsquo;organisation qui a souhaité garder l&rsquo;anonymat, l&rsquo;arrivée du carburant avait été négociée pour dimanche, mais l&rsquo;accès a été bloqué.</p>
<p>« Un hôpital sans électricité peut à peine offrir des services, car tout est une chaîne. Les médicaments et autres fournitures médicales ne peuvent pas arriver, vous ne pouvez pas faire hospitaliser quelqu&rsquo;un parce que les machines ne fonctionnent pas », a déclaré à Efe le membre de Médecins du monde.</p>
<p>Soulignons que le manque de carburant a suscité des manifestations cette semaine dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, où des rues ont été bloquées jeudi par des barricades enflammées rendant plus compliquer une situation sécuritaire déjà tendue et incertaine, qui a également un impact négatif sur l&rsquo;accès aux soins de santé. Le carburant sur le marché noir est à un prix prohibitif, passant de 200 gourdes (2 $) par galon.</p>
<p><strong>Marc-Evens Lebrun</strong></p>
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		<title>Opinion &#124; Haïti : 1, 2, 3, soleil à Martissant</title>
		<link>https://imediaayiti.com/2021/10/23/opinion-haiti-1-2-3-soleil-a-martissant/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Evens Lebrun]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Oct 2021 16:29:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Internationales]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[1 2 3 soleil]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Imedia]]></category>
		<category><![CDATA[Martissant]]></category>
		<category><![CDATA[Squid Game]]></category>
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					<description><![CDATA[Chez nous, l’industrie du loisir sinon la notion même de loisir est longtemps plongée dans le coma, et le cinéma comme espace récréatif et pédagogique, est mort. Celui ou celle qui, comme moi, aspire au luxe de se relaxer devant un téléviseur ou un Smartphone, paie l’abonnement Netflix ; ensuite peut s’arroger le droit de débattre avec prétention ce que peut offrir l’accès à une carte de crédit : un certain loisir. En regardant Netflix avec l’objectif de me détendre devant un ordinateur qui n’est même pas le mien, j’ai été poussé à faire une étrange comparaison. La série sud-coréenne...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Chez nous, l’industrie du loisir sinon la notion même de loisir est longtemps plongée dans le coma, et le cinéma comme espace récréatif et pédagogique, est mort. Celui ou celle qui, comme moi, aspire au luxe de se relaxer devant un téléviseur ou un Smartphone, paie l’abonnement Netflix ; ensuite peut s’arroger le droit de débattre avec prétention ce que peut offrir l’accès à une carte de crédit : un certain loisir.</p>
<p>En regardant Netflix avec l’objectif de me détendre devant un ordinateur qui n’est même pas le mien, j’ai été poussé à faire une étrange comparaison. La série sud-coréenne ‘’Squid Game’’ créée et écrite par Hwang Dong-hyuk qui cartonne sur Netflix, renvoie, à mon avis, une image bien habituelle. Celle de la région métropolitaine de Port-au-Prince qui ne cesse « d’éliminer » les vies des citoyens haïtiens comme si ce n’était qu’un jeu. Une plaisanterie. On dirait qu’en suivant les infos, j’ai visionné durant les 9 épisodes de la première saison de la série, une description du quotidien de millions d’haïtiens. Celle des pauvres vivant dans les quartiers populeux jusqu’aux richissimes hommes d’affaires, en passant par la classe moyenne dont la majorité de ses membres se réclament neutres et s’affichent silencieux.</p>
<p>Une réalité locale sud-coréenne décryptée dans le cinéma, adaptable à la réalité de la population civile haïtienne dont les membres sont devenu des participants naïfs à des jeux enfantins, cyniques, lugubres et pathétiques, organisés par les gangs armés sous l’emprise de la mafia économique et politique.</p>
<p>Les pauvres, les endettés, les « Ti Machann » sont tous des participants. Avec une illusion de libre arbitre qui les fait penser qu’ils sont dans une démocratie, une parodie de démocratie en réalité ; qu’ils sont libres de sortir de chez eux et qu’ils ont le choix. Ce choix de rester chez eux et crever de faim gentiment, ou encore celui de braver les balles des kalachnikovs de tels forcenés à Martissant, de tels seigneurs à Grand Ravine, de tels caïds à Village de Dieu ou tels fêlés à la Croix des bouquets, et autres endroits, pour survivre.</p>
<p>Le choix de concourir le jeu de la vie, de l’insécurité, du viol, du kidnapping, en traversant la 3e circonscription de Port-au-Prince.</p>
<p>Une traversée de quelques minutes en voiture ou à pied qui parait pourtant simple, alors qu’en réalité c’est comme vouloir traverser l’enfer. Un véritable défi. Un défi qui doit être obligatoirement affronté pour se rendre aux « factory’s » suicidaires et aliénants où bossent des milliers d’âmes afin de subvenir aux besoins de leurs familles, avec un salaire minimum tuberculeux.</p>
<p>Ces familles prennent le risque pour rembourser les prêts bancaires, pour restituer l’argent des coopératives, donner à manger et éduquer leurs fils et filles, leur offrir un cadeau d’anniversaire, gagner suffisamment d’argent pour payer une prescription médicale ou l’hospitalisation d’un parent. En résumé, c’est pour faire face à la précarité et la misère abjectes dans lesquelles sont assujettis des millions d’êtres humains qui ont commis le seul péché de naître sur ce bout de terre.</p>
<blockquote><p><strong>Mais, jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour sortir de cette galère ?</strong></p></blockquote>
<p>En attendant une réponse collective à cette question, nous continuons à jouer à 2 kilomètres du jeu du calamar. Les braves résidents de Carrefour ou des zones avoisinantes qui se pointent à Portail Léogane, ou au Bicentenaire, ou encore au bas de la Ville, le savent. Ils savent très bien que dès le moment qu’ils agrippent un minibus de transport en commun délabré à Portail Léogâne, si la défense leur pousse en dehors des contours du calamar tracé au sol, ils mourront. Oui ! Ils mourront tous ! D’une balle à la tête surement. Pauvre Carrefourois. Puisqu’ils rodaient dans une zone rouge. Une vallée de l’ombre et de la mort.</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr">Squid game reprend un ressort classique de la fiction : une société secrète, mondialisée et cruelle, qui manipule des citoyens. Ca n&rsquo;est pas l&rsquo;élément le plus original de la série mais, sans surprise, les comparaisons avec la situation actuelle pullulent sur les réseaux. <a href="https://t.co/e66vV6Wxs3">pic.twitter.com/e66vV6Wxs3</a></p>
<p>— Julien Pain (@JulienPain) <a href="https://twitter.com/JulienPain/status/1450724437821644804?ref_src=twsrc%5Etfw">October 20, 2021</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script><br />
Inspecteur royal secret !</p>
<blockquote><p><strong>Les parieurs invétérés comme Seong Gi-hun (Lee Jung-Jae du vrai nom de l’acteur), qui parfois avec un peu de chance réussissent l’épreuve de la traversée de Martissant au quotidien, sont des survivants-morts. Morts à l’intérieur, vides d’émotions, témoins de l’ampleur de la cruauté des hommes, de leurs frères. Ils sont témoins oculaires de la schizophrénie des uns au cynisme des autres.</strong></p></blockquote>
<p>Témoins d’un pays déshumanisé où la notion de l’État est effacée, où le chacun pour soi est la règle, où règne l’absence de solidarité humaine, où les nouveau-nés se font arrachés du ventre de leurs mères par des balles assassines, où l’anus et le vagin d’une femme peuvent être charcutée pour ne faire qu’un seul organe après avoir été violée dans ces deux orifices des dizaines de fois par des dizaines de ‘’san benyen ’’.</p>
<p>Où des autorités, dits de la Police, préfèrent récupérer des carcasses de voitures de l’institution en lieu et place des cadavres de policiers qui ont été victimes lors d’embuscades des bandits et des complots d’hommes politiques véreux.</p>
<p>Ces survivants sont surtout des rescapés, témoins de la cupidité, de la méchanceté et de la barbarie de l’être humain qui est prêt à commettre les pires horreurs et atrocités pour gagner de l’argent et devenir riche et tristement célèbre pour une courte durée. Hélas !</p>
<p>Témoins de l’horreur de ses exécutants aux visages masqués, dont la plupart sont des gamins qui ont pour mission d’appliquer les règles de la tuerie des riches, des hommes politiques et des puissants. Carrées, Cercles, Triangles : tous des exécutants de la même couleur. Des bourreaux prêts à enlever la vie au moindre signe du Chef. Des violeurs, des trafiquants d’organes avec des symboles différents comme signe de hiérarchisation mais avec une même mission. Celle de tuer, de répandre du sang et d’installer la terreur.</p>
<figure id="attachment_6121" aria-describedby="caption-attachment-6121" style="width: 944px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-6121 size-full lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/10/WhatsApp-Image-2021-10-23-at-10.12.17-AM-1.jpeg" alt="" width="944" height="531" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/10/WhatsApp-Image-2021-10-23-at-10.12.17-AM-1.jpeg 944w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/10/WhatsApp-Image-2021-10-23-at-10.12.17-AM-1-300x169.jpeg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/10/WhatsApp-Image-2021-10-23-at-10.12.17-AM-1-768x432.jpeg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/10/WhatsApp-Image-2021-10-23-at-10.12.17-AM-1-640x360.jpeg 640w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/10/WhatsApp-Image-2021-10-23-at-10.12.17-AM-1-320x180.jpeg 320w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/10/WhatsApp-Image-2021-10-23-at-10.12.17-AM-1-480x270.jpeg 480w" sizes="auto" /><figcaption id="caption-attachment-6121" class="wp-caption-text">Illustration de scène dans la série ‘’Squid Game’’. Crédit Photo : Netflix</figcaption></figure>
<p>Une ‘’gangocratie’’ bien ficelée avec des criminels en col blanc, des notables de la diaspora haïtienne mais surtout avec les armes importées des pays puissants qui se disent ‘’amis d’Haïti’’. Tout ceci, pour le bon plaisir des ‘’VIP’’. Ces riches, ces vieux, ces richissimes du troisième âge, aux mains tremblants avec des troubles érectiles, qui veulent qu’une chose « se détendre », mais avec du sang, le sang des pauvres. Tout en espérant que les spectacles macabres peuvent les exciter et faire fuir les honnêtes gens, la réserve saine de ce pays, afin qu’ils puissent être les seuls maîtres et seigneurs des lieux.</p>
<p>Étonnamment, ils sont depuis le début, ceux qui fixent les règles dans les banques, qui empruntent de l’argent aux pauvres, qui investissent dans les restaurants et dépôts alimentaires, qui nourrissent la chaire des pauvres. Ils sont ceux qui participent aux jeux du peuple, qui interviennent à la radio pour proposer des solutions mais qui parallèlement tirent les ficelles et financent les gangs.</p>
<blockquote><p><strong>Face à ces ‘’VIP’’ ultra-organisés, la cupidité qui nous mène sans cesse à la quête irréversible de l’argent, la faute de solidarité, l’ignorance, la primauté de l’individualité sur le collectif, nous mèneront droit en enfer. Ces défaillances nous tueront tous, ou presque.</strong></p></blockquote>
<p>Au terme de cette « série » qu’on nous impose, seul 1% de nous, les plus combatifs et les plus résistants, en sont conscients, pourront peut-être survivre face à cette terreur, et crieront Hourra !</p>
<p>Ensuite ils devront rester éveillés pour qu’il n’y ait pas de nouvel épisode de ce type sur le sol de notre Haïti chérie.</p>
<p><a href="https://twitter.com/home"><strong>Marc-Evens Lebrun</strong></a></p>
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		<item>
		<title>Après l’entrée Sud, l’entrée Nord de la Capitale subit la loi des gangs armés</title>
		<link>https://imediaayiti.com/2021/08/06/apres-lentree-sud-lentree-nord-de-la-capitale-subit-la-loi-des-gangs-armes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Miwatson St Jour]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Aug 2021 20:20:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA["Kafou lanmò" Gang]]></category>
		<category><![CDATA[Cité Soleil]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Martissant]]></category>
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					<description><![CDATA[L’entrée Sud de la capitale haïtienne est partiellement bloquée depuis tantôt deux mois. À la base de cette situation, deux gangs armés rivaux se disputent le contrôle de certains quartiers de la zone. Ces derniers décident du sort de quatre départements géographiques importants. Comme si ce n&#8217;était pas assez, l’entrée Nord est sur le point de connaître le même sort. Le conflit entre des individus armés de « Cité Soleil », de « Terre Noire » et de « Pierre 6 » s&#8217;intensifie depuis le début de cette semaine. Résultat: des morts, des disparus, des blessés ont été enregistrés. Une situation qui impacte négativement sur les...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’entrée Sud de la capitale haïtienne est partiellement bloquée depuis tantôt deux mois. À la base de cette situation, deux gangs armés rivaux se disputent le contrôle de certains quartiers de la zone. Ces derniers décident du sort de quatre départements géographiques importants. Comme si ce n&rsquo;était pas assez, l’entrée Nord est sur le point de connaître le même sort. Le conflit entre des individus armés de « Cité Soleil », de « Terre Noire » et de « Pierre 6 » s&rsquo;intensifie depuis le début de cette semaine. Résultat: des morts, des disparus, des blessés ont été enregistrés. Une situation qui impacte négativement sur les conditions de vie des habitants de ces zones, déjà très précaires.</strong></p>
<p>8heure 25 du matin. À moto, nous empruntons la route nationale #1. Au rond-point de Bon repos, l&rsquo;avalanche des passagers qui poireautent, nous donne une idée de la situation. La station est orpheline des tap-taps et bus qui assurent ordinairement le transport en commun. La circulation est dense. Un bon nombre de riverains, parmi eux des élèves du NS4 en examen officiel font l&rsquo;exercice périlleux: prendre la route à pied. D&rsquo;autres sont contraints de payer un taxi moto à prix fort.<br />
« J&rsquo;en ai marre de cette situation. Cela fait trois jours que je dois marcher des kilomètres à pied pour regagner mon centre d&rsquo;examen, car je n&rsquo;ai pas suffisamment d&rsquo;argent pour me payer une moto », lâche un élève de la terminale, visiblement indigné.</p>
<p>Le tronçon reliant le rond-point au sous-commissariat de Bon Repos indique clairement que les piétons comme les chauffeurs n&rsquo;ont pas la vie facile ici. Elle est dans un piteux état. À part l&#8217;embouteillage, des flaques d&rsquo;eau obligent les motards à engager ce qui resterait comme trottoir, croulé sous de la boue et des tonnes de déchets. Le petit marché surnommé marché croix-des bossales de bon repos » rappelle celui du bicentenaire. Une odeur pestilentielle empeste l&rsquo;air. Une pile d&rsquo;immondices amoindrit la route, compliquant davantage la circulation.</p>
<p>À cause de la situation de terreur qui s&rsquo;instaure sur la route 9, les habitants de l&rsquo;entrée nord du pays évitent cette voie et s&rsquo;orientent vers Shada, Croix-des-missions et Cazeau&#8230; Ces zones reçoivent un flux inhabituel d&rsquo;usagers de la route, ce qui rendrait la circulation aussi difficile. C&rsquo;est en tout cas ce que croit Ronald, chauffeur d&rsquo;autobus. « D&rsquo;ordinaire nous effectuons dix voyages par jour, là nous ne pouvons même pas en réaliser trois », se désole un autre chauffeur le visage dégoulinant de sueur derrière son volant, et assurant le trajet Bons-repos &#8211; Centre-ville. À en croire notre interlocuteur, d&rsquo;autres chauffeurs, en raison du blocus, ont dû bifurquer par Lilavois, Santo, Tabarre pour se rendre au Centre-ville. Ce qui n&rsquo;est pas sans conséquence, car le prix des courses a doublé, nous confie l&rsquo;homme frisant la quarantaine.</p>
<p>De longues files de voitures interminables. La route à deux voies n’en compte plus qu&rsquo;une seule. À carrefour Marin, les bouchons sont encore plus serrés. Des coups de klaxons fusent&#8230;Des motards endiablés serpentent, s&rsquo;entrecroisent, s&rsquo;entrechoquent pour créer une brèche dans cet imbroglio. Deux policiers tentent tant bien que mal de remettre un peu d&rsquo;ordre, une tâche ardue&#8230;</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr">🔵 La police de la Croix-des-Bouquets a stoppé trois (03) présumés bandits suite à des échanges de tirs ce jeudi 05 août 2021, aux environs de 04 heures 26 Pm sur la route nationale #8 entre les rues espagnol et falaise. Ces individus, qui circulaient à bord(1/3) <a href="https://t.co/6LDRpts4Y4">pic.twitter.com/6LDRpts4Y4</a></p>
<p>— PNH (@pnh_officiel) <a href="https://twitter.com/pnh_officiel/status/1423450809874980867?ref_src=twsrc%5Etfw">August 6, 2021</a></p></blockquote>
<p><strong>Sur le chemin du retour&#8230;</strong></p>
<p>1 heure 35 pm. Nous sommes dans un bus à « Carrefour Aéroport ». La gare remplie de gros bus jaunes et de ses occupants, bouillonne sous un soleil de plomb. Nous avons la nouvelle que les hommes armés donnent un répit, qu&rsquo;il y aurait passage sur la route 9. Cependant les plus braves seulement osent s’aventurer sur cette route, de toute vraisemblance. Les gens semblent déjà oublier la mort du Président Jovenel Moïse, car le sujet qui enflamme les débats est  » la guerre entre gangs rivauxqui fait rage à l&rsquo;entrée nord de la capitale ».<br />
L&rsquo;itinéraire habituel: franchir la route de l&rsquo;aéroport en passant par « Trois mains » avant de déboucher sur Carrefour Drouillard. Là, le grand cimetière, l&rsquo;œuvre du dictateur François Duvalier, construit en 1969, semble être l&rsquo;unique empreinte de l&rsquo;État dans cette zone. L&rsquo;antenne de Drouillard est abandonnée par les policiers depuis un mois suite à une attaque d&rsquo;individus lourdement armés qui avaient tout balayé sur leur passage.</p>
<p><strong>Les vivants de « kafou lanmò »</strong></p>
<p>Le chauffeur de l&rsquo;auto-bus refuse Carrefour Vincent pour se diriger vers « Kafou lanmò « , une décision qui soulève un vent de panique dans l&rsquo;engin. Sur les visages des passagers, dans leur voix, l&rsquo;inquiétude et la peur sont palpables. Le vendeur ambulant communément appelé « ajan maketting » qui ventait à tue-tête la qualité des produits pharmaceutique, échappant d&rsquo;ailleurs au contrôle de l&rsquo;État, se tue.<br />
Des voyageurs furieux menacent de s&rsquo;en prendre au chauffeur têtu s&rsquo;il leur arriverait un quelconque malheur.  » On peut nous dépouiller de tout, on s’en fout. Notre argent, nos téléphones, mais dis-toi que tu ne rentras pas vivant chez toi » vocifère un passager, les yeux pétillants de colère. « On te brûlera vif, lance un autre sur un ton cynique, comme pour corroborer son pair.<br />
À Carrefour « lanmò « , le contraste est saisissant. Plus d&rsquo;une dizaine d&rsquo;individus lourdement armés montent la garde dans une maison délabrée au bord de la route, devant laquelle des sacs remplis de terre sont rangés. Deux hommes se dissimulent dans le feuillage verdoyant d&rsquo;un arbre. D&rsquo;autres, apparemment jeunes, torses nues, le visage caché avec des t-shirts, certains à visages découverts se massent dans le carrefour. Un coup de klaxon, un second, un troisième plus retentissant&#8230;pour saluer ces hommes, seuls maîtres des lieux, qui partagent leur emprise avec une insalubrité déconcertante. Une voix masculine lance:  » ale non ».</p>
<p>Le chauffeur démarre en trombe et continue de rouler à vive allure. Carrefour Duvivier présente un visage fantôme. Quelques rares taxilleurs se pointent. Le sous-commissariat, seul symbole étatique, avait connu le même sort que l&rsquo;antenne de Drouillard et de « Station Gonaïves ». L&rsquo;inspecteur divisionnaire Myradel Adolphe a été tué lors de l&rsquo;attaque pour avoir refusé d&rsquo;obtempérer.</p>
<blockquote><p>À Carrefour Canaan 2, des petits détaillants étalent leurs négoces à même la chaussée, à proximité du centre sportif l&rsquo;espoir d&rsquo;Haïti non achevé. L&rsquo;image que présente la configuration de la zone est désolante et met à nue l&rsquo;irresponsabilité de nos dirigeants. À un jet de pierre, Canaan 50 et 70 sont eux aussi pris d&rsquo;assaut par des civils armés qui volent, violent, terrorisent la population en toute quiétude.</p></blockquote>
<p>Faut-il rappeler que Shada, Croix-des-Missions, Butte Boyer sont aussi des zones contrôlées par des hommes armés. Et ces caïds, insatiables, coloniseront chaque parcelle, chaque mètre carré et chaque contré au vu et au su des autorités constituées qui, en lieu et place de mesures drastiques, ont pris cette fâcheuse habitude d’abdiquer par des aveux d’impuissance.</p>
<p>Miwatson St Jour</p>
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		<title>Martissant : les dessous d’une urbanisation anarchique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pharah-Djine Colin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Mar 2021 16:54:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Anarchie]]></category>
		<category><![CDATA[Col Vert]]></category>
		<category><![CDATA[Martissant]]></category>
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					<description><![CDATA[En période pluvieuse, les inondations du quartier de Martissant sont monnaie-courante. Un phénomène qui s’accentue en pleine saison cyclonique. Les inondations provoquées sont souvent lourdes de conséquences. Morts, disparus et blessés s’en suivent. Une autre conséquence sur le quotidien des citoyens est l’embouteillage monstre occasionné. Car, Martissant forme avec deux autres quartiers, une intersection incontournable pour la traversée vers 4 départements. Préoccupées par ce problème, certaines institutions pointent du doigt « un laisser-faire » ayant abouti à une véritable urbanisation anarchique. Le trajet quotidien de Jasmine, étudiante en médecine à la Faculté de Médecine de l’Université d’Etat d’Haïti, dure en...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>En période pluvieuse, les inondations du quartier de Martissant sont monnaie-courante. Un phénomène qui s’accentue en pleine saison cyclonique. Les inondations provoquées sont souvent lourdes de conséquences. Morts, disparus et blessés s’en suivent. Une autre conséquence sur le quotidien des citoyens est l’embouteillage monstre occasionné. Car, Martissant forme avec deux autres quartiers, une intersection incontournable pour la traversée vers 4 départements. Préoccupées par ce problème, certaines institutions pointent du doigt « un laisser-faire » ayant abouti à une véritable urbanisation anarchique.</em></strong></p>
<p>Le trajet quotidien de Jasmine, étudiante en médecine à la Faculté de Médecine de l’Université d’Etat d’Haïti, dure en moyenne 1 h en transport public. Quand il y a embouteillages, elle se voit obligée d’emprunter la route à pied, de Martissant 21 jusqu&rsquo;à la rue de Oswald Durand. Ce qui lui a coûté 2 h de son temps de cours et ses habits propres.</p>
<p>Ce jour-là, sa ponctualité habituelle a été compromise. Elle a même failli rater de peu un examen d&rsquo;anatomie en octobre 2019, quoiqu&rsquo;elle se soit levée tôt. Consternée, elle raconte sa mésaventure : « À cause de l&#8217;embouteillage, il m&rsquo;était impossible de trouver un bus pour m&#8217;emmener à Portail. Je n&rsquo;ai pas eu d&rsquo;autre choix que de marcher, jouer à la marelle dans la boue et de traverser les flaques d’eaux boueuses, car je ne pouvais me permettre de rater un examen à la faculté à cause de la négligence des autorités. « Coute que coute, je devais être présente, car l&rsquo;examen ne se serait pas reporté à cause de moi », souligne la jeune fille pleine de rêve.</p>
<p>Chaussée de basket, elle a parcouru plusieurs kilomètres avec découragement. Accompagnée d&rsquo;une amie, elle était la risée de tous les passants. Cheveux en bataille, habits pleins de boue, des pieds trempés, les deux jeunes étudiantes essayaient tant bien que mal d&rsquo;arriver à leur destination. « Lorsqu&rsquo;on a franchi la barrière de la faculté de Médecine et de Pharmacie (FMP), les autres étudiants se raillaient de nous ». La phrase qui m&rsquo;a la plus affectée, c&rsquo;est quand un étudiant à déclarer que nous venons sûrement de Carrefour vu notre sale tête. « Après toutes les péripéties que nous venions de traverser, j&rsquo;avais pour toute réponse qu&rsquo;un rire forcé », s&rsquo;offusque Jasmine*.</p>
<p>L’histoire de Junior* est tout à fait différente. Cependant, elle est teintée d’autant de mauvais souvenir que celle de Jasmine. Après une inondation au cours du mois de mai 2020, il est resté coincé dans un embouteillage monstre causant la mort du fœtus de sa sœur. Junior devait l’accompagner un hôpital de la place, Asile Français, pour un accouchement forcé. « Normalement, le trajet de Martissant à ce centre hospitalier est de 15 minutes. Or lors de ce bouchon nous avons passé plus d’une heure sur la route de Martissant sans bouger d&rsquo;un poil.</p>
<p>Il était 13 h 45 quand la voiture qui les conduisait en ville était bloquée à Martissant 16 alors qu&rsquo;ils sortaient de Martissant 23. Regarder sa sœur souffrir fut un supplice pour Junior*, visage anxieux et apeuré. Il craint que des contractions viennent compliquer la donne, car elle devait accoucher en urgence. Ils ne voulaient pas rester coincer dans l&#8217;embouteillage pendant encore une heure, désespérés, ils ont payé le service d&rsquo;un chauffeur de moto. Dans un premier temps, le motard ne désirait pas braver les eaux ruisselantes de peur d&rsquo;abîmer son véhicule.</p>
<p>Le trajet à moto leur a coûté les yeux de la tête. Sans plus de difficultés, ils sont arrivés à l&rsquo;hôpital Asile français après une dizaine de minutes, mais trop tard. « Ma sœur a eu des complications, les médecins ont tout fait pour sauver l&rsquo;enfant, malheureusement elle a fait une fausse-couche », lâche Junior avec une once de tristesse dans la voix.</p>
<p><strong>L’embouteillage, une conséquence non-négligeable</strong></p>
<p>Alignés au bord de la route, les commerçants se démêlent pour vendre leurs marchandises, qui sont le plus souvent des vivres alimentaires. « Lorsque la circulation est fluide, je peux effectuer 20 trajets aller-retours durant une journée. Cependant, quand la circulation est dense, je passe plus de trois heures derrière le volant. Ce qui ralentit mes activités pour la journée » se plaint un chauffeur de camionnette frisant la cinquantaine.</p>
<p>Il est fort malheureux de constater que le problème de l&#8217;embouteillage entrave les bénéfices des chauffeurs de la 3e circonscription de Port-au-Prince. Le président du syndicat du Secteur des Transporteurs Terrestres d&rsquo;Haïti (STTH), Changeux Méhu, croit que l&#8217;embouteillage s&rsquo;est aggravé à cause de la mauvaise gestion, par les autorités, des eaux pluviales.</p>
<figure id="attachment_5311" aria-describedby="caption-attachment-5311" style="width: 623px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-5311 size-full lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/IMG-20210302-WA0086-1-4.jpg" alt="" width="623" height="413" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/IMG-20210302-WA0086-1-4.jpg 623w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/IMG-20210302-WA0086-1-4-300x199.jpg 300w" sizes="auto" /><figcaption id="caption-attachment-5311" class="wp-caption-text">Photo de véhicules dans un embouteillage monstrueux à Martissant. /Crédit Photo : Thimoté Jackson</figcaption></figure>
<p><strong>L’inondation récurrente, l’ennemie commune des petites bourses</strong></p>
<p>Sur le boulevard de Harry Truman, non loin de la première avenue Bolosse, se trouve le marché de Martissant. Les commerçants qui occupent les trottoirs et une bonne partie de la rue se démêlent pour écouler leurs marchandises. Chaque week-end, Marianne* s&rsquo;approvisionne en banane au marché de l&rsquo;Arcahaie. En semaine, elle offrait ses produits au marché de Martissant. « Cela fait déjà 5 ans depuis que je m&rsquo;adonne à ce commerce qui m&rsquo;aide à m&rsquo;occuper de mes deux enfants que j&rsquo;ai élevés seule. Les bénéfices ne sont pas élevés, mais je me bats pour joindre les deux bouts », déclare Marianne*, fière.</p>
<p>Cependant en août 2020, lors du passage du cyclone Laura, Marianne a encaissé une énorme perte sur ses marchandises. Des eaux en furie ont emporté l&rsquo;une de ses cuvettes remplies de bannes, qui a atterri dans un égout à ciel ouvert qui se trouvait juste en face. « Je savais qu&rsquo;il y avait une tempête dans les parages, je ne pouvais me permettre de rester à la maison, qu&rsquo;est-ce que je donnerais à manger à mes enfants. Je me suis déplacée pendant quelques minutes, j&rsquo;ai quand même demandé à une voisine de surveiller mes marchandises. Et la pluie commençait à tomber, les commerçants se hâtaient de ramasser les leurs. En revenant sur les lieux, j&rsquo;ai assisté impuissante la cuvette de marchandise atterrir dans un égout », explique la commerçante l’air résigné.</p>
<p><strong>Gouvernance et planification urbaine, un défi majeur </strong></p>
<p>À la moindre averse, plusieurs zones le quartier de Martissant est sous les eaux. Selon une enquête qui a été menée dans le cadre d&rsquo;un projet de la Minustah en 2012 à Martissant, à chaque averse, des centaines de maisonnettes sont inondées. Parce que des canaux servant de dépotoirs à ordures ne peuvent favoriser le passage de l&rsquo;eau. Les canaux secondaires sont aussi négligés à cause de leur inaccessibilité aux poids lourds des services de ramassage d’ordures. Pourtant, le drainage et le curage des canaux sont à considérer dans le plan d&rsquo;urbanisation d&rsquo;une ville, plus précisément dans la gestion des eaux pluviales.</p>
<figure id="attachment_5312" aria-describedby="caption-attachment-5312" style="width: 623px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5312 size-full lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/IMG-20210302-WA0087-1-4.jpg" alt="" width="623" height="413" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/IMG-20210302-WA0087-1-4.jpg 623w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/IMG-20210302-WA0087-1-4-300x199.jpg 300w" sizes="auto" /><figcaption id="caption-attachment-5312" class="wp-caption-text">Des passants traversant la rue principale devant le commissariat de Martissant : / Crédit Photo : Thimoté Jackson</figcaption></figure>
<p><strong>Des organisations dénoncent et proposent.</strong></p>
<p>Col-Vert est une association œuvrant pour la protection, la promotion, la prévention et la réhabilitation de l&rsquo;Environnement. Le Président de l&rsquo;association Lionel Edouard, a fait savoir que : « La lutte à travers le monde pour la préservation de l&rsquo;environnement s&rsquo;inscrit dans une logique de campagne d&rsquo;information et d&rsquo;éducation publique ». « En outre, l&rsquo;urbanisation est un élément important dans la protection de l&rsquo;environnement, car l&rsquo;aménagement du territoire est l&rsquo;un des paramètres fondamentaux à prendre en compte pour éviter la dégradation de l&rsquo;espace », poursuit-il. C&rsquo;est pourquoi, ajoute M. Edouard, Col-Vert est préoccupé par les inondations à Martissant. « Elles sont une source de préoccupation pour tous les citoyens conscients de la fragilité environnementale d&rsquo;Haïti et en particulier ceux qui œuvrent pour la protection et la réhabilitation de l&rsquo;environnement. C&rsquo;est l&rsquo;illustration parfaite de la fragilité du pays qui est vulnérable aux multiples aléas météorologiques et quel que soit le lieu considéré », précise le Président de Col-Vert.</p>
<p>En tant qu&rsquo;Association protecteur de l&rsquo;environnement, Col-Vert propose des solutions. « Les solutions ponctuelles ont montré leurs limites. Il faut donc aller plus loin que les interventions d&rsquo;urgence en élaborant un projet de société qui prend en compte l&rsquo;environnement comme paramètre fondamental de l&rsquo;équilibre et de fonctionnement de la société », ajoute Lionel Edouard qui est aussi un journaliste de carrière.</p>
<p>Urbayiti travaille aussi dans la structuration légale du secteur urbain. Réfléchissant sur la résilience des populations urbaines à travers l&rsquo;amélioration de la gestion et de la qualité de vie des villes, l&rsquo;Etat Haïtien en collaboration avec l&rsquo;Union Européenne a mis sur pied le programme Urbayiti.</p>
<p>« Ce programme s&rsquo;étend sur une durée de 60 mois du 7 décembre 2017 jusqu&rsquo;au 6 décembre 2022 dans les villes de Port-au-Prince, les Cayes et Jérémie. 23 millions d’euros du financement de ce projet colosal sont dédiés à la réalisation de travaux d&rsquo;aménagement urbain, et aussi au profit de la gestion des eaux pluviales et de la création d&rsquo;espaces publics » explique, Jean Léon Beaubœuf, qui présentait la mission de UrbAyiti.</p>
<p>Pour un pays placé de manière permanente sur la trajectoire habituelle des cyclones, mieux construire, donc élaborer et appliquer un plan d’urbanisation digne de ce nom pour les villes, aidera Haïti à se démarquer des lourds bilans humains et matériels causés par les catastrophes naturelles. Mais cet objectif ambitieux, peine à prendre corps, alors qu’elle fait partie intégrante des Objectifs de Développement Durables (ODD) pour lesquels Haïti a pris des engagements devant des États du monde entier. Urbayiti, est-il un début de réponse structurante ?</p>
<p>Rédacteurs :<a href="https://instagram.com/djune97?igshid=19vpwaiuyv42q"> Phara-Djine Colin</a> et <a href="https://twitter.com/JustinGilles4?s=08">Justin Gilles</a>.</p>
<p><strong><em>*Dans le cadre de ce travail, des noms d&#8217;emprunts ont été donnés par mesure de sécurité à des personnes interviewées qui voulaient garder l’anonymat. </em></strong></p>
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