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	<title>Malade &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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	<description>Plus loin que l&#039;actualité</description>
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	<title>Malade &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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		<title>Haïti : Quand les médecins sont kidnappés ou tués, les malades paient le prix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Miwatson St Jour]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Oct 2022 20:37:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Gangs armés]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Kidnapping]]></category>
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					<description><![CDATA[Entre février 2021 et juillet 2022, 14 médecins ont été tués ou kidnappés à Port-au-Prince selon l’Association Médicale Haïtienne (AMH). Pourtant, le nombre de personnel de santé qui desservent la population haïtienne, soit 5,9 médecins pour 10 mille habitants, est en dessous du seuil recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Résultats : les patients succombent par milliers faute de médecins pour les soigner. 15 août 2021. Kénia Saint Jacques est décédée. Son bébé ne verra pas non plus le jour. Le docteur Hervé Chéry qui devait pratiquer la césarienne de la jeune fille pour mettre au monde son...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Entre février 2021 et juillet 2022, 14 médecins ont été tués ou kidnappés à Port-au-Prince selon l’Association Médicale Haïtienne (AMH). Pourtant, le nombre de personnel de santé qui desservent la population haïtienne, soit 5,9 médecins pour 10 mille habitants, est en dessous du seuil recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Résultats : les patients succombent par milliers faute de médecins pour les soigner.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">15 août 2021. Kénia Saint Jacques est décédée. Son bébé ne verra pas non plus le jour. Le docteur Hervé Chéry qui devait pratiquer la césarienne de la jeune fille pour mettre au monde son bébé, a été enlevé. Les minutes au goût d’éternité n’ont pas joué en faveur de la femme enceinte qui souffrait affreusement. Elle a fait une crise d’éclampsie. Elle est morte. Les ravisseurs, trop occupés à négocier la rançon du médecin, 300 mille dollars américains, n’ont probablement pas pensé à la femme agonisante, lâchant petit à petit les bras de la vie. Une mort tragique. Le médecin gynécologue a été kidnappé alors qu’il était en chemin pour opérer et tenter de sauver la vie de Kenia et celle de son enfant à l’hôpital DASH. Ce ne sera jamais fait. Les bourreaux ont décidé autrement. Ils ont en quelque sorte tué Kénia et son bébé en séquestrant leur sauveur, sans le savoir. « Un acte odieux et une grande perte pour la famille St Jacques », déplore la petite sœur de la défunte Adeline Saint Jacques.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>À chaque fois qu’un médecin est victime d’actes d’insécurité, il s’agit d’un double supplice. Les patients en font carrément les frais quand des centres médicaux privés et publics, en signe de protestation, font la grève ou baissent tout simplement leurs rideaux de fer. Comme conséquences : des malades faute de soins meurent par dizaine, voire par centaine. </strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le médecin Frantz Larson de la DASH en est bien conscient : « Quand les bandits attaquent les personnels de santé, c’est toute la chaîne qui est paralysée. À côté des impacts directs sur les malades, cela impacte gravement la société en général ». </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>« Quand nous rencontrons des cas de kidnapping sur les personnels de santé, nous sommes obligés d’effectuer un arrêt de travail. Non seulement, en signe de solidarité avec la victime, mais aussi en vue d’atténuer les chocs psychologiques de ces forfaits sur le reste du personnel » confie le médecin visiblement apeuré.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le toubib reconnaît que ces arrêts ne sont pas sans conséquences sur la vie des patients. Toutefois, il rappelle que les médecins sont avant tout des humains faits de chair, de sang et d’émotions. « Nous ne sommes pas toujours capables de travailler avec une arme sous la tempe ou avec l’absence d’un collègue séquestré, dont le rôle peut être crucial dans une intervention. Un médecin a besoin d’un environnement sain pour effectuer une intervention et soigner un malade » souligne-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Terreur et rançon…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas la souffrance des victimes qui arrêteront les malfrats dans leurs menées sordides, pas même un tremblement de terre. Alors qu’un séisme de magnitude 7.2 a frappé le grand Sud d’Haïti, et engendré des centaines de morts et des milliers de blessés, des médecins généralistes et orthopédistes appelés au chevet des sinistrés qui ont des os cassés sous les décombres, se font kidnapper. Un moment où la présence des soignants s’avère plus qu’une urgence. C’est le cas de l’orthopédiste Alexandre Workens, directeur adjoint de l’OFATMA qui mobilisait son équipe afin de voler au secours des victimes du tremblement de terre. Le médecin n’ira pas sauver des vies. Il est pris en otage, un jour après le séisme. Et, les ravisseurs réclament une forte somme d’argent, 500 mille dollars américains en échange de sa libération. Qui pis est, des médecins résidents à pied d’œuvre dans un Sud en lambeaux menacent de suspendre tant que le professeur Alexandre n’aura pas été libéré. En attendant les négociations, les blessés, femmes, enfants, handicapés du grand Sud, agonisent. Ils paient le lourd tribut de la rançon au prix de leur vie. « Comment pouvons-nous exiger à des médecins de sauver des vies sous des décombres alors qu’au même moment, la vie de quelques membres de leurs équipes est à la merci de bourreaux sans foi ni loi », s’interroge Dr Larson.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1008" height="756" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/1653391540-Kidnapping.jpg" alt="" class="wp-image-7156 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/1653391540-Kidnapping.jpg 1008w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/1653391540-Kidnapping-300x225.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/1653391540-Kidnapping-768x576.jpg 768w" sizes="auto" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Coup de massue : l’Hôpital Médecins sans frontières ferme ses portes après 15 ans de services dans la zone. Guerre des gangs oblige. Entre-temps, les blessés de ce conflit armé, parmi eux, des femmes et des enfants qui se comptent par centaine sont livrés à leur triste sort. Pire, les sinistrés du tremblement de terre du 14 août ne pourront pas non plus compter sur l’expertise de ces médecins qui ne peuvent plus mettre les pieds à Martissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les hôpitaux, les cabinets médicaux, cibles des bandits…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La corporation médicale est dans la bouche du diable. La liste de médecins enlevés ou tués s’allonge au quotidien. Le Docteur Ernst Paddy a été froidement abattu devant sa clinique sous les yeux impuissants des riverains et passants alors qu’il s’apprêtait à procurer des soins à un patient. Des gangsters qui ont voulu le kidnapper l’ont descendu d’une balle en pleine tête, car le médecin, âgé, avec une canne, ne pouvait pas obéir aux ordres des kidnappeurs au rythme exigé. Une perte énorme pour le secteur de la santé, pour les enfants en particulier, car M Paddy était un pédiatre dans l’âme. La directrice exécutive de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUE), Jessy Colimon Adrien, reconnaît que cette situation angoissante peut avoir un impact négatif sur la qualité des services que les médecins fournissent à la population. « Ces enlèvements, dont la corporation est victime, affectent grandement les membres. Le plus dur, c’est qu’à chaque fois un médecin est victime, après sa libération, il fait son retrait », regrette Mme Adrien</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les péripéties des personnels médicaux ne font que commencer. Ce secteur est désormais la proie favorite et facile des ravisseurs de tout poil et tout acabit. Le 25 février 2022, le Dr Martial Piard, dentiste et anesthésiologiste a connu le même sort que ses collègues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une semaine plus tard, le gynécologue Pierre Boncy et l’urologue Michel D’Alexis seront eux aussi kidnappés, au sein même de leur cabinet médical. Des hommes vêtus d’uniformes de police ont fait irruption dans le cabinet et ont emporté les disciples d’Hypocrate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un mois plus tard, soit le 3 avril 2022, le docteur Jean Philipe, moins chanceux, sera tué lors d’une tentative de kidnapping, tout comme le dentiste Mackindi Guerrier un an avant. Alors que l’enlèvement du docteur Jacques Pierre Pierre de l’HUEH, survenu le 17 mai 2022 à la ruelle Waag, au cœur de Port-au-Prince, soulèvera une vague d’indignation et de mouvements de protestation.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/Photo-1-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-7157 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/Photo-1-1024x682.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/Photo-1-300x200.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/Photo-1-768x512.jpg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/Photo-1.jpg 1081w" sizes="auto" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La médecin Benetty Augustin elle, a été kidnappée une semaine avant le Dr Pierre Pierre. S’en suivait la fermeture des hôpitaux St Luc et Saint Damien de Tabarre, en signe de solidarité et expression de leur ras-le-bol démesuré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De ce tableau macabre, l’image choquante de l’infirmière Virgile Lorna-Rose Fils-Aimé restera longtemps encore dans les esprits. La cinquantenaire a été tuée à bord d’une ambulance qui transportait des médicaments à la clinique Jean Wilfrid Albert où elle travaille. Elle a accepté de traverser Martissant, la vallée de la mort, pour sauver des vies. Elle y est restée. Une balle lui a transpercé la nuque avant d’ouvrir son crâne au moment où les caïds de Martissant ont fait feu sur le véhicule le 5 juillet 2022.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Protester et solutionner</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Conscients que les grèves et les fermetures signent en quelque sorte l’arrêt de mort des malades, des médecins et associations médicales optent pour d’autres formes de revendication. Le secrétaire de l’Union des Médecins Haïtiens Pierre Eliode préconise d’attaquer le problème en Amont. « Il faut que toutes les corporations du pays et les citoyens secouent l’État afin de le tirer de sa torpeur, et ensuite éduquer les gens sur le rôle crucial que joue un médecin dans une société », soutient le toubib. La directrice Exécutive de L’HUEH abonde dans le même sens, tout en affirmant que d’autres méthodes en faveur des malades sont en train d’être étudiées.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="768" height="1024" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-08-14-at-22.58.53-2-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-7158 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-08-14-at-22.58.53-2-768x1024.jpeg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-08-14-at-22.58.53-2-225x300.jpeg 225w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-08-14-at-22.58.53-2.jpeg 780w" sizes="auto" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays comme Haïti où statistiquement 5 médecins desservent environ 10 milles habitants, un docteur ne meurt jamais seul. Son décès ou son malheur entraîne à coup sûr des dégâts innombrables au sein de la société. La chute provoquée d’un médecin est catastrophique pour la population. Kidnapper, martyriser ou tuer un médecin, c&rsquo;est priver 10 mille haïtiens de soins de santé qui est déjà un luxe dans ce pays de manque. Réduire au silence ne serait-ce qu’un seul membre de cette catégorie, c’est stopper l’horloge de vie de beaucoup avant la lettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Miwatson Stjour&nbsp;</strong></p>



<figure class="wp-block-table"><table><tbody><tr><td></td><td>RépondreTransférer</td></tr></tbody></table></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><a target="_blank" href="https://drive.google.com/u/0/settings/storage?hl=fr-CA&amp;utm_medium=web&amp;utm_source=gmail&amp;utm_campaign=storage_meter&amp;utm_content=storage_very_high" rel="noreferrer noopener"></a></p>
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		<title>Stéphanie Sérélus, toute une vie dédiée à la cause des malades graves</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Luckson SAINT-VIL]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Mar 2021 19:32:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Cancer]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
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		<category><![CDATA[RJPH]]></category>
		<category><![CDATA[Stéphanie Sérélus]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis 2018, Stéphanie Sérélus, 31 ans, vole au secours des personnes développant de graves complications liées à une maladie. Avec sa structure dénommée Regroupement des Jeunes Perspectifs d’Haïti (RJPH), la jeune dame, à travers des SOS lancés sur les réseaux sociaux, a permis à une dizaine de personnes de subir des interventions chirurgicales. Des opérations qui valaient la peine et qui ont contribué à sauver des vies. Coup de projecteur sur cette femme qui agit dans l’ombre et loin des caméras… Mardi 2 mars 2021. Stéphanie Sérélus a appris une mauvaise nouvelle. Elle vient de perdre un être cher, une...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Depuis 2018, Stéphanie Sérélus, 31 ans, vole au secours des personnes développant de graves complications liées à une maladie. Avec sa structure dénommée Regroupement des Jeunes Perspectifs d’Haïti (RJPH), la jeune dame, à travers des SOS lancés sur les réseaux sociaux, a permis à une dizaine de personnes de subir des interventions chirurgicales. Des opérations qui valaient la peine et qui ont contribué à sauver des vies. Coup de projecteur sur cette femme qui agit dans l’ombre et loin des caméras…</strong></p>
<p>Mardi 2 mars 2021. Stéphanie Sérélus a appris une mauvaise nouvelle. Elle vient de perdre un être cher, une amie, une personne pour qui elle a consenti, par le passé, d&rsquo;énormes sacrifices. Julia Jean qui souffrait d’un cancer du cerveau, figurait sur la liste des malades supportés par Stéphanie et son regroupement. « Dim se pa vre non mezanmi. Oh ! Julia mon amour cherim, konsa mwen pèdi kouraj mwen vre&#8230; » Après plus de 2 ans et en dépit des SOS et les multiples tentatives du Regroupement des Jeunes Perspectifs d’Haïti, le cancer dont souffrait cette mère de 2 enfants a eu gain de cause.</p>
<p>Avant sa mort, Mme Sérélus et son équipe, avec le support de certains citoyens de bonne volonté, avaient permis a Julia de se rendre à Cuba pour une intervention chirurgicale. En raison de la complication de la maladie, les médecins Cubains ont choisi de faire l’opération. « Yo te di li pap ka opere paske maladi a gentan atake sèvo l. Sil opere lap mouri nan operasyon an », avaient déclaré les professionnels de santé à La Havane. De retour en Haïti, Julia, originaire de Gros-morne, s’en était remise à la providence.</p>
<p>« 2 lane aprè, maladi a pa bal legen. Li ale avèl… », regrette Stéphanie Sérélus, les larmes aux yeux. Le décès de Julia Jean, a certes affecté la responsable du RJPH, mais saurait affaiblir la détermination qui poursuit ses actions en faveur des personnes vivant avec des maladies complexes en Haïti.</p>
<p><strong>« Sauver des vies », un engagement citoyen</strong></p>
<p>Depuis plusieurs années, Stéphanie Sérélus se lance dans une véritable bataille pour sauver la vie de ceux et celles souffrant de grave maladie et qui sont dépourvus de moyens économiques. Bien avant la création de son association en avril 2019, la journaliste de Radio Kingdom FM sur son compte Facebook et sur la page de RJPH, lance souvent des SOS. Sur des photos et/ou des vidéos publiées, on peut apercevoir des enfants, des jeunes et des adultes, avec des formes de tumeurs graves, des cas d’exophtalmie (sortie anormale des yeux de l’orbite), des cancers du sein, des déformations physiologiques, des anomalies physiques de toutes sortes qui nécessitent des interventions urgentes.</p>
<p>Au-delà de la plaisanterie, le compte Facebook de Stéphanie aide à atteindre un but et à servir une cause. La professionnelle en maquillage lance des appels au secours, parte à la recherche de financement, afin de sauver la vie et aider les malades qui souvent ne peuvent pas obtenir des spéciaux et adaptés en Haïti. Hormis les publications, la responsable du RJPH se rend chez les victimes, les accompagne dans les rendez-vous médicaux jusqu’au jour de l’opération. A l’aide d’un partenariat développé avec l’Hôpital Bernard Mevs, Mme Sérélus facilite la réalisation de ces interventions chirurgicales qui, en temps normal, coute aux familles les yeux de la tête.</p>
<p>Pour répondre aux exigences, Stéphanie n’utilise pas seulement la plate-forme Facebook. Dans des médias de Port-au-Prince, elle attire l’attention de la société sur cette catégorie de malades qui demandent de l’aide. Via des numéros de téléphone partagés sur les réseaux sociaux, la jeune femme collecte des fonds. Des citoyens de bonne volonté tant en Haïti qu’à l’étranger répondent toujours à l’appel qualifiant de bon samaritain le # 1 de RJPH.</p>
<p>A mesures que les publications et les interventions dans la presse se multiplient, sa liste des personnes souffrant de complication médicales augmente. « De 2018 à nos jours, une dizaine de personnes ont été assistée, mais trois (3) d’entre eux n’ont pas survécu », informe-t-elle.</p>
<p><figure id="attachment_5361" aria-describedby="caption-attachment-5361" style="width: 720px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5361 size-large lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/WhatsApp-Image-2021-03-08-at-11.57.27-AM-e1615230786369-778x1024.jpeg" alt="" width="720" height="948" /><figcaption id="caption-attachment-5361" class="wp-caption-text">Julia Jean, qui souffrait d’un cancer du cerveau en compagnie de deux proches dont Stéphanie Sérélus</figcaption></figure></p>
<p><strong>Sa motivation</strong></p>
<p>Haïti fait face à une absence d’infrastructure sanitaire. De plus, de nombreuses familles ne disposent pas de moyens économiques pour répondre à des problèmes médicaux. « C’est ce qui en quelques sorte, motive mes actions. Ces gens sont très vulnérables et souffrent amèrement. Je me trouve dans l’obligation de les assister », déclare Stéphanie précisant qu’elle n’a reçu aucun financement privé ou publique.</p>
<p>Par cette démarche, Stéphanie dit vouloir redonner le sourire et la joie de vivre à ces gens. De ce fait, elle se dit prête à consentir de grands sacrifices. Durant les trois (3) ans de combat et d’engagement pour la cause des malades, des cas resteront graver dans sa mémoire. Selon elle, ce qui fait son bonheur, c&rsquo;est de voir les malades libérés de leurs souffrances et retrouver le sourire.</p>
<p>« Mwen raplem Marvens, yon ti gason ki te gen 3 mwa, ki te gen yon chè nan jel, ki te bouche je a nèt. Anviwon 3 lane aprè mwen te edel pou l te fè operasyon, ti gason sa kounya ka wè nan je a. Mwen kontan poze yon aksyon ki ka fè yon lòt souri », raconte-t-elle l’air satisfaite.</p>
<p><figure id="attachment_5362" aria-describedby="caption-attachment-5362" style="width: 720px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-5362 lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/WhatsApp-Image-2021-03-08-at-1.17.30-PM-1-300x300.jpeg" alt="" width="720" height="720" /><figcaption id="caption-attachment-5362" class="wp-caption-text">Illustration dune personne malade, récipiendaire de RJPH</figcaption></figure></p>
<p><strong>Un engagement non sans difficultés</strong></p>
<p>Durant ses actions, Stéphanie Sérélus bute souvent sur des contraintes. « Lancer un SOS représente pour moi un véritable défi. Parfois, je ne vois aucune issue. Mais je le fais quand même, avec espoir de sensibiliser les gens », confie la journaliste. Les difficultés débutent à partir de la plateforme Facebook qui met des restrictions pendant plusieurs semaines sur certaines images jugées « choquantes ». Malgré tout, les publications sont partagées par des dizaines d’internautes haïtiens qui embrassent la cause.</p>
<p>Hormis les réseaux sociaux, les difficultés sont également d’ordre logistique. « Je n’ai pas de voiture. Pour emmener les malades à l’Hôpital, particulièrement vers les villes de province, j’utilise souvent le transport en commun », témoigne Stéphanie Sérélus. Dans les centres hospitaliers (publics ou privés), elle souligne que la situation est encore plus difficile. « Parfois, je me sens impuissant face à la souffrance des malades. Le manque de soins dans les hôpitaux est l’un des obstacles majeurs ». Aussi, la jeune femme fait état de critiques et de mauvais commentaires venant même des familles bénéficiaires. Men sa pa dekouraje nou. Nap kontinye sakrifye nou poun sove lavi sila yo ki pa kapab yo… », insiste-t-elle.</p>
<p>Malgré les difficultés rencontrées, Mme Sérélus n’entend pas baisser les bras et compte poursuivre ses actions en faveur de cette catégorie, abandonnée parfois par leurs proches. A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, la Présidente du RJPH lance un message aux jeunes filles d’Haïti : « Je vous invite à prendre au sérieux votre éducation qui est la clé du succès. Assurez-vous d&rsquo;avoir une profession pouvant vous aider personnellement et votre communauté&#8230; »</p>
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