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	<title>Femme &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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	<description>Plus loin que l&#039;actualité</description>
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	<title>Femme &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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	<item>
		<title>L’alarmante pratique de l&#8217;avortement en Haïti</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pharah-Djine Colin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jul 2021 13:09:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Avortement]]></category>
		<category><![CDATA[Cytotec]]></category>
		<category><![CDATA[Femme]]></category>
		<category><![CDATA[IVG]]></category>
		<category><![CDATA[Mortalité maternelle]]></category>
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					<description><![CDATA[En Haïti, des femmes continuent de se faire avorter dans l&#8217;illégalité et dans la clandestinité. Alors que l&#8217;avortement est la troisième cause de mortalité maternelle enregistrée jusque-là. Les motifs de l&#8217;Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) sont divers, les méthodes utilisées varient du milieu rural au milieu urbain. Les impacts de cette pratique sur la femme qui se fait avortée, souvent négligés, sont à prendre en compte. Selon les résultats de l&#8217;étude EMMUS-3 effectuée en Haïti, la fréquence de l’avortement augmente avec l’âge de la femme et le nombre d’enfants vivants : « 16 % des femmes de 40-49 ans ont avoué avoir avorté, au moins, une fois au cours...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span id="p779">En Haïti, des femmes continuent de se faire avorter dans l&rsquo;illégalité et dans la clandestinité.</span><span id="p712"> Alors que l&rsquo;avortement est la troisième cause de mortalité maternelle enregistrée jusque-là.</span><span id="p713"> Les motifs de l&rsquo;Interruption Volontaire de Grossesse <span id="p710">(IVG)</span> sont divers, les méthodes utilisées varient du milieu rural au milieu urbain.</span></strong><span id="p714"><strong> Les impacts de cette pratique sur la femme qui se fait avortée, souvent <span id="756" class="s-rg-t">négligés</span>, sont à prendre en compte.</strong><br />
</span><br />
<span id="p715">Selon les résultats de l&rsquo;étude <span id="757" class="s-rg-t">EMMUS-3</span> effectuée en Haïti, la fréquence de l’avortement augmente avec l’âge de la femme et le nombre d’enfants vivants :</span><span id="p716"> « 16 % des femmes de 40-49 ans ont avoué avoir avorté, au moins, une fois au cours de leur vie contre 4 % de 25-29 ans.</span><span id="p717"> De plus, parmi les femmes de 40-49 ans, 10 % ont effectué un seul avortement tandis que 6 % ont déclaré avoir avorté deux fois ou plus ».<br />
</span><br />
<span id="p718"><span id="758" class="s-rg-t">Chantale*</span>, cette dame âgée aujourd&rsquo;hui de 50 ans, qui a dû faire face à un avortement, expose son histoire.</span><span id="p719"> « J’ai avorté trois fois, ma situation financière m&rsquo;y a poussé.</span><span id="p720"> Je n&rsquo;avais que deux enfants en bas âge lorsque j&rsquo;ai fait mon premier avortement.</span><span id="p721"> L&rsquo;argent que gagnait mon mari ne pouvait subvenir aux besoins de la maison.</span><span id="p722"> Après mon troisième avortement, mon médecin m&rsquo;a fait comprendre que si je continuais dans cette voie, cela pourrait nuire à ma santé.</span><span id="p783"> Lorsque je suis tombée enceinte quelques années plus tard, je voulais garder l&rsquo;enfant, mais j&rsquo;ai fait une <span id="784" class="s-bl-t">fausse-couche »,</span> confie-t-elle avec regret.<br />
</span><br />
<span id="p782"><strong>Les risques augmentent à compter du 4e mois.</strong><br />
</span><br />
<span id="p725">La majorité des femmes ont avorté entre 2 et 4 mois de grossesse <span id="761" class="s-ve-t">soit</span> 73 %.</span><span id="p726"> C&rsquo;est le cas de <span id="763" class="s-rg-t">Josette*</span> âgée de 25 ans qui a eu recours à un avortement cinq années auparavant.</span><span id="p786"><span id="788" class="s-bl-t"> « Au</span> début de ma grossesse, je ne voulais pas avorter.</span><span id="p728"> Mon petit ami de l&rsquo;époque avait déjà des enfants, il ne voulait pas d&rsquo;un autre, en tout cas pas tout de suite.</span><span id="p729"> Au 4e mois, j&rsquo;ai essayé de mettre un terme à ma grossesse, de l&rsquo;injection à des comprimés, rien n&rsquo;y fît.</span><span id="p730"> J&rsquo;étais obligée de passer par le curetage », témoigne <span id="765" class="s-rg-t">Josette*</span>.<br />
</span><br />
<span id="p732">L&rsquo;IVG devient dangereuse lorsque la grossesse est à un stade avancé.</span><span id="p733"> Docteur <span id="768" class="s-rg-t">Jovens</span> Antoine, <span id="769" class="s-rg-t">géneraliste</span>, décrit les complications résultant d&rsquo;un avortement.</span><span id="p734"> « C&rsquo;est un grand risque de se faire avorter après 4 mois de grossesse, car tous les organes du bébé sont déjà formés.</span><span id="p735"> L&rsquo;IVG peut engendrer la stérilité parce que l&rsquo;utérus est perforé.</span><span id="p736"> Un avortement peut causer une hémorragie lorsque l&rsquo;interruption n&rsquo;est pas complète.</span><span id="p790"> Cela peut déboucher sur une infection où la personne doit procéder à une hystérectomie <span id="p789">(un acte chirurgical qui consiste à enlever l&rsquo;utérus)</span> ou à même une septicémie où l&rsquo;infection devient générale, ce qui peut provoquer la mort de la femme qui s&rsquo;est fait <span id="791">avortée »,</span> déclare-t-il.</span><span id="p738"></span></p>
<p><span id="p743">Selon l&rsquo;étude de l&rsquo;<span id="771" class="s-rg-t">Emmus-5</span>, les données montrent que les femmes ont recours principalement à deux méthodes :</span><span id="p744"> le misoprostol <span id="p742">(39 %)</span> et la dilatation et curetage/aspiration <span id="p741">(36 %)</span>.</span><span id="p745"> Dans un cas sur quatre, les femmes ont utilisé des plantes/décoctions <span id="p740">(26 %)</span> et un quart des femmes ont utilisé des injections ou comprimés <span id="p739">(25 %)</span>.</span></p>
<blockquote><p><span id="p747">« Le misoprostol ou <span id="772" class="s-rg-t">Cytotec</span> est un médicament sous forme de comprimés qui est apte à bloquer l&rsquo;action de la grossesse.</span><span id="p748"> Il dilate le col de l&rsquo;utérus, provoque des contractions et expulse le foetus.</span><span id="p749"> Toutefois, le <span id="773" class="s-rg-t">cytotec</span> est un médicament prescrit généralement contre l&rsquo;ulcère, son effet secondaire entraîne l&rsquo;interruption de grossesse », </span></p></blockquote>
<p><span id="p749">ajoute Docteur Antoine.<br />
</span><br />
<span id="p750">« Je suis tombée enceinte à l&rsquo;âge de 19 ans, je ne voulais pas d&rsquo;un enfant.</span><span id="p751"> Sous le conseil de mon petit ami, j&rsquo;ai ingéré 3 comprimés de <span id="775" class="s-rg-t">cytotec</span> avec de la bière.</span><span id="p793"> Pendant plusieurs semaines, j&rsquo;ai ressenti des malaises au niveau de l&rsquo;estomac, de mon ventre et des nausées à répétitions.</span><span id="p753"> Heureusement, la grossesse a été interrompue », raconte <span id="777" class="s-rg-t">Nadège*</span>.<br />
</span><br />
<span id="p754">Cependant, l’interruption volontaire de la grossesse <span id="778" class="s-rg-t">traine</span> derrière elle parfois des séquelles psychologiques considérable chez la femme ayant eu recours à l’avortement.<br />
</span></p>
<p><span id="p800"><strong>L&rsquo;avortement laisse des </strong><span id="823" class="s-bl-t"><strong>marques</strong><br />
</span></span><br />
<span id="p801">Que ce soit sous la contrainte ou sous une décision consciente, mettre un terme à une grossesse, <span id="824" class="s-rg-t">a</span> des effets psychosociaux sur la mère.</span><span id="p802"> Le psychologue, <span id="825" class="s-rg-t">Peterson</span> <span id="826" class="s-rg-t">Antenor</span> explique les sentiments qui sont susceptibles d&rsquo;envahir une femme qui s’est faite avortée sont multiples.<br />
</span><span id="p803"></span><br />
<span id="p806">« Une femme qui s’est faite <span id="834" class="s-rg-t">avortée</span> est non seulement en proie <span id="835" class="s-rg-t">à</span> des tensions ou <span id="836" class="s-rg-t">mêmes</span> troubles psychologiques <span id="p805">(trouble anxieux, dépression, stress, <span id="832" class="s-rg-t">idées</span> suicidaires)</span>, mais aussi <span id="837" class="s-rg-t">à</span> des facteurs qui peuvent influencer son rapport <span id="838" class="s-rg-t">à</span> soi et aussi avec les autres <span id="p804">(sentiment de honte, d’humiliation, peur d’<span id="828" class="s-rg-t">être</span> <span id="829" class="s-rg-t">jugé</span> et d’<span id="830" class="s-rg-t">être</span> rejeter par son entourage)</span>.</span><span id="p807"> Ces femmes peuvent ressentir un sentiment de culpabilité <span id="840" class="s-rg-t">à</span> cause des pressions de leur entourage et aussi à cause de leur moral ou leur représentation de l’avortement.</span><span id="p808"> La culpabilité peut <span id="843" class="s-rg-t">être</span> ressentie <span id="844" class="s-rg-t">à</span> cause du fait que la femme ou le couple se dit qu’il aurait du avoir une relation sexuelle <span id="846" class="s-rg-t">protégée</span> », explique le psychologue.<br />
</span><br />
<span id="p809">Cependant, le disciple de Kurt <span id="847" class="s-rg-t">Lewin</span> <span id="848" class="s-rg-t">precise</span> que chaque femme fait face à cette situation différemment.</span><span id="p861"> Cela dépend de ses valeurs, sa socialisation et les conditions dans lesquelles elle s&rsquo;est faite avortée.</span><span id="p811"></span></p>
<p><span id="p815">« Ce sont l’ensemble de ses éléments <span id="p812">(<span id="850" class="s-or-t">valeur</span> ;</span><span id="p813"> socialisation ;</span><span id="p814"> milieu de socialisation)</span> qui vont influencer le mécanisme par lequel une femme ou un couple évitera diverses complications d’ordres psychosociaux, mais aussi physiques.</span><span id="p816"> La femme qui s’est faite <span id="852" class="s-rg-t">avortée</span> doit compter sur le soutien de son entourage qui ne doit pas porter de jugements sur son acte.</span><span id="p817"> Son entourage ou ses proches doivent l’accompagner dans les moments angoissants afin qu’elle puisse passer le cap.</span><span id="p818"> Si cette aide n’est pas <span id="853" class="s-rg-t">trouvée</span> dans son entourage, la femme doit se <span id="854" class="s-rg-t">référer</span> <span id="855" class="s-rg-t">à</span> des professionnels en <span id="856" class="s-rg-t">santé</span> mentale pour l’aider <span id="857" class="s-rg-t">à</span> redonner un sens et pouvoir vivre normalement après l’acte », recommande le psychologue <span id="859" class="s-rg-t">Peterson</span> <span id="860" class="s-rg-t">Antenor</span>.<br />
</span><br />
<span id="p820">En 2021 encore, l&rsquo;Interruption Volontaire de Grossesse <span id="p819">(IVG)</span> est illégale en Haïti.</span><span id="p821"> Cependant le nouveau code pénal en son article 328 propose d’abroger l&rsquo;article 262 du code pénal de 1825 qui incriminait l&rsquo;avortement.</span></p>
<p><span id="p864">Dans ce code pénal qui entrera en vigueur en juin 2022, cette pratique sera dépénalisée.</span><span id="p865"> Et l’article 328 dicte :</span><span id="p866"> « <span id="872" class="s-rg-t">l</span>&lsquo;Interruption de la grossesse pratiquée sans le consentement libre et éclairé de la gestante, ou au-delà du délai de douze semaines, ou en méconnaissance des exigences de la science médicale est passible d&rsquo;un emprisonnement de cinq ans à sept ans et d&rsquo;une amende de 50 000 gourdes à 100 000 gourdes.</span><span id="p867"> Quiconque, en dehors des exigences de la science médicale, par aliments, breuvages, médicaments ou autres, aura provoqué l&rsquo;avortement d&rsquo;une femme enceinte sans son consentement est passible des mêmes peines.</span><span id="p868"> La peine est la même si l&rsquo;avortement est provoqué par la violence physique.</span><span id="p869"> Les médecins, chirurgiens, les autres officiers de santé et les pharmaciens qui auront indiqué ou administré ces moyens seront condamnés à la même peine si l&rsquo;avortement s&rsquo;en est suivi.</span><span id="p870"> Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;infraction lorsque la grossesse résulte d&rsquo;un viol ou d&rsquo;un inceste ou lorsque la santé physique ou mentale de la femme est en danger ».</span></p>
<p><span id="p871"><span id="873" class="s-rg-t">Pharah-Djine</span> Colin</span></p>
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		<item>
		<title>Jeannite Pierre : une des rares femmes chauffeurs de Taxi à Port-Au-Prince</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Evens Lebrun]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Mar 2021 20:19:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Femme]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Jeannite Pierre]]></category>
		<category><![CDATA[Port-au-Prince]]></category>
		<category><![CDATA[Taxi]]></category>
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					<description><![CDATA[Jeannite Pierre, 30 ans, est l’une des rares femmes chauffeurs de taxi à Port-au-Prince. Évoluant dans ce secteur « traditionnellement masculin », la jeune mère de famille attire de jour en jour les regards curieux. Son choix étonne. Cependant, elle avoue que le métier qu’elle a décidé de faire lui permet de sortir de l’auberge. Sa dextérité au volant et son sens de la débrouillardise paient jusqu’à présent. « Il n’y pas de sots métiers » &#8230;. Jeannite Pierre en fait la parfaite démonstration dans ses activités professionnelles. Au volant de son taxi, une Toyota Corolla de couleur beige, elle sillonne les...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Jeannite Pierre, 30 ans, est l’une des rares femmes chauffeurs de taxi à Port-au-Prince. Évoluant dans ce secteur « traditionnellement masculin », la jeune mère de famille attire de jour en jour les regards curieux. Son choix étonne. Cependant, elle avoue que le métier qu’elle a décidé de faire lui permet de sortir de l’auberge. Sa dextérité au volant et son sens de la débrouillardise paient jusqu’à présent.</strong></p>
<p>« Il n’y pas de sots métiers » &#8230;. Jeannite Pierre en fait la parfaite démonstration dans ses activités professionnelles. Au volant de son taxi, une Toyota Corolla de couleur beige, elle sillonne les rues de la région métropolitaine de Port-au-Prince pour transporter des clients un peu partout. Pour elle, les professions n’ont pas de sexe. Depuis 2016, cette dame au teint noir a tracé son propre chemin dans un milieu où la présence des femmes est rarissime.<br />
A Carrefour de l’aéroport, à Turgeau, Bois-Verna, Bourdon, Canapevert, à Carrefour, Martisant, au Centre-Ville, parfois sur les routes nationales, Madame Pierre arpente presque toutes les rues en quête de client pour renflouer sa bourse.</p>
<p>« Je rêvais de devenir infirmière, mais mes conditions économiques difficiles ne le permettaient pas. J’ai donc fait preuve de créativité. Je me suis inscrite dans une auto-école, j’ai appris à conduire, j’ai eu mon permis, et depuis, je suis chauffeur de taxi », raconte-t-elle une once de fierté dans sa voix.</p>
<p>Ce choix, fait par la jeune conductrice, s’enracine dans sa vision de l’autonomisation socio-économique des femmes. « Je suis née dans une famille modeste dont je suis l’aîné, mes parents n’ont pas eu de grands moyens pour nous supporter financièrement alors j’ai dû me débrouiller pour répondre à mes besoins sans nécessairement compter sur un appui masculin », confie-t-elle.</p>
<p><strong>Un symbole de l’autonomie féminine</strong></p>
<p>Chrétienne aguerrie, madame Pierre cultive une notion que la grande majorité de femmes haïtienne ne maîtrisent pas : l’autonomie. D’après elle, aucune barrière, même religieuse ne saurait l’empêcher de pratiquer son métier.</p>
<p>Avec son taxi, elle dit gagner 3 mille à 3 mille 500 gourdes par jour durant les périodes achalandées. Toutefois, au cours des périodes de disette, elle lui arrive aussi de gagner moins de mille goures.</p>
<p>« Je suis une femme indépendante, il m’était difficile de solliciter mes parents pour mes besoins d’argent depuis mon plus jeune âge. Je n’aime pas être dépendante des autres, même de mon mari, précise la jeune dame. En plus, je ne voulais pas vivre à la merci de ce dernier ni laisser les dépenses du ménage reposer que sur ses épaules », insiste-t-elle.</p>
<p>Quant aux barrières culturelles et religieuses, la position de madame Pierre est tranchante. « Je suis chrétienne, explique-t-elle, j’apporte régulièrement ma bible dans mon taxi, mais cela ne m’empêche pas d’être autonome. Contrairement à ce que prônent beaucoup de doctrines religieuses considérant la femme comme un être de soumission, moi, je pense qu’elle doit être aussi complémentaire à son époux à tous les niveaux possible», ajoute la jeune chauffeur. À en croire ses dires, la participation économique de la femme au sein du foyer est un élément crucial pour le plein épanouissement de celui-ci.</p>
<p>Avec son mari, avec qui, Jeannite partage un toit marital depuis 6 ans, elle a mis au monde, une fillette de 3 ans. La jeune mère partage son temps entre les occupations familiales pour prendre soin de son foyer et la rue pour gagner et économiser assez d’argent afin de d’assurer l’avenir de sa progéniture.</p>
<p><strong>Vaincre les stéréotypes</strong></p>
<p>« J’ai reçu beaucoup de commentaires positifs et parfois je suis l’objet de remarques déplacées dans le cadre de mon travail, mais cela vient d’une minorité de passagers, notamment des femmes, qui n’apprécient pas ce que j’exerce comme profession », affirme Jeannite Pierre. La conductrice dit faire face tous les jours aux regards hautins et désobligeants de certaines femmes qui sont complexées par rapport à ce qu’elle pratique comme métier.</p>
<p>D’après ses déclarations, stéréotyper les femmes par rapports à leur profession est une très mauvaise chose. « Beaucoup de femmes sont jusqu’à présent enfermées dans les stéréotypes faisant croire que ces genres d’activité sont réservés aux hommes. Faute d’éducation, elles croient qu’être chauffeur de taxi est un métier masculin. Je pense qu’il n’y a aucun domaine professionnel réservé exclusivement aux hommes. Je n’exercerai pas une profession si et seulement si je ne peux pas. Car, à mon avis, les femmes ont autant de compétences que les hommes pour effectuer des tâches professionnels », rappelle la conductrice.</p>
<p><strong>Zéro contravention en 5 ans, un record</strong></p>
<p>Conduire à travers les rues de Port-au-Prince avec des chauffeurs de motocyclette aux comportements suicidaires, des voituriers mal éduqués et des piétons souvent imprudents, demeure un sacré défi pour n’importe quel conducteur de véhicule.</p>
<p>En dépits des différentes difficultés liées à la conduite de sa Corolla, Jeannite Pierre demeure une chauffeur exemplaire. Elle n’a jamais dérogé aux principes du code de la route et n’a jamais eu affaire avec la police routière. Un exploit.</p>
<p>« Jusqu’ici, ma plus grande fierté, explique-t-elle, c’est le fait de n’avoir jamais écopé de contraventions de la police routière en 5 ans. Je me mets toujours en règle et je fais toujours preuve de grande prudence sur les routes », soutient-elle avec fougue. « Dès que ma voiture a quelque chose pouvant attirer l’attention des policiers sur la route, je m’arrange pour la rendre conforme », ajoute celle qui reçoit constamment des félicitations de la part des policiers pour sa conduite sur les routes.<br />
Cette discipline selon la chauffeur de taxi, est le meilleur moyen de se protéger elle-même, mais aussi les utilisateurs des voies publiques puisqu’à son avis « s’il y avait beaucoup plus de conducteurs exemplaires, il y aurait moins d’accidents sur les routes ».</p>
<p><strong>Deux projets ambitieux</strong></p>
<p>Jeannite Pierre ne se voit pas chauffeur de Taxi à vie. La jeune mère a d&rsquo;ambitieux projets afin de gravir les échelons dans son domaine. « J’ai déjà aidé d’autres femmes à apprendre à maîtriser le volant à l’instar des auto-écoles. Puisqu’elles ne sont pas persévérantes, beaucoup d’entre elles ont abandonné en chemins. Face à ce constat, je rêve de fonder une auto-école dès que j’ai les moyens afin d’enseigner à des femmes les règles de la circulation. Objectif : voir plus de femmes, chauffeur de taxi à travers le pays », rêve-t-elle.</p>
<p>En plus de son rêve de fonder sa propre d’auto-école, Jeannite se voit aussi comme une patronne à l’avenir. Avoir une société de taxi, pourquoi pas.</p>
<p>La jeune dame dit caresser le rêve d’avoir sa propre société de transport qui fournira des taxis à titre de location a des jeunes des deux sexes qui cherchent désespérément un emploi afin de permettre à ces derniers de gagner leurs vies à leurs tours.</p>
<p>« Si je le fais, d’autres femmes peuvent le faire aussi », croit madame Pierre qui souhaite voir plus de femme chauffeur à travers les rues de Port-au-prince et aussi des femmes pratiquer toutes sortes de métiers, particulièrement ceux réservés, dit-on, à la junte masculine.</p>
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		<title>Des femmes au cœur de la reconstruction d&#8217;Haïti</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Evens Lebrun]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Mar 2021 13:58:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[8 mars]]></category>
		<category><![CDATA[Construction]]></category>
		<category><![CDATA[Femme]]></category>
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					<description><![CDATA[313 000 bâtiments, soit 60 % des infrastructures de la zone métropolitaine de Port-au-Prince ont été dévastés, selon un rapport publié en mars 2010 par le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD). 11 ans après le cataclysme, certaines femmes s’intéressent à la construction des infrastructures parasismiques modernes. Objectif : « Placer Haïti sur la voie du développement ». Entourée de construction anarchique en béton, la Faculté des Sciences (FDS), lieu de formation par excellence des ingénieurs haïtiens, n’a pu résister aux secousses dévastatrices du tremblement de terre du 12 janvier 2010, tout comme d’ailleurs une bonne partie des immeubles...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>313 000 bâtiments, soit 60 % des infrastructures de la zone métropolitaine de Port-au-Prince ont été dévastés, selon un rapport publié en mars 2010 par le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD). 11 ans après le cataclysme, certaines femmes s’intéressent à la construction des infrastructures parasismiques modernes. Objectif : « Placer Haïti sur la voie du développement ».</strong></p>
<p>Entourée de construction anarchique en béton, la Faculté des Sciences (FDS), lieu de formation par excellence des ingénieurs haïtiens, n’a pu résister aux secousses dévastatrices du tremblement de terre du 12 janvier 2010, tout comme d’ailleurs une bonne partie des immeubles du pays. Des images prises après la catastrophe de 2010 témoigne d’un local défiguré, tombé en ruine. Vu l’état de délabrement des lieux, certains croiraient que la renaissance serait impossible, mais c’était sans compter sur la détermination de certaines femmes qui font de la détermination leur leitmotiv.</p>
<p>2 h 21 PM. Sous une chaleur accablante, Fabiola Blanc est débordante d’énergie. Formée en ferronnerie et en technique de construction améliorée de bâtiment, cette jeune femme de 31 ans, travaille sur le chantier de la Faculté des Sciences (FDS), logé à la rue Mgr. Guilloux. Elle bosse aux côtés de maçons expérimentés, parfois dans des conditions dangereuses.</p>
<p>La volonté et le savoir-faire de Fabiola étonnent plus d’un. Casque rouge, paire de bottes, gilet de sécurité, mètre, pince, aimant magnétique et gants, elle est bien armée pour remplir sa fonction à cheval entre la ferronnerie et la maçonnerie. Pour elle, aucune tâche n’est trop lourde ni trop fatigante. « J’exerce mon métier par amour, mais aussi par envie de participer à la reconstruction de ma communauté », confie-t-elle.</p>
<p>Rescapée du séisme dans lequel elle a perdu son père et sa mère, Fabiola Blanc explique que le tremblement de terre a été pour elle, certes, une source de malheur, mais aussi l’élément déclencheur d’un nouveau départ. « Je dormais sous des tentes après le séisme. Quelques mois plus tard, j’ai bénéficié d’une formation au Centre pilote de formation professionnelle. J’ai vite compris que les infrastructures dans le développement d’un pays constituent un élément incontournable. Et c’est ce qui m’a poussée à m’engager dans ce domaine », raconte-t-elle.</p>
<p>Avec un salaire de 650 gourdes par jour, Mme Blanc rêve de bâtir sa propre maison. Cependant, il faudrait non seulement, une politique de genre paritaire sur les chantiers, mais aussi, un encadrement basé sur les assurances de travail. « Je suis habile comme n’importe quel employé masculin sur le chantier. Nous exécutons des taches égales, cependant, ils perçoivent un meilleur salaire », se plaint-elle. Mais la jeune dame ne se laissera pas décourager. La technicienne en ferronnerie rêve de gravir les échelons dans l’exercice de son métier.</p>
<figure id="attachment_5353" aria-describedby="caption-attachment-5353" style="width: 2048px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Feronnerie-Konesans-Fanmi.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-5353 lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Feronnerie-Konesans-Fanmi.jpg" alt="" width="2048" height="1361" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Feronnerie-Konesans-Fanmi.jpg 2048w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Feronnerie-Konesans-Fanmi-300x199.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Feronnerie-Konesans-Fanmi-1024x681.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Feronnerie-Konesans-Fanmi-768x510.jpg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Feronnerie-Konesans-Fanmi-1536x1021.jpg 1536w" sizes="auto" /></a><figcaption id="caption-attachment-5353" class="wp-caption-text">Illustration d’une femme manœuvrant ses outils en ferronnerie sur un chantier de construction. Crédit Photo : Konesans Fanmi</figcaption></figure>
<p>De la ferronnerie en passant par la charpenterie, la maçonnerie jusqu’à l’ingénierie, les femmes s’engagent à tous les niveaux.</p>
<p>Ingénieure depuis plus de 21 ans, Monique Duperval dirige la firme « Expert Concept ». Cette sexagénaire souligne qu&rsquo; « on ne saurait penser le développement d&rsquo;un pays en ruine sans préalablement penser sa reconstruction. Car, les bâtiments devant héberger toute entreprise de développement ou toutes industries doivent être construits selon les normes parasismiques et modernes ».</p>
<p>Pour aider au développement du pays, Monique Duperval, ingénieure-architecte s’implique dans la reconstruction. Ce, à travers différents chantiers qui prennent aussi en compte l’accessibilité des personnes en situation de handicap. D’ailleurs, plusieurs édifices en structure métallique sont sorties de terre sous son ingéniosité. Parmi ses chefs-d’œuvre, on compte : le bâtiment temporaire de l’hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), l’impressionnant bâtiment du Fonds des Nations Unies pour l&rsquo;enfance, (UNICEF), l’École des sœurs de Saint-François d’Assise, le Collège Canado-Haïtien, le Centre d’éducation spéciale (CES), et deux autres bâtiments dont les travaux sont encore en cours : la faculté des sciences (FDS) ainsi que celui de la faculté d’agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV).</p>
<p>Quant au développement d’Haïti, celle qui est l&rsquo;une des rares femmes à la tête d&rsquo;une firme de construction dans le pays, dit ne faire aucune économie de volonté, surtout quand elle associe « infrastructure et développement ». La spécialiste de construction des bâtiments en acier explique que les infrastructures adaptées aux besoins du sol d’Haïti marchent de pair avec le développement. Pour elle, l&rsquo;urbanisation représente davantage une opportunité qu&rsquo;un défi.</p>
<p><strong>Repousser les limites des stéréotypes</strong></p>
<p>Afin de repousser les limites des idées préconçues faisant croire que seul le sexe masculin est taillée pour effectuer des travaux liés à la maçonnerie et à la construction, l’organisation ‘’Konesans fanmi’’ a développé des programmes de concert avec ses partenaires afin de supporter le professionnalisme des femmes dans les métiers « traditionnellement masculin ». « À « Konesans Fanmi », nous sommes soucieuses de l’insertion socio-économique des femmes, c’est pourquoi nous avons réalisé, grâce au financement de la Inter-American Development Bank, un programme de formation en maçonnerie, ferraillage et en charpenterie dans le cadre d’un projet du Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications aux profit de plusieurs dizaines de femmes à travers le pays » explique la directrice, Marie Antoinette Toureau.</p>
<p>D’après elle, « Le métier de charpentier, tout comme celui du maçon n’a pas de sexe ». « Il faut qu’il y ait un réel renforcement de capacités des femmes haïtiennes pour leur autonomisation socio-économique afin de contribuer à la parité homme-femme tant rêvé » a-t-elle ajouté.</p>
<figure id="attachment_5354" aria-describedby="caption-attachment-5354" style="width: 903px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Charpentiere-Konesans-Fanmi.jpg"><img decoding="async" class="size-full wp-image-5354 lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Charpentiere-Konesans-Fanmi.jpg" alt="" width="903" height="600" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Charpentiere-Konesans-Fanmi.jpg 903w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Charpentiere-Konesans-Fanmi-300x199.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Charpentiere-Konesans-Fanmi-768x510.jpg 768w" sizes="auto" /></a><figcaption id="caption-attachment-5354" class="wp-caption-text">Illustration d’une femme, charpentière, manœuvrant sa scie à panneau pour préparer les planches nécessaires à la construction d’un chantier Crédit Photo : Konesans Fanmi</figcaption></figure>
<p><strong>Reconstruire, pour rapprocher un « ODD »</strong></p>
<p>« Construire autrement aujourd’hui est plus qu&rsquo;une nécessité, c&rsquo;est une priorité », affirme le directeur de l&rsquo;Unité de Construction de Logements et de Bâtiments publics (UCLBP), Clément Bélizaire. Deux raisons le justifient. Premièrement, les risques sismiques qui pèsent lourdement sur Haïti. Deuxièmement, les objectifs de développement durable (ODD) qu&rsquo;Haïti doit atteindre à l’horizon de 2030. À côté de cela, « il y a aussi les règles du Code national du Bâtiment D’Haïti (CNBH) à prendre aussi en compte », rappelle l’ingénieur Bélizaire.</p>
<p>En effet, le 11e ODD « Villes et communautés durables » de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) vise à créer des logements sûrs, ouverts à tous et résilients. Une idée que partage l’ingénieure Duperval qui dans son optimiste croit que reconstruire Haïti avant 2030 n’est pas impossible.</p>
<figure id="attachment_5355" aria-describedby="caption-attachment-5355" style="width: 1920px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Des-hommes-et-des-femmes-dans-le-metier-de-Construction.jpg"><img decoding="async" class="size-full wp-image-5355 lazyload" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Des-hommes-et-des-femmes-dans-le-metier-de-Construction.jpg" alt="" width="1920" height="1080" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Des-hommes-et-des-femmes-dans-le-metier-de-Construction.jpg 1920w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Des-hommes-et-des-femmes-dans-le-metier-de-Construction-300x169.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Des-hommes-et-des-femmes-dans-le-metier-de-Construction-1024x576.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Des-hommes-et-des-femmes-dans-le-metier-de-Construction-768x432.jpg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Des-hommes-et-des-femmes-dans-le-metier-de-Construction-1536x864.jpg 1536w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Des-hommes-et-des-femmes-dans-le-metier-de-Construction-640x360.jpg 640w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Des-hommes-et-des-femmes-dans-le-metier-de-Construction-320x180.jpg 320w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Des-hommes-et-des-femmes-dans-le-metier-de-Construction-480x270.jpg 480w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Des-hommes-et-des-femmes-dans-le-metier-de-Construction-960x540.jpg 960w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Des-hommes-et-des-femmes-dans-le-metier-de-Construction-1280x720.jpg 1280w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2021/03/Des-hommes-et-des-femmes-dans-le-metier-de-Construction-1600x900.jpg 1600w" sizes="auto" /></a><figcaption id="caption-attachment-5355" class="wp-caption-text">Illustration d’un groupe d’hommes et femmes apprenant les principes de la construction moderne et parasismique sur un chantier. Crédit Photo : Konesans Fanmi</figcaption></figure>
<p><strong>Un secteur à impacts multiples</strong></p>
<p>À côté des écoles reconstruites, des hôpitaux rebâtis, et des emplois créés, les impacts du secteur de la construction dans l’économie nationale sont considérables.</p>
<p>Au niveau économique, une partie des chantiers construits par la firme Expert Concept, dirigée par Monique Duperval, absorbe plus de 91 millions 200 mille dollars américains avec : 4 millions pour la FDS, 3 millions pour le Canado, 84 millions 200 000 pour l’HUEH, pour ne citer que cela. De plus, depuis 2015, la Chambre de commerce américaine (AMCHAM) souligne que près de 200 mille emplois directs et indirects ont été créés dans le pays grâce au secteur de la construction.</p>
<p>Sans doute, le chemin de la reconstruction sera long et truffé d’obstacles pour Haïti. Mais, quoique lents, les progrès démontrent que dans cet univers dominé par des hommes, les femmes ont fait du chemin.</p>
<p>En s’impliquant à titre de charpentières, maçonnes, ingénieures et architectes, elles apportent chacune, pierre après pierre, chantier après chantier, une contribution dans l’édification d’une nouvelle Haïti.</p>
<p>11 ans après le séisme, les blessures se cicatrisent, les femmes décident d’écrire de nouvelles pages dans leurs histoires. En utilisant le sol comme parchemin, des bâtiments modernes comme écriteaux et des outils de construction pour plume. Elles essaient de coécrire à l’instar des hommes, une nouvelle ère dans l’histoire du pays. Celle d’une Haïti qui se relève au fur et à mesure…</p>
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