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	<title>Gangs armés &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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	<description>Plus loin que l&#039;actualité</description>
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	<title>Gangs armés &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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		<title>La Capitale haïtienne tremble sous la puissance de feu des gangs armés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Wandy Charles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Mar 2023 18:21:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Armes]]></category>
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					<description><![CDATA[Décidément les bandits armés n’ont pas de limite ni dans leurs actions macabres ni en termes de territoire. Ils ont montré, ces derniers jours, leur suprématie face à un Etat moribond et une police sans inspiration. Il n’y a plus de quartiers résidentiels ni de zone verte, en Haïti toutes les zones sont rouges. Les derniers assauts des bandes armées dans plusieurs endroits de la Capitale l’illustrent bien. Carrefour, Centre-ville, Delmas, Pétion-ville, Tabarre et Route de Frères… aucune zone n’est épargnée. Qu’il s’agisse d’affrontement entre gang rivaux ou avec les forces de l’ordre, des assauts contre les commissariats, la perpétration...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Décidément les bandits armés n’ont pas de limite ni dans leurs actions macabres ni en termes de territoire. Ils ont montré, ces derniers jours, leur suprématie face à un Etat moribond et une police sans inspiration. Il n’y a plus de quartiers résidentiels ni de zone verte, en Haïti toutes les zones sont rouges. Les derniers assauts des bandes armées dans plusieurs endroits de la Capitale l’illustrent bien.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Carrefour, Centre-ville, Delmas, Pétion-ville, Tabarre et Route de Frères… aucune zone n’est épargnée. Qu’il s’agisse d’affrontement entre gang rivaux ou avec les forces de l’ordre, des assauts contre les commissariats, la perpétration des actes de kidnapping ou encore le massacre de paisibles citoyens, les malfrats imposent leurs lois à Port-au-Prince.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fuir ou crever</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’instar des habitants de Fontamara, Martisant, ceux de Nazon, Christ-Roi, Solino ont dû fuir leur zone pour échapper à la terreur des gangs. Ils ont quitté leur demeure dans l’urgence. Certains, accompagnés d’enfants en bas âge, n’ont pu rien emporter. Leur vie étant plus importante que tout le reste.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/e5c560d6-3b30-44dd-b38d-12ed8030225e-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7513 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/e5c560d6-3b30-44dd-b38d-12ed8030225e-1024x683.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/e5c560d6-3b30-44dd-b38d-12ed8030225e-300x200.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/e5c560d6-3b30-44dd-b38d-12ed8030225e-768x512.jpg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/e5c560d6-3b30-44dd-b38d-12ed8030225e.jpg 1280w" sizes="auto" /><figcaption>Illustration de résidents de Solino qui ont dû fuir leur zone pour échapper à la terreur des gangs. Crédit Photo : Ralph Tedy Erol/Ted&rsquo;Actu</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Mimose, 36 ans habitait Nazon. La jeune fille, fuyant la violence armée qui règne dans son quartier, a atterri au marché de Puit-Blain avec deux de ses enfants. Un troisième,&nbsp;le plus âgé, avait pris le devant. Elle est jusqu’à présent sans nouvelle de lui. «&nbsp;Je ne sais pas où aller. Je ne connais personne ici. J’ai tout laissé là-bas. Qu’est-ce je vais faire&nbsp;?&nbsp;», S’interroge Mimose essayant difficile de contenir ses larmes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Comme elle, des dizaines de familles ont abandonné leur maison en catastrophe hier jeudi 2 mars 2023, dans le centre-ville de Port-au-Prince, à cause des crépitements d’armes automatiques. Angoissés et terrifiés face aux menées subversives dont seuls ses truands ont le secret, les gens fuient, courent. Une course pour la survie. Mais quelle survie, quand on sait qu’aucun quartier n’est à l’abri. Alors que le bas de la ville fait peur, dans les hauteurs de Pétion-ville, les riverains ne sont pas mieux lotis.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pas plus tard qu’hier, des bandits armés, non identifiés ont incendié, le Sous-Commissariat de Fort-Jacques, dans la Commune de Pétion-Ville. Les dégâts sont considérables. Des voitures et des motocyclettes ont été incendiées et le bâtiment est méconnaissable. L’action est l’œuvre du gang « Kraze Baryè » de Vitelhomme Innocent qui  avait assassiné cinq policiers à Métivier à la mi-janvier 2023.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/WhatsApp-Image-2023-03-04-at-11.15.50-AM-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-7515 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/WhatsApp-Image-2023-03-04-at-11.15.50-AM-1024x683.jpeg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/WhatsApp-Image-2023-03-04-at-11.15.50-AM-300x200.jpeg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/WhatsApp-Image-2023-03-04-at-11.15.50-AM-768x512.jpeg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/WhatsApp-Image-2023-03-04-at-11.15.50-AM.jpeg 1280w" sizes="auto" /><figcaption>La puissance des gangs armés à Port-au-Prince pousse des femmes à fuir de leur maison avec leur nourrisson. Crédit Photo : Ralph Tedy Erol/Ted&rsquo;Actu</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">A Frères, quartier de la commune de Pétion-ville, la situation n’est pas différente. La peur, le stress et l’inquiétude d’être victime d’une éventuelle invasion des gangs se lisent sur le visage des riverains. Et pour cause, les habitants de Corlette connaissent des moments difficiles depuis hier, jeudi 2 mars. Un groupe d’hommes armés ont envahi la zone et ont commencé à tirer dans toutes les directions. Aucun blessé par balles n’a été signalé, mais cette irruption violente a fait des victimes. En plus, de l’anxiété généré par cette attaques, des impacts de balles sont constatés sur des maisons et des véhicules stationnés devant ou à l’intérieur de celles-ci.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/9fdea617-53de-4e38-b3e4-ead86a193e03-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-7512 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/9fdea617-53de-4e38-b3e4-ead86a193e03-1024x682.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/9fdea617-53de-4e38-b3e4-ead86a193e03-300x200.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/9fdea617-53de-4e38-b3e4-ead86a193e03-768x511.jpg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/9fdea617-53de-4e38-b3e4-ead86a193e03.jpg 1280w" sizes="auto" /><figcaption>Sous le crépitement des armes, cette résidente de Solino tente de s&rsquo;échapper à la terreur des gangs. Crédit Photo : Ralph Tedy Erol/Ted&rsquo;Actu</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les bandits s’en prennent aux membres des forces de l’ordre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce même 2 mars 2023, à la ruelle Rivière, le commissaire principal de la Police de Port-au-Prince a été pris pour cible par des hommes lourdement armés. Luckner Dumond est sorti blessé dans cette  attaque et son véhicule criblé de balles. A croire que les bandits n’ont pas de limite. Ils s’attaquent à qui ils veulent, même au symbole d’autorité. D’ailleurs, plusieurs policiers administratifs, des membres d’unités spécialisées et même des hauts gradés ont déjà fait les frais de la machine infernale de l’insécurité qui broie tout sur son passage.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/4a16f498-96ae-4a87-bc53-82813441131b-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-7511 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/4a16f498-96ae-4a87-bc53-82813441131b-1024x682.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/4a16f498-96ae-4a87-bc53-82813441131b-300x200.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/4a16f498-96ae-4a87-bc53-82813441131b-768x511.jpg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/4a16f498-96ae-4a87-bc53-82813441131b.jpg 1280w" sizes="auto" /><figcaption>Illustration d&rsquo;une personne âgée qui tente de s&rsquo;échapper à la terreur des gangs. Crédit Photo : Ralph Tedy Erol/Ted&rsquo;Actu</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Sans être inquiétés, les malfrats placent la barre plus haute de jour en jour. Comme s’ils jouaient à établir des records. Pour démontrer leur « puissance », Ils s’en sont pris à un ancien Secrétaire d’État à la Sécurité Publique. Ironie du sort.  Sébastien Jean Charles ainsi que l’une de ses filles ont été enlevés à Port-au-Prince, ce vendredi 3 mars, alors qu’il emmenait sa fille à l’école.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/WhatsApp-Image-2023-03-04-at-11.15.34-AM-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-7514 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/WhatsApp-Image-2023-03-04-at-11.15.34-AM-1024x682.jpeg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/WhatsApp-Image-2023-03-04-at-11.15.34-AM-300x200.jpeg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/WhatsApp-Image-2023-03-04-at-11.15.34-AM-768x511.jpeg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/03/WhatsApp-Image-2023-03-04-at-11.15.34-AM.jpeg 1280w" sizes="auto" /><figcaption>Une population qui fuit ; une police qui tente de résister face à la super-puissance des gangs armés à Port-au-Prince. Crédit Photo : Ralph Tedy Erol/Ted&rsquo;Actu</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Qui est à l’abri&nbsp;en Haïti&nbsp;? Qui sera la prochaine victime d’une balle perdue, d’un rapt, d’un assassinat ou d’un braquage&nbsp;? En tout cas, le jeune avocat Jerry Syverain, kidnappé à Port-au-Prince le&nbsp; 17 février dernier, se veut lucide&nbsp;: «&nbsp;Face à l’inaction ou l’amateurisme des autorités compétentes, nous sommes tous vulnérables&nbsp;». Ce n’est qu’une question de temps&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Wandy Charles</strong></p>
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		<item>
		<title>Haïti : Une population meurtrie, à genoux face aux atrocités des gangs armés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mederson ALCINDOR]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Feb 2023 16:43:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Armes]]></category>
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		<category><![CDATA[Gangs armés]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Insecurite]]></category>
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					<description><![CDATA[Le spectre du kidnapping, de l’insécurité en général, rend Haïti méconnaissable. Ces 5 dernières années, ces actes d’atrocités ont atteint leur paroxysme et ne sont pas sans conséquence sur le mental des citoyens. Ils affectent leur santé tant physique que psychologique. Les enfants et les femmes sont les catégories les plus touchées étant considérées comme les cibles privilégiées des malfrats de tout poil et de tout acabit. L’enfance volée Cédric est âgé de 11 ans. Il est en 6ème Année Fondamentale. Ce petit garçon habite Canaan, une zone rouge, située à l’entrée Nord de Port-au-Prince où les gangs armés pullulent...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le spectre du kidnapping, de l’insécurité en général, rend Haïti méconnaissable. Ces 5 dernières années, ces actes d’atrocités ont atteint leur paroxysme et ne sont pas sans conséquence sur le mental des citoyens. Ils affectent leur santé tant physique que psychologique. Les enfants et les femmes sont les catégories les plus touchées étant considérées comme les cibles privilégiées des malfrats de tout poil et de tout acabit.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’enfance volée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cédric est âgé de 11 ans. Il est en 6ème Année Fondamentale. Ce petit garçon habite Canaan, une zone rouge, située à l’entrée Nord de Port-au-Prince où les gangs armés pullulent et imposent leurs lois. Ils, violent, pillent et terrorisent la population jour et nuit sans être, eux-mêmes, inquiétés. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gamin fréquente une école située au bas de Delmas 18, l’un des quartiers réputés dangereux de la Capitale. Visage ridé, la peur au ventre, la voix tremblotante, le garçonnet raconte son quotidien : « un véritable calvaire. Le crépitement des armes automatiques nous effraient à longueur de journée tant à l’école qu’à la maison. Un jour, un homme a été tué à un jet de pierre de l&rsquo;école, et cela m&rsquo;a choqué. Je garde toujours cette image en tête. J&rsquo;ai eu vraiment peur après avoir vu cela ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’adolescent est traumatisé par des scènes de violence dont il a été témoin dès son plus jeune âge. Alors qu’il grandissait dans son quartier, Cédric se rappelle de chaque détail comme si c’était hier. Le garçon précoce peut-être, se dit très inquiet de la mauvaise orientation des enfants de son âge, vivant dans son quartier. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>« Certains jeunes de la zone, plus âgés que moi, avec qui j&rsquo;avais l&rsquo;habitude de jouer, portent aujourd’hui des armes et nous ne savons pas qui les ont orientés vers ce chemin », a-t-il déclaré.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de Cédric est loin d’être anodine voire unique. Le climat d’insécurité qui s’installe dans le pays est dans une certaine mesure urbi et orbi. Il est caractérisé par l’atrocité des actes posés par les gangs armés. Parmi eux, le phénomène de l’enlèvement contre rançon, dont les femmes subissent majoritairement les conséquences, est le favori des malfrats.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’insécurité affecte le mental des victimes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On le prénomme Vanessa. Mère de trois enfants, Récemment, elle a connu l’enfer que représente le kidnapping en Haïti. Aux mains de ses ravisseurs, elle a vécu une expérience laissant de graves séquelles sur sa santé mentale, d&rsquo;après ce qu&rsquo;elle nous a confié, l’air terrifiée: « Fréquenter les rues en ce moment est un véritable calvaire. Chaque fois que je me retrouve dans la zone, les séquelles de mon enlèvement apparaissent. Je circule dans les rues car j&rsquo;y suis obligé mais si j&rsquo;avais le choix je resterais cloîtré à la maison »<br>Le cas de Vanessa démontre à quel point il est difficile pour les femmes victimes d’enlèvement de reprendre une vie normale. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président de l&rsquo;Association Haïtienne de Psychologie, Pascal Néry Jean Charles explique pourquoi c’est si compliqué : « Cela peut altérer son sommeil, il peut altérer son appétit, il peut altérer une grande partie du comportement sain que cette personne avait. L&rsquo;altération de ces comportements va générer d&rsquo;autres problèmes sur la santé physique».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Nahomie est policière, cette jeune dame qui frise la trentaine a été témoin d&rsquo;une scène qui hante son esprit au quotidien. Son copain, policier lui aussi, a été froidement exécuté sous ses yeux et elle a échappé de justesse à la mort. Alors qu&rsquo;ils étaient en route pour rentrer chez eux, des hommes lourdement armés ont soudainement arrêté la voiture et leur a demandé de descendre. </strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">« J&rsquo;ai été dans les bois cachée et j&rsquo;ai vu mon copain qui suppliait les bandits de lui préserver la vie. Mais hélas j&rsquo;ai été impuissante et je me sens responsable. J&rsquo;avais envie de pleurer de crier mais je n’avais trouvé pas de force ni de voix », explique-t-elle. Plus d&rsquo;un an après cela, la jeune dame semble loin d’oublier cette attaque. Chaque soir elle revit la scène espérant un autre dénouement. « Les femmes et les enfants sont deux groupes qui méritent, dans toute société, protection et accompagnement même en temps de guerre… Mais en Haïti, ils sont totalement délaissés. Même après avoir subi l’abominable, difficile pour eux de trouver assistance », déplore M. Pascal Néry Jean Charles. « Les femmes peuvent être victimes sur le plan matériel et autres, mais très souvent avec le viol elles sont victimes sur le plan personnel notamment à cause de l’aspect intimité. Ces genres de choc peuvent générer un double traumatisme. En ce qui concerne les enfants, beaucoup d&rsquo;entre eux pourraient développer une dépression », regrette-t-il.</p>



<blockquote class="twitter-tweet"><p lang="fr" dir="ltr">🚨 Un individu interpellé, arme à feu, cocaïne, argent et d&#039;autres matériels saisis par la Police dans le Nord<br><br>Le narcotrafiquant notoire Jicson JACQUES, alias Ézéchiel, vivant à Bas aviation, localité dépendante de la Commune du CapHaïtien, a été interpellé au cours <a href="https://t.co/kKsp0JONte">pic.twitter.com/kKsp0JONte</a></p>&mdash; PNH (@pnh_officiel) <a href="https://twitter.com/pnh_officiel/status/1617341027748126720?ref_src=twsrc%5Etfw">January 23, 2023</a></blockquote> 



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les impacts sont aussi physiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une étude publiée en 2019 par la Fondation Haïtienne de Diabète et de maladies cardiovasculaires fait état d&rsquo;environ 300 mille personnes souffrant de de Diabète en Haïti, près 2 millions d’autres sont atteintes d’hypertension. Des chiffres qui risquent d&rsquo;augmenter durant les 3 prochaines années si rien n’est fait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’insécurité laisse des impacts physiques également. Les dégâts causés par la détérioration du climat sécuritaire du pays sont légions. Et ce n’est pas la Directrice Exécutive de la Fondation Haïtienne de Diabète et de Maladie Cardio-Vasculaires (FHADIMAC), qui viendra dire le contraire. Elle dit avoir constaté une nette augmentation des cas de diabète, d&rsquo;hypertensions et de maladie cardiovasculaires. « En observant, nous avons remarqué que de nombreuses personnes souffrent des maladies telles que l&rsquo;hypertension, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Le stress est l&rsquo;un des facteurs catalysant de ces maladies chroniques », explique Dr Nancy Charles Larco.</p>



<blockquote class="twitter-tweet"><p lang="fr" dir="ltr">Pour juguler la crise en Haïti, Ottawa envoie deux navires de <a href="https://twitter.com/MarineRoyaleCan?ref_src=twsrc%5Etfw">@MarineRoyaleCan</a>. L’ambassadeur canadien <a href="https://twitter.com/diploseb?ref_src=twsrc%5Etfw">@diploseb</a> détaille les plus récentes mesures annoncées par <a href="https://twitter.com/JustinTrudeau?ref_src=twsrc%5Etfw">@JustinTrudeau</a>.<a href="https://twitter.com/hashtag/polican?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#polican</a> <a href="https://t.co/hY6sUCIbl2">pic.twitter.com/hY6sUCIbl2</a></p>&mdash; Les Coulisses du pouvoir (@RC_Coulisses) <a href="https://twitter.com/RC_Coulisses/status/1627345012416565250?ref_src=twsrc%5Etfw">February 19, 2023</a></blockquote> 



<p class="wp-block-paragraph">Selon le Centre d&rsquo;analyse et de recherche en droits humains (CARDH) pour seulement l’année 2022, 857 enlèvements ont été recensés, contre 1009 l’année d’avant, soit une diminution de 15. 06 %. Un rapport du RNDDH publié en mars 2022 sur les affrontements entre gangs rivaux fait état de 191 personnes assassinées dont 76 femmes, 6 filles et 2 garçons, et 158 enfants sont devenus orphelins de père ou de mère ou les deux. Sans compter plus d&rsquo;une dizaine de femmes séquestrées, battues, violées et déshumanisées par des sbires au relent de psychopathes. Ils utilisent la peur et les kalachnikovs pour satisfaire leur soif de sang et d’argents au vu et au su des autorités établies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mederson Alcindor</strong></p>
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		<item>
		<title>Haïti : Quand les médecins sont kidnappés ou tués, les malades paient le prix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Miwatson St Jour]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Oct 2022 20:37:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Gangs armés]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Kidnapping]]></category>
		<category><![CDATA[Malade]]></category>
		<category><![CDATA[Medecin]]></category>
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					<description><![CDATA[Entre février 2021 et juillet 2022, 14 médecins ont été tués ou kidnappés à Port-au-Prince selon l’Association Médicale Haïtienne (AMH). Pourtant, le nombre de personnel de santé qui desservent la population haïtienne, soit 5,9 médecins pour 10 mille habitants, est en dessous du seuil recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Résultats : les patients succombent par milliers faute de médecins pour les soigner. 15 août 2021. Kénia Saint Jacques est décédée. Son bébé ne verra pas non plus le jour. Le docteur Hervé Chéry qui devait pratiquer la césarienne de la jeune fille pour mettre au monde son...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Entre février 2021 et juillet 2022, 14 médecins ont été tués ou kidnappés à Port-au-Prince selon l’Association Médicale Haïtienne (AMH). Pourtant, le nombre de personnel de santé qui desservent la population haïtienne, soit 5,9 médecins pour 10 mille habitants, est en dessous du seuil recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Résultats : les patients succombent par milliers faute de médecins pour les soigner.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">15 août 2021. Kénia Saint Jacques est décédée. Son bébé ne verra pas non plus le jour. Le docteur Hervé Chéry qui devait pratiquer la césarienne de la jeune fille pour mettre au monde son bébé, a été enlevé. Les minutes au goût d’éternité n’ont pas joué en faveur de la femme enceinte qui souffrait affreusement. Elle a fait une crise d’éclampsie. Elle est morte. Les ravisseurs, trop occupés à négocier la rançon du médecin, 300 mille dollars américains, n’ont probablement pas pensé à la femme agonisante, lâchant petit à petit les bras de la vie. Une mort tragique. Le médecin gynécologue a été kidnappé alors qu’il était en chemin pour opérer et tenter de sauver la vie de Kenia et celle de son enfant à l’hôpital DASH. Ce ne sera jamais fait. Les bourreaux ont décidé autrement. Ils ont en quelque sorte tué Kénia et son bébé en séquestrant leur sauveur, sans le savoir. « Un acte odieux et une grande perte pour la famille St Jacques », déplore la petite sœur de la défunte Adeline Saint Jacques.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>À chaque fois qu’un médecin est victime d’actes d’insécurité, il s’agit d’un double supplice. Les patients en font carrément les frais quand des centres médicaux privés et publics, en signe de protestation, font la grève ou baissent tout simplement leurs rideaux de fer. Comme conséquences : des malades faute de soins meurent par dizaine, voire par centaine. </strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le médecin Frantz Larson de la DASH en est bien conscient : « Quand les bandits attaquent les personnels de santé, c’est toute la chaîne qui est paralysée. À côté des impacts directs sur les malades, cela impacte gravement la société en général ». </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>« Quand nous rencontrons des cas de kidnapping sur les personnels de santé, nous sommes obligés d’effectuer un arrêt de travail. Non seulement, en signe de solidarité avec la victime, mais aussi en vue d’atténuer les chocs psychologiques de ces forfaits sur le reste du personnel » confie le médecin visiblement apeuré.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le toubib reconnaît que ces arrêts ne sont pas sans conséquences sur la vie des patients. Toutefois, il rappelle que les médecins sont avant tout des humains faits de chair, de sang et d’émotions. « Nous ne sommes pas toujours capables de travailler avec une arme sous la tempe ou avec l’absence d’un collègue séquestré, dont le rôle peut être crucial dans une intervention. Un médecin a besoin d’un environnement sain pour effectuer une intervention et soigner un malade » souligne-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Terreur et rançon…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas la souffrance des victimes qui arrêteront les malfrats dans leurs menées sordides, pas même un tremblement de terre. Alors qu’un séisme de magnitude 7.2 a frappé le grand Sud d’Haïti, et engendré des centaines de morts et des milliers de blessés, des médecins généralistes et orthopédistes appelés au chevet des sinistrés qui ont des os cassés sous les décombres, se font kidnapper. Un moment où la présence des soignants s’avère plus qu’une urgence. C’est le cas de l’orthopédiste Alexandre Workens, directeur adjoint de l’OFATMA qui mobilisait son équipe afin de voler au secours des victimes du tremblement de terre. Le médecin n’ira pas sauver des vies. Il est pris en otage, un jour après le séisme. Et, les ravisseurs réclament une forte somme d’argent, 500 mille dollars américains en échange de sa libération. Qui pis est, des médecins résidents à pied d’œuvre dans un Sud en lambeaux menacent de suspendre tant que le professeur Alexandre n’aura pas été libéré. En attendant les négociations, les blessés, femmes, enfants, handicapés du grand Sud, agonisent. Ils paient le lourd tribut de la rançon au prix de leur vie. « Comment pouvons-nous exiger à des médecins de sauver des vies sous des décombres alors qu’au même moment, la vie de quelques membres de leurs équipes est à la merci de bourreaux sans foi ni loi », s’interroge Dr Larson.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1008" height="756" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/1653391540-Kidnapping.jpg" alt="" class="wp-image-7156 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/1653391540-Kidnapping.jpg 1008w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/1653391540-Kidnapping-300x225.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/1653391540-Kidnapping-768x576.jpg 768w" sizes="auto" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Coup de massue : l’Hôpital Médecins sans frontières ferme ses portes après 15 ans de services dans la zone. Guerre des gangs oblige. Entre-temps, les blessés de ce conflit armé, parmi eux, des femmes et des enfants qui se comptent par centaine sont livrés à leur triste sort. Pire, les sinistrés du tremblement de terre du 14 août ne pourront pas non plus compter sur l’expertise de ces médecins qui ne peuvent plus mettre les pieds à Martissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les hôpitaux, les cabinets médicaux, cibles des bandits…</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La corporation médicale est dans la bouche du diable. La liste de médecins enlevés ou tués s’allonge au quotidien. Le Docteur Ernst Paddy a été froidement abattu devant sa clinique sous les yeux impuissants des riverains et passants alors qu’il s’apprêtait à procurer des soins à un patient. Des gangsters qui ont voulu le kidnapper l’ont descendu d’une balle en pleine tête, car le médecin, âgé, avec une canne, ne pouvait pas obéir aux ordres des kidnappeurs au rythme exigé. Une perte énorme pour le secteur de la santé, pour les enfants en particulier, car M Paddy était un pédiatre dans l’âme. La directrice exécutive de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUE), Jessy Colimon Adrien, reconnaît que cette situation angoissante peut avoir un impact négatif sur la qualité des services que les médecins fournissent à la population. « Ces enlèvements, dont la corporation est victime, affectent grandement les membres. Le plus dur, c’est qu’à chaque fois un médecin est victime, après sa libération, il fait son retrait », regrette Mme Adrien</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les péripéties des personnels médicaux ne font que commencer. Ce secteur est désormais la proie favorite et facile des ravisseurs de tout poil et tout acabit. Le 25 février 2022, le Dr Martial Piard, dentiste et anesthésiologiste a connu le même sort que ses collègues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une semaine plus tard, le gynécologue Pierre Boncy et l’urologue Michel D’Alexis seront eux aussi kidnappés, au sein même de leur cabinet médical. Des hommes vêtus d’uniformes de police ont fait irruption dans le cabinet et ont emporté les disciples d’Hypocrate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un mois plus tard, soit le 3 avril 2022, le docteur Jean Philipe, moins chanceux, sera tué lors d’une tentative de kidnapping, tout comme le dentiste Mackindi Guerrier un an avant. Alors que l’enlèvement du docteur Jacques Pierre Pierre de l’HUEH, survenu le 17 mai 2022 à la ruelle Waag, au cœur de Port-au-Prince, soulèvera une vague d’indignation et de mouvements de protestation.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/Photo-1-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-7157 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/Photo-1-1024x682.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/Photo-1-300x200.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/Photo-1-768x512.jpg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/Photo-1.jpg 1081w" sizes="auto" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La médecin Benetty Augustin elle, a été kidnappée une semaine avant le Dr Pierre Pierre. S’en suivait la fermeture des hôpitaux St Luc et Saint Damien de Tabarre, en signe de solidarité et expression de leur ras-le-bol démesuré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De ce tableau macabre, l’image choquante de l’infirmière Virgile Lorna-Rose Fils-Aimé restera longtemps encore dans les esprits. La cinquantenaire a été tuée à bord d’une ambulance qui transportait des médicaments à la clinique Jean Wilfrid Albert où elle travaille. Elle a accepté de traverser Martissant, la vallée de la mort, pour sauver des vies. Elle y est restée. Une balle lui a transpercé la nuque avant d’ouvrir son crâne au moment où les caïds de Martissant ont fait feu sur le véhicule le 5 juillet 2022.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Protester et solutionner</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Conscients que les grèves et les fermetures signent en quelque sorte l’arrêt de mort des malades, des médecins et associations médicales optent pour d’autres formes de revendication. Le secrétaire de l’Union des Médecins Haïtiens Pierre Eliode préconise d’attaquer le problème en Amont. « Il faut que toutes les corporations du pays et les citoyens secouent l’État afin de le tirer de sa torpeur, et ensuite éduquer les gens sur le rôle crucial que joue un médecin dans une société », soutient le toubib. La directrice Exécutive de L’HUEH abonde dans le même sens, tout en affirmant que d’autres méthodes en faveur des malades sont en train d’être étudiées.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-08-14-at-22.58.53-2-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-7158 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-08-14-at-22.58.53-2-768x1024.jpeg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-08-14-at-22.58.53-2-225x300.jpeg 225w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/WhatsApp-Image-2022-08-14-at-22.58.53-2.jpeg 780w" sizes="auto" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays comme Haïti où statistiquement 5 médecins desservent environ 10 milles habitants, un docteur ne meurt jamais seul. Son décès ou son malheur entraîne à coup sûr des dégâts innombrables au sein de la société. La chute provoquée d’un médecin est catastrophique pour la population. Kidnapper, martyriser ou tuer un médecin, c&rsquo;est priver 10 mille haïtiens de soins de santé qui est déjà un luxe dans ce pays de manque. Réduire au silence ne serait-ce qu’un seul membre de cette catégorie, c’est stopper l’horloge de vie de beaucoup avant la lettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Miwatson Stjour&nbsp;</strong></p>



<figure class="wp-block-table"><table><tbody><tr><td></td><td>RépondreTransférer</td></tr></tbody></table></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><a target="_blank" href="https://drive.google.com/u/0/settings/storage?hl=fr-CA&amp;utm_medium=web&amp;utm_source=gmail&amp;utm_campaign=storage_meter&amp;utm_content=storage_very_high" rel="noreferrer noopener"></a></p>
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		<title>Rareté de carburant, Gangs armés, Covid-19 et cherté de la vie : une population prise en otage</title>
		<link>https://imediaayiti.com/2021/11/09/rarete-de-carburant-gangs-armes-covid-19-et-cherte-de-la-vie-une-population-prise-en-otage/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Toussaint Lamy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Nov 2021 19:24:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La plume]]></category>
		<category><![CDATA[cherté de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Gangs armés]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Rareté de carburant]]></category>
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					<description><![CDATA[Le diesel et la gazoline, désormais les liquides les plus précieux de la République, ne se distribuent plus. Certains privilégiés ayant des contacts hauts placés font le plein à 1h, 2h ou 3h du matin, à l’abri des regards affamés de carburants. Entre-temps, les gangs armés qui ont imposé cette pénurie, pour forcer l’équipe en place à passer à la caisse, continuent de tuer, de kidnapper et de terroriser toute une population sans défense et maintenant sans un sous, même pour payer les rançons. Un autre ennemi, moins redouté, mais tout aussi dévastateur, la Covid-19 qui tue dans le silence....]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le diesel et la gazoline, désormais les liquides les plus précieux de la République, ne se distribuent plus. Certains privilégiés ayant des contacts hauts placés font le plein à 1h, 2h ou 3h du matin, à l’abri des regards affamés de carburants. Entre-temps, les gangs armés qui ont imposé cette pénurie, pour forcer l’équipe en place à passer à la caisse, continuent de tuer, de kidnapper et de terroriser toute une population sans défense et maintenant sans un sous, même pour payer les rançons. Un autre ennemi, moins redouté, mais tout aussi dévastateur, la Covid-19 qui tue dans le silence. Ajouter à cela, une inflation galopante hissant tous les indicateurs au rouge.</strong></p>
<p>Pour ce mois de novembre, la situation s’annonce difficile, ardue et même catastrophique pour les secteurs qui dépendent du diésel et de la gazoline. L’indisponibilité de l’or noir dans les pompes perdure. Le spectacle auquel on assiste dans les pompes à essence est digne de la science-fiction. Une marée humaine, dont certains s’accrochent on ne sait comment et dans quoi, livre une bataille pour remplir les fameux « gallons jaunes ». S’ensuivent bousculades, brouhaha, détonations et jets de pierres. Dans le meilleur des cas, des gens finissent à l’hôpital. Dans le pire, à la morgue. Quant aux longues files de véhicules, leurs propriétaires se résignent à passer plusieurs jours sur place espérant à leur tour d’être devant le pompiste pour faire le plein et remplir plusieurs gallons de réserve. Scénario pour le moins improbable pour ne pas dire impossible.</p>
<p>Les transporteurs des produits pétroliers sont menacés et attaqués par les bandits alors qu’ils essayaient de braver le danger qu’est devenue la traversée de Martissant. Certains chauffeurs de camion-citerne ont été kidnappés, d’autres contraints de prendre la poudre d’escampette abandonnant camion et effets personnels, et peut être un job qui faisait vivre toute une famille. De Portail Léogane à Carrefour, les gangs dominent, paradent et font la loi. La circulation des véhicules sur la route nationale numéro 2 conduisant au terminal pétrolier Thor à Carrefour devient quasi impossible. À noter que, le terminal Varreux est toujours dysfonctionnel pour les mêmes raisons.</p>
<p>En Haïti on vit au jour le jour, on apprend jamais à anticiper les problèmes. On vit dans le présent. « Jou ou wè a se li ou konte ». Ce n’est plus dans nos codes de planifier, de prévoir et de faire des projets d’avenir. Des projets à long terme. Gérer le quotidien devient une priorité, c’est vital. S’il arrive qu’un projet se concrétise, il est petit et de faible portée. En ce qui concerne par exemple le carburant, il y a un véritable problème de stockage en plus de sa disponibilité irrégulière. Seul Port-au-Prince conserve tous les produits pétroliers, ce qui veut dire que le reste du pays dépend du terminal Thor et du Terminal Varreux. En effet, l’État n’a rien fait de concret pour pallier ce problème. Les autorités haïtiennes assistent, impuissantes comme chaque citoyen(e), les gangs qui contrôlent et décident de tout. Après plusieurs mots d’ordre de grèves lancées par des secteurs de la société civile, le problème reste entier et le pays est complètement paralysé à l’heure actuelle en raison de la rareté du désormais précieux liquide.</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr">Les stations services continuent à souffrir. aucune livraison reçue à ce jour malgré les promesses des autorités.</p>
<p>— ANADIPP (@AnadippHaiti) <a href="https://twitter.com/AnadippHaiti/status/1454244556401225729?ref_src=twsrc%5Etfw">October 30, 2021</a></p></blockquote>
<p><strong>La terreur des gangs armés</strong></p>
<p>Parallèlement, il y a la criminalité qui, non seulement prend des proportions alarmantes, mais aussi qui s’installe aujourd’hui dans notre quotidien. Depuis après l’évènement du 12 mars au Village de Dieu où le pays avait perdu au moins 5 de ses fils policiers face au redoutable chef de gang surnommé Izo, les bandits ont compris que la police est impuissante face à eux. Durant ces 3 derniers mois, plusieurs individus ont été kidnappés et tués partout à travers le pays. Jusqu’à présent, les 17 missionnaires étrangers enlevés depuis plus de deux semaines se retrouvent aux mains de leurs ravisseurs. Le samedi 30 octobre un couple a été kidnappé à Montagne Noire ; le professeur Patrice M. Derenoncourt, kidnappé et tué par les bandits ; et sans oublier plusieurs attaques faites à l’intérieure des églises, sur des religieux. Léon Charles n’a jamais eu le contrôle pour enfin stopper cette hémorragie. Ainsi va Haïti, il a démissionné et laisser le pays aux mains des gangs.</p>
<p>Dans pareille circonstance nul n’est épargné. Ceux qui sont là pour nous protéger sont parfois dépourvus de moyens ou de volonté. Les individus illégalement armés sont mieux équipés. Ce qui donne de janvier jusqu’à date, plus de 40 policiers tués selon les chiffres de la PNH, des commissariats, sous-commissariats et des magasins brulés, pillés par les gangs. Le pire, des instituions policières sont obligées de fermer leurs portes sous la menace des bandits. À Cité Soleil, à La Saline, à Martissant, au bas Delmas, la situation est inquiétante pour les riverains. À chaque opération policière, on enregistre des pertes en vie humaine et en matériels du côté de la police. La PNH est impuissante faces aux bandes armées.</p>
<blockquote><p><strong>Aujourd’hui Haïti a ses propres déplacés internes. Une chose normale pour l’ONU et pour l’État haïtien. Depuis le début d’une guerre entre Grand Ravine, Tibwa et Village de Dieu, on parle de couloir humanitaire sans jamais penser à traquer ses malfrats. Environ 50 morts. 8 500 déplacés, le bilan de la bataille que livrent les gangs rivaux dans la Capitale. Ces déplacés se trouvent toujours au Centre sportif de Carrefour déjà oubliés par l’État et vivent à la merci de quelques ONG.</strong></p></blockquote>
<p>Sous la gouvernance de Ariel Henry, sous la direction de Franzt Elbé comme DG de la PNH, remplaçant Léon Charles, la République est méconnaissable. Le chef du gouvernement a tout, sauf le contrôle du pays. Pourtant à chaque déclaration publique, il tente de rassurer la population, à chaque rencontre avec un étranger il affiche ses photos et devient la star des réseaux sociaux. Cependant, les bandits continuent de terroriser la population, l’approvisionnement des stations d’essence en carburant est toujours impossible.</p>
<p>Le PM Ariel Henry attend quoi pour passer de la parole aux actes ? Pour dissiper le doute sur la relation entre les autorités étatiques et les gangs armés ? Les autorités doivent agir. Pour sauver ce peuple, pour éviter le pire, l’État haïtien doit sortir le grand jeu. Il doit adopter des mesures drastiques. L’État ne peut pas abdiquer. Il doit répondre à la terreur installée par les malfrats. L’État doit reprendre le contrôle du pays. Les chefs aux commandes doivent mettre la machine en marche pour envoyer des signaux clairs aux délinquants de tout poil et de tout acabit, de les placer hors d’état de nuire. Pour que les fêtes de fin d’année ne soient pas hypothéquées. Chaque heure compte.</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr">🔵 Suite à des menaces lancées par des individus à travers les médias, la <a href="https://twitter.com/hashtag/PNH?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#PNH</a> a mis sur pied, ce lundi 24 octobre 2021, un dispositif de sécurité dans les artères de la zone metropolitaine, qui a permis de récupérer une arme de calibre 9 mm. (1/2) <a href="https://t.co/DvkVTBW0R2">pic.twitter.com/DvkVTBW0R2</a></p>
<p>— PNH (@pnh_officiel) <a href="https://twitter.com/pnh_officiel/status/1452736932677668870?ref_src=twsrc%5Etfw">October 25, 2021</a></p></blockquote>
<p><strong>Le Coronavirus : l’autre ennemi silencieux</strong></p>
<p>Depuis l’annonce de la troisième vague en juin dernier et la présence des nouveaux variants en septembre, le nouveau coronavirus est devenu plus menaçant et meurtrier. Les cas se multiplient. Les gens sont hospitalisés, certains meurent. Dans un contexte où l’insécurité bat son plein, les individus touchés par la pandémie sont de plus en plus inquiets.</p>
<blockquote><p><strong>Après une période en baisse de la pandémie, nous sommes confrontés à une nouvelle vague et d’autres variants. En Haïti, le variant anglais et le variant brésilien ont fait peur en juin et juillet de cette année. 1 826 cas Covid-19 et 44 décès du 1er au 14 juin, selon les chiffres officiels du MSPP. </strong></p></blockquote>
<p>Parmi ces victimes, il y a des personnalités publiques : Chesnel Pierre, le Directeur Général de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA), décédé après avoir été testé positif ; pareil pour le Directeur administratif de cette même institution ; le président de la Cour de Cassation, Me René Sylvestre et d’autres individus connus ont été fauché par la Covid -19.</p>
<p><strong>Une urgence sanitaire</strong></p>
<p>La montée des cas d’infection fait craindre le pire. Quand en juillet dernier on avait enregistré 1 826 cas, des centres pour la Covid-19 étaient saturés, tel que l’Hôpital Saint Luc ; d’autres centres ont dû fermer leurs portes et d’autres encore devenaient inaccessibles en raison de la guerre des gangs. À noter que depuis l’apparition de ce virus, c&rsquo;est pour la première fois qu’on a enregistré autant de cas en si peu de temps.</p>
<p>Ajouter aux problèmes d’infrastructures, il faut s’y faire avec un personnel peu qualifié en la matière et un manque criant des matériels sanitaires appropriés. Le manque d’oxygène dans les hôpitaux est l’une des causes qui engendre de nombreux décès. Entre temps, la propagation du virus se poursuit et de nouveaux cadavres seront mis en terre. Tels sont les maux d’un peuple qui espère combattre un ennemi invisible, silencieux.</p>
<p>Jusqu’à présent, l’État à travers le Ministère de la Santé Publique et de la Population, est absent. Aucune politique de sensibilisation, plus de distributions massives de masques. Les citoyens baladent sans respecter les mesures barrières. Dans un communiqué publié le 16 juin 2021, les autorités sanitaires ont enregistré pour la journée du 15 juin, 132 cas, 12 décès et 24 individus hospitalisés. Et le jeudi 17 juin, le MSPP disait avoir enregistré 232 cas et 4 décès. Depuis l’apparition des variants Delta et MU qui circulent sur le territoire depuis le 16 septembre dernier, le danger a augmenté. Ces variants sont dangereux et se propagent très rapide dans les organes. Aujourd’hui en Haïti les chiffres font état de 23 468 cas de contamination et 658 décès selon un rapport de l’Organisation Panaméricaine de la Santé. Pas d’autres mis à jour depuis lors. Pour gérer la crise sanitaire, en 2020 l’international avait octroyé une enveloppe de 50 millions de dollars.</p>
<p><strong>Et la vie devient plus chère</strong></p>
<p>Aujourd’hui, les haïtiens sont confrontés à la cherté de la vie. Marchands et consommateurs, tous se plaignent. La rareté du carburant a fait flamber les prix. Le panier de la ménagère coûte deux fois plus ou presque. Ce début de mois de novembre comparé au mois d&rsquo;octobre en donne une idée. Les prix des produits de première nécessité ont carrément grimpé. Le sac de riz qui était à 1 150 gourdes est passé à 1 400 gourdes ; le sucre était à 2 250 gourdes, est maintenant à environ 2 500 gourdes. Depuis 2 semaines, le pain et l&rsquo;eau se font rares, denrées de base dans les familles haïtiennes.</p>
<p>Depuis environ 4 mois, Haïti est sous alerte rouge. 16 semaines de plus dans l’insécurité. 123 jours de pénurie de carburant. Pour les 744 heures qui restent pour clôturer l’année 2021, c’est l’incertitude la plus totale. Une Capitale en mode Cowboy, où on est exposé à tout, notamment aux balles perdues finalement assassines. À l’instar de ces balles qui ont fauché la vie de deux vieillards à Martissant samedi dernier. L’équipe en place a seulement 44 640 minutes pour montrer sa capacité sinon sa volonté réelle à contrer les menées sordides des bandits armés.</p>
<p><strong>Toussaint Lamy</strong></p>
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