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	<title>12 Janvier &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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	<description>Plus loin que l&#039;actualité</description>
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	<title>12 Janvier &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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		<title>« Goudou-Goudou » : des rescapés souffrent encore</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Francesca MINTOR]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Jan 2023 00:30:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[Cet après-midi du 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7.3 sur l&#8217;échelle de Richter a dévasté Port-au-Prince et ses alentours. Au lendemain du sinistre, nombreux sont ceux qui n&#8217;ont pas répondu à l&#8217;appel. Mais plus nombreux encore sont ceux qui vivent avec des séquelles et des traumatismes occasionnés par cette catastrophe naturelle qui s’est inscrite définitivement dans les annales du temps. Il est 4h de l&#8217;après-midi, le jour commence doucement à décliner et le soleil poursuit sa course pour atteindre l&#8217;horizon. Un après-midi comme un autre, somme toute. Non, pas tout à fait. Car avant que le soleil atteigne...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cet après-midi du 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7.3 sur l&rsquo;échelle de Richter a dévasté Port-au-Prince et ses alentours. Au lendemain du sinistre, nombreux sont ceux qui n&rsquo;ont pas répondu à l&rsquo;appel. Mais plus nombreux encore sont ceux qui vivent avec des séquelles et des traumatismes occasionnés par cette catastrophe naturelle qui s’est inscrite définitivement dans les annales du temps.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est 4h de l&rsquo;après-midi, le jour commence doucement à décliner et le soleil poursuit sa course pour atteindre l&rsquo;horizon. Un après-midi comme un autre, somme toute. Non, pas tout à fait. Car avant que le soleil atteigne l&rsquo;horizon, un grondement sourd provenant des entrailles de la terre se fait entendre partout, et le sol se met à vaciller sous nos pieds. En seulement quelques secondes, la nuit s&rsquo;abat sur Port-au-Prince et ses environs. Plus rien ne sera comme avant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des souvenirs douloureux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Boitillant, le corps endolori car un bloc a heurté sa partie droite, Matilia se dépêche de gagner sa maison à Fontamara. Elle espère que son fils Alan, qui travaille à la rue pavée, a pu rentrer sain et sauf à la maison. Fermant les yeux pendant un cours instant, la sexagénaire hésite à se confier sur ce qui s&rsquo;est passé en cet après-midi du 12 janvier 2010.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec la gorge nouée et des larmes au coin des yeux, Matilia raconte qu&rsquo;elle est retournée en ville le même soir, sur le lieu de travail du jeune garçon, cherchant autant parmi les vivants que parmi les cadavres qui s&rsquo;amoncelaient dans les rues de Port-au-Prince ce soir-là: « J&rsquo;ai cherché mon fils partout mais il me restait encore de l&rsquo;espoir tant qu’on n’avait pas retrouvé son cadavre ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle observe une pause, le temps de refouler un sanglot et lâche que Alan est resté sous les décombres et qu&rsquo;elle n&rsquo;a même pas pu récupérer son corps. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>« On m&rsquo;a dit qu&rsquo;un mur lui était tombé dessus et ce n&rsquo;est que plusieurs jours après qu&rsquo;on a retrouvé le cadavre », précise-t-elle le visage crispé. « À ce moment-là, il ne restait plus grand chose, je n’ai pas pu enterrer mon fils », ne cesse-t-elle de répéter.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Tout de suite après les premières secousses, Sherly s&rsquo;est précipitée à Bazile Moreau, l&rsquo;établissement que fréquentait son fils de 16 ans, priant de le retrouver indemne. Là-bas, on lui a annoncé que Ralph Peterson Accédé a été blessé à la tête et qu&rsquo;il s&rsquo;était rendu à l&rsquo;hôpital des Médecins Sans Frontières (MSF) de Martisant. Je l&rsquo;ai cherché dans les hôpitaux, les morgues, les églises, je ne l&rsquo;ai jamais revu. J&rsquo;ai même envoyé le chercher en République dominicaine, mais c&rsquo;était peine perdue, confit-elle. 13 ans après, la marchande de friture garde encore l&rsquo;espoir de pouvoir serrer un jour son fils dans ses bras.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les troubles post-séismes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nombreux sont les signes qui ont été manifestés au lendemain du séisme, allant de la panique à la sidération, en passant par la peur, l&rsquo;effroi, l&rsquo;émoi ou tout carrément la folie</p>



<p class="wp-block-paragraph">Johanne Refusé, psychologue et spécialiste de l&rsquo;enfance, parle de symptômes post-traumatiques. Elle a travaillé avec une centaine de personnes dans un programme de clinique post-séisme mis sur pieds par Médecins Sans Frontières (MSF). Les répliques, ayant rappelé le séisme, ont provoqué de la panique, des tremblements, des palpitations, des insomnies et même des troubles alimentaires, informe la spécialiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez les enfants, Johanne Refusé a pu constater une peur viscérale de se séparer d&rsquo;un adulte, des pleurs et des terreurs nocturnes. Beaucoup se sont refermés sur eux-mêmes et d&rsquo;autres ont présenté des signes d’agitation constante, poursuit la psychologue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>13 années après, les séquelles du tremblement de terre sont encore présentes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En Haïti, avoir recours à une assistance psychologique est chose rare. La majorité des gens pensent qu’ils peuvent se passer du diagnostic du psychologue. De ce fait, beaucoup de personnes vivent avec des traumatismes non soignés, affirme Cassandre Denis, psychologue de formation. Nombreuses sont les victimes de stress post-traumatiques qui n&rsquo;arrivent pas à rester longtemps dans un endroit fermé ou un bâtiment à plus d&rsquo;un étage, surtout celles qui sont restées coincées sous les décombres pendant plusieurs jours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celles et ceux qui ont perdu des proches risquent de mettre beaucoup plus longtemps à se remettre, comme c&rsquo;est le cas de cette dame dont un de ses fils est décédé lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010 et un autre dans celui du 14 août 2021. Après le premier drame, elle est allée vivre à Jérémie. 11 ans après, un autre de ces enfants meurt dans le séisme du 14 août 2021, témoigne sa psychologue. Elle s&rsquo;est trouvée dans une situation de réactualisation des événements, ajoute-t-elle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Il est prouvé que le processus de deuil est important à la perte d&rsquo;un proche, d’un être cher. La mise en terre est une étape vraiment cruciale dans ce processus d&rsquo;après la psychologue Cassandre Denis, qui a travaillé avec des personnes présentant des troubles post-traumatismes. Dans le cas où le cadavre du proche n&rsquo;a pas été retrouvé et si aucun procédé spirituel n&rsquo;a été entamé pour aider la personne à surmonter ce deuil, cela peut engendrer des traumatismes sur le long terme car il y a une étape qui est sautée, le processus n&rsquo;est pas achevé, explique-t-elle.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Goudou Goudou, un bruit que les haïtiens ne sont pas prêts d&rsquo;oublier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Goudou Goudou, c&rsquo;est le nom qu&rsquo;ils ont mis sur ce grondement sourd qui martelait les oreilles pendant les quelques secondes qui ont précédé le tremblement de terre. Beaucoup déclarent que ce bruit les a poursuivi plusieurs mois, et parfois jusque dans leur sommeil. La professionnelle en santé mentale affirme qu&rsquo;il y a des gens qui subissent encore des troubles de panique au passage d&rsquo;un bulldozer. C&rsquo;est un rappel qui renvoie le message d&rsquo;un chapitre qui n&rsquo;est pas clos, poursuit-elle.<br>« Ce n&rsquo;est pas quelque chose qui va partir si rapidement, cela peut leur hanter durant toute leur vie. Un traumatisme ne se guérit pas du jour au lendemain », conclut la psychologue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Francesca MINTOR</strong></p>
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		<title>13 ans après, quelle leçon tirée et où en sommes-nous?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mederson ALCINDOR]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jan 2023 16:00:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[Lors du Tremblement de terre du 12 janvier 2010, le secteur construction a été l’un des plus touchés. Environ 250 mille logements ont été détruits et 6 mille 500 maisons endommagées. 13 ans après la catastrophe, est-ce que les haïtiens construisent mieux ? Les normes modernes de constructions sont-elles appliquées ? Quelle leçon les professionnels de constructions ont-ils tiré du séisme? Entres autres questions qui restent toujours pendantes plus d&#8217;une dizaine d&#8217;années après le passage du cataclysme. Le 12 janvier 2010, à 16h 53, un séisme de magnitude 7.3 ébranle la capitale d&#8217;Haïti, Port-au-Prince, la secousse qui a duré un...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lors du Tremblement de terre du 12 janvier 2010, le secteur construction a été l’un des plus touchés. Environ 250 mille logements ont été détruits et 6 mille 500 maisons endommagées. 13 ans après la catastrophe, est-ce que les haïtiens construisent mieux ? Les normes modernes de constructions sont-elles appliquées ? Quelle leçon les professionnels de constructions ont-ils tiré du séisme? Entres autres questions qui restent toujours pendantes plus d&rsquo;une dizaine d&rsquo;années après le passage du cataclysme.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 12 janvier 2010, à 16h 53, un séisme de magnitude 7.3 ébranle la capitale d&rsquo;Haïti, Port-au-Prince, la secousse qui a duré un peu plus de 35 secondes a réduit la ville en un amas de ruines. Des quartiers et de grands bâtiments publics dont le Palais National sont rasés. Jusqu&rsquo;à date, le bilan est difficile à établir avec précision compte tenu de l&rsquo;ampleur des dégâts. 13 ans après, le pays peine à se relever et nous sommes loin du compte. Les dirigeants d&rsquo;alors ont raté cette opportunité de pose les jalons pour une nouvelle Haïti. Malgré que l&rsquo;occasion était là, à porter de main pour reconstruire ce pays, mais nous l’avons carrément raté. C’est ce qui nous pousse à aller sur le terrain pour comprendre la réalité plus de 10 ans après.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur un chantier, 9 ouvriers, un contremaitre et un ingénieur sont au travail. Ils connaissent tous les techniques de construction. Dès la composition du mortier, ces méthodes sont appliquées. Jean-Louis Moise frise la trentaine, il est contremaitre. Un crayon dans la bouche et un décamètre accroché à sa ceinture, le technicien en maçon avoue qu’avant, il s’intéressait peu aux principes de construction. Le passage du séisme de 2010 a tout changé. Des organisations œuvrant dans le domaine l’ont sensibilisé et formé. Aujourd’hui Jean-Louis Moise construit autrement : <em>« Avant le passage séisme on ne se soucie pas vraiment des normes en matière de construction mais maintenant c&rsquo;est devenu plus qu&rsquo;une obligation. On doit être vigilant et s&rsquo;assurer de chaque détail tout en respectant les normes internationales de construction au moins à 80, 90% pourquoi pas 100%»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de ce dernier, c’est le cas pour les autres techniciens du chantier, qui font énormément d&rsquo;efforts pour mettre toute en œuvre les exigences en matière de construction. Ici un charpentier, dans la cinquantaine, s’active à terminer son coffrage. Il a, lui aussi, suivi des séminaires en construction. Il affirme que bon nombre de choses ont changé depuis le passage du tremblement de terre. Il y a de l&rsquo;évolution dans la manière et la façon de construire une maison ce qui exige au constructeur de s&rsquo;adapter à la réalité de l&rsquo;heure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les travaux se réalisent sous l’œil attentif de l’ingénieur Philémon Pierre Franck. Pour lui toute construction a 3 aspects : la résistance, le coût et l’esthétique. « Mais trop souvent les propriétaires sont guidés par le second », regrette le professionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De ce fait, M. Pierre Franck pense qu’il appartient à l’Etat haïtien de faire respecter les normes en matière de constructions. <em>« Les techniques existent mais ne sont pratiquées que par une minorité », constate l’ingénieur. I</em>l conseille à la population de mieux choisir les constructeur de leurs maisons.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’envers du décor</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On le prénomme Gabriel, il est ingénieur civil et mastérant en infrastructures et géotechnique et spécialiste en ouvrages d&rsquo;art. Ce dernier dit regretter que 13 ans après le tremblement de terre rien n’a changé. Il déplore le fait que les autorités n&rsquo;aient tiré aucune leçon du tremblement de terre du 12 janvier 2010. Ajouter à cela, le pays a raté une occasion en or de redorer son blason en matière de construction. Il reste convaincu que si un tremblement de terre se produit sur une même échelle, il causerait autant de dégâts voir beaucoup plus que celui de 2010. Car soutient-il, les citoyens se contentent d&rsquo;avoir une belle maison  et non une bonne maison. Et les autorités municipales n&rsquo;ont aucun contrôle sur les constructions, alors que c’est une partie de leur mission.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« C&rsquo;est au moment du bétonnage d&rsquo;une maison au moins un agent de la mairie peut venir questionner le propriétaire de la maison et ceci les questionnements se limitent sur le permis de construction et après le propriétaire donne un peu d&rsquo;argent et tout est réglé. Mais aucune inspection sur le terrain, sur le plan de la maison etc…», dénonce-t-il.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="654" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/01/Des-edifices-en-ruine-au-centre-ville-de-Port-au-Prince.-1024x654.jpg" alt="" class="wp-image-7328 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/01/Des-edifices-en-ruine-au-centre-ville-de-Port-au-Prince.-1024x654.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/01/Des-edifices-en-ruine-au-centre-ville-de-Port-au-Prince.-300x192.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/01/Des-edifices-en-ruine-au-centre-ville-de-Port-au-Prince.-768x491.jpg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/01/Des-edifices-en-ruine-au-centre-ville-de-Port-au-Prince..jpg 1280w" sizes="auto" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, il croit que la situation économique de la population est un des facteurs de risque dans leur manière de construire. Selon lui, <em>« une construction qui respecte les normes coûte cher, mais la majorité de la population vit dans la misère donc ils n&rsquo;ont pas les moyens pour faire appel à des spécialistes. Ils s&rsquo;amusent à acheter n&rsquo;importe quel type de terrain sans faire des études ou de consultation puis appeler un proche ayant une certaine connaissance en la matière et quelques jours ils construisent leur maison ». </em>L&rsquo;ingénieur croit qu’à part quelques bâtiments publics qui répondent plus ou moins aux normes modernes de construction, la majorité des maisons sont que de belles maisons qui ne pas capables de résister à un séisme de magnitude 3 ou 4.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle est l&rsquo;utilité des campagnes d&rsquo;évaluation du MTPTC après le séisme?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ingénieur Gabriel faisait partie de l&rsquo;équipe d&rsquo;évaluation du Ministère des Travaux Publics, Transport et Communication (MTPTC) après le passage du cataclysme. Il se souvient qu&rsquo;il y avait des maisons qui ont été marquées rouge ce qui signifie qu&rsquo;elles devraient être démolies mais à son grand étonnement 13 ans plus tard, certaines de ces maisons sont toujours debout et les autorités étatiques restent les bras croisés constatant le danger. De même pour les maisons marquées jaune, ce qui voulait dire qu&rsquo;elles devraient être réparées à un certain niveau mais ces maisons sont aujourd&rsquo;hui habitées, ce qui rend la tâche d&rsquo;autant plus compliqué.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Le spécialiste croit que la population n&rsquo;est pas assez éduquée sur ce que représente un séisme, or le pays est traversé par des failles sismiques qui sont toujours en activité. Rare sont les personnes qui ont des connaissances sur les catastrophes naturelles. Il déplore du fait que seul le Bureau des Mines et de l’Energie (BME) assure des campagnes de sensibilisation sur les risques écologies et géologiques, mais les autres instances concernées ne sont pas vraiment impliquées. Il accuse l&rsquo;Etat haïtien d&rsquo;être le principal responsable de l’ampleur des dégâts causée par le séisme du 14 août 2021 dans le Sud du pays. Il plaide en faveur d&rsquo;un Etat avant-gardiste en lieu et place de cet Etat pompier.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En guise de propositions, l’ingénieur civil conseille aux autorités de mieux superviser le secteur de construction et surtout d&rsquo;éduquer la population sur les catastrophes naturelles, les séismes en particulier. En ce qui a trait à la population, il leur recommande de se pencher sur la qualité d&rsquo;une maison au lieu de la quantité. Le spécialiste croit qu&rsquo;il serait mieux de posséder une pièce et celle-ci répond aux normes de construction au lieu d’en avoir 10 qui sont construites n’importe comment.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mederson ALCINDOR</strong></p>
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		<title>Haïti : 13 après, les séquelles du séisme de 2010 demeurent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Oberde Charles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jan 2023 03:50:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités Locales]]></category>
		<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[12 Janvier]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
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					<description><![CDATA[Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a été dévastateur. Une bonne partie du département de l&#8217;Ouest et d&#8217;autres régions avoisinantes ont été détruites. Des dizaines de milliers de personnes ont été ensevelies durant des jours sous des décombres. D’autres ont perdu des biens, des êtres chers et des membres de leurs corps. 13 ans après, les séquelles sont encore présentes dans les chaires et dans les âmes. Dans certains quartiers de la zone métropolitaine, rien n’a pratiquement changé. Plus d&#8217;une décennie depuis le passage du tremblement de terre du 12 janvier 2010, les images sont telles qu&#8217;elles ont&#160;...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a été dévastateur. Une bonne partie du département de l&rsquo;Ouest et d&rsquo;autres régions avoisinantes ont été détruites. Des dizaines de milliers de personnes ont été ensevelies durant des jours sous des décombres. D’autres ont perdu des biens, des êtres chers et des membres de leurs corps. 13 ans après, les séquelles sont encore présentes dans les chaires et dans les âmes.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans certains quartiers de la zone métropolitaine, rien n’a pratiquement changé. Plus d&rsquo;une décennie depuis le passage du tremblement de terre du 12 janvier 2010, les images sont telles qu&rsquo;elles ont&nbsp; été au lendemain de cette catastrophe, la plus sanglante et la plus meurtrière qu&rsquo;a connue le pays. Des murs fissurés ou effondrés portent encore les stigmates de ce cataclysme. Des familles et amis sont encore privés de leurs proches, certains n’ont même pas eu la chance de leur faire un dernier adieu. Des personnes ont survécu mais avec un handicap quelconque. D’autres ont tout simplement tout perdu, l’espace d’un cillement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une victime raconte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alice* a vécu durant ces secondes la destruction de la maison familiale. « <em>Nous avons perdu tous nos biens. Notre maison a été totalement détruite. Mon père et une de mes cousines ont trouvé la mort sous les décombres. De justesse, je me suis échappée, aidée par quelques voisins qui m’ont entendu crier. Malgré qu&rsquo;ils géraient eux-mêmes leurs propres fardeaux, ils m’ont secouru », </em>décrit-elle les larmes aux yeux. <em>«  Avant début des secousses, j&rsquo;étais sur le point d&rsquo;entrer à la salle de bain et d&rsquo;un coup j&rsquo;ai ressenti les vibrations du sol et l’écroulement des murs de la maison, je ne savais rien à propos de ce phénomène naturel appelé séisme</em>« , souligne par ailleurs Alice.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les souvenirs et les traumas sont encore là.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Survivante de ce drame, qui a laissé un lourd&nbsp; bilan, soit plus de 220 000 morts, 300 000 blessés et 1, 5 million de personnes sans-abri selon les données publiées par Oxfam international, Alice garde encore en mémoire un lot de souvenirs qui hantent son quotidien. La jeune fille voit défiler devant elle toute la scène de ce mardi 12 janvier 2010 à chaque regard vers l’emplacement de son ancienne demeure. Deux de ces proches y ont rendu l’âme et 3 autres en sont sortis grièvement blessés. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>« C&rsquo;est accablant de penser à ce temps-là. J&rsquo;ai perdu mon père que je ne reverrai plus. Son absence pèse encore sur la famille. Il était le principal moteur financier qui alimente le ménage. Vous savez qu&rsquo;est-ce que cela signifie un père responsable dans les familles haïtiennes », lâche-t-elle,&nbsp; l&rsquo;air pensif.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Après les blessures causées par l&rsquo;effondrement des batiment lors du sinistre du 12 janvier 2010, Alice a passé environ 8 mois pour se reprendre physiquement. Quant aux effets psychiques, elle indique qu&rsquo;ils s&rsquo;effacent progressivement grâce aux supports des membres de sa famille et de ses amis. Elle est du nombre de ces victimes qui n&rsquo;ont pas eu la chance de se rendre chez un psychologue après les troubles occasionnés par cet événement dévastateur qui a démoralisé une bonne partie de la population haïtienne. Cependant, Alice croit dur comme fer que si la population avait été éduquée sur les risques sismiques, les méthodes de prévention et la gestion post-catastrophe, des victimes seraient encore vivantes dont son « pauvre père ».</p>



<blockquote class="twitter-tweet"><p lang="fr" dir="ltr">🔴3 ans déjà depuis la sortie de mon livre “NARRATIONS DU SENSIBLE &#8211; Récits post-traumatiques de survivants du séisme du 12/01/2010 en Haïti”. <br><br>💬Cet ouvrage devrait intéresser politiques, professionnels du social, du soin, de l’éducation, universitaires, citoyens…<a href="https://twitter.com/DerivoisD?ref_src=twsrc%5Etfw">@DerivoisD</a> <a href="https://t.co/XAYw0rzjuN">pic.twitter.com/XAYw0rzjuN</a></p>— Jeff M. Cadichon (@JeffCadichon) <a href="https://twitter.com/JeffCadichon/status/1613006021932228608?ref_src=twsrc%5Etfw">January 11, 2023</a></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alice prône la prévention comme norme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si en 2010 la majorité des gens ignorait tout&nbsp;sur les constructions parasismiques et les attitudes à adopter lors d&rsquo;un tremblement de terre, Alice se dit toutefois un peu mieux informée par rapport à ces catastrophes aujourd&rsquo;hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des départements comme le Nord,&nbsp; le Sud et l&rsquo;Ouest ont déjà été récemment touchés par un séisme majeur ayant causé d&rsquo;énormes dégâts et tuer beaucoup de personnes. Aujourd’hui, Alice qui est une rescapée fait ce qu’elle peut afin d’aider ces concitoyens à avoir une attitude plus responsable vis-à-vis des risques géologiques dans les normes de construction. La trentenaire éspère qu&rsquo;avec une population mieux préparée, le nombre des victimes en cas d’un éventuel séisme sera nettement diminué.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>*Des noms d&#8217;emprunt ont été utilisés dans le cadre de ce travail afin de protéger l&rsquo;identité de certaines personnes interviewées.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oberde Charles </strong></p>
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