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	<title>Société &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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	<description>Plus loin que l&#039;actualité</description>
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	<title>Société &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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	<item>
		<title>Ale Wouj! Ale Nwa! : Le Combat de Coq, Un Héritage Vivant de la Culture Haïtienne</title>
		<link>https://imediaayiti.com/2025/02/15/ale-wouj-ale-nwa-le-combat-de-coq-un-heritage-vivant-de-la-culture-haitienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marc Evens Lebrun]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Feb 2025 04:35:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Combat de coq]]></category>
		<category><![CDATA[Culture haitienne]]></category>
		<category><![CDATA[Dezafi]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
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					<description><![CDATA[Le combat de coq est profondément ancré dans la culture haïtienne. Alors que certaines îles des Caraïbes abandonnent progressivement cette tradition populaire au profit des jeux vidéo, en Haïti, elle continue de captiver les esprits, à la fois comme loisir et comme activité économique. S’il existe depuis deux siècles une tradition des jeux en Haïti, le combat de coq figure parmi les plus anciens. D’ailleurs, le célèbre roman créole de Frankétienne, publié en 1975 et intitulé DEZAFI, tire son nom du jargon du combat et en fait un témoignage au symbolisme extrêmement riche. Introduit aux Antilles par les Espagnols au...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le combat de coq est profondément ancré dans la culture haïtienne. Alors que certaines îles des Caraïbes abandonnent progressivement cette tradition populaire au profit des jeux vidéo, en Haïti, elle continue de captiver les esprits, à la fois comme loisir et comme activité économique.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">S’il existe depuis deux siècles une tradition des jeux en Haïti, le combat de coq figure parmi les plus anciens. D’ailleurs, le célèbre roman créole de Frankétienne, publié en 1975 et intitulé <em><a href="https://www.etonnants-voyageurs.com/Dezafi.html">DEZAFI</a></em>, tire son nom du jargon du combat et en fait un témoignage au symbolisme extrêmement riche. Introduit aux Antilles par les Espagnols au XVIIᵉ siècle, tant comme oiseau de combat que comme volaille domestique, le coq demeure un héritage colonial doté d’une discipline qui lui est propre. Cette discipline consiste à opposer deux coqs spécialement préparés dans une arène appelée<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gallodrome"> <em>gallodrome</em></a>, un spectacle que l’on retrouve un peu partout dans la Caraïbe. Cependant, il ne porte pas le même nom dans les différentes îles : aux Antilles (Martinique, Guadeloupe, Porto Rico), on l’appelle <em><a href="https://www.antillesexception.com/destination-caraibe/vacances-martinique/blog-martinique/combats-coqs-martinique">Pitt</a></em>, à La Réunion, <em><a href="https://guide-reunion.fr/tourisme-loisirs/interet/curiosites/combats-de-coqs/">Rond</a></em>, et en République dominicaine, <em><a href="https://miderec.gob.do/miderec-autoriza-reanudacion-de-las-lidias-de-gallos/">Gallera</a></em>. En Haïti, on parle de <em>Gaguère</em>, un espace structuré réunissant un juge, des amateurs de coqs, des éleveurs et des spectateurs formant une véritable communauté où le coq suscite toujours de l’enthousiasme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« L’engouement pour cette discipline est tel qu’en 2011, plusieurs associations d’amateurs de coqs ont vu le jour, notamment l’Association Nationale des Gaguères (AGN) et l’Association des Éleveurs de Coqs de Combat (ASECOC) »</em>, explique Ronald Mercure, président de l’ASECOC, qui regroupe les amateurs de Pétion-Ville jusqu’au bas de Delmas. Il ajoute que <em>« des principes sont établis pour réglementer cette discipline, afin d’éviter les conflits et de contraindre les amateurs à respecter les normes établies. Selon la gravité d’une infraction commise, un amateur peut être radié du groupe en fonction des règlements en vigueur. Bien qu’il s’agisse d’un divertissement, il doit être encadré par l’ordre et la discipline »</em>, conclut-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que les règles varient selon les régions, cette tradition populaire s’accompagne de nombreux éléments qui la transforment en un véritable marché, régi par ses propres lois, coutumes et enjeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Préparer un coq : un traitement coûteux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Entretenir un coq de combat est loin d’être une tâche aisée : sa prise en charge est très coûteuse. Si son achat peut atteindre 10 000 gourdes, son entretien exige un budget pouvant être trois fois plus élevé. Lesly Joseph, amateur de coqs et professionnel du droit au cabinet d’un avocat portant le même nom que l’animal, Me Edwin Coq, compare cet oiseau à un sportif de haut niveau. Il explique : </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« Un coq de combat, c’est comme le Brésilien Neymar : il peut coûter très cher. Son entretien est un investissement. Il faut l’entraîner quotidiennement, l’asperger d’eau et de citron en permanence, parfois d’alcool à 95°, lui administrer des médicaments et des vitamines sous la supervision d’un vétérinaire, et le réchauffer au soleil à des horaires précis »,</em></strong> </p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">tout cela dans l’espoir qu’il rapporte une belle somme à son propriétaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« Le régime alimentaire du coq ne se limite pas au maïs »</em>, poursuit Lesly. <em>« Il doit aussi être nourri de figues mûres et de pain. Lorsqu’il est grièvement blessé, il doit suivre un régime plus léger comprenant notamment de la viande de bœuf et du pain, ou encore une sorte de bouillie spéciale composée de maïs, de viande et de vitamines, telles que le B-complexe. »</em></strong></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Située à la rue Nord Alexis, au numéro 14, la gaguère de l’agronome Jerry propose des combats spectaculaires. Les préliminaires sont dirigés par l’arbitre Nélio Saint-Eloi. Après le pesage et le choix des combattants, chaque propriétaire asperge son coq avec sa propre salive pour le rafraîchir avant d’aiguiser ses éperons à l’aide d’un canif.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="598" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2025/02/iStock-536949893-1024x598.jpg" alt="" class="wp-image-7645 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2025/02/iStock-536949893-1024x598.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2025/02/iStock-536949893-300x175.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2025/02/iStock-536949893-768x448.jpg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2025/02/iStock-536949893.jpg 1280w" sizes="auto" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le pari est fixé à 3 000 gourdes, dont environ 3 % reviennent à l’arbitre, qui joue un rôle essentiel : il inspecte les gallinacés, donne le coup d’envoi, contrôle la durée du combat (qui ne doit pas dépasser 29 minutes) et désigne le vainqueur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’assistance, les spectateurs parient des sommes en fonction de la robustesse et de la combativité de l’animal. Pè Cius, un habitué, explique : « Parier sur un coq repose sur son poids, ses performances et parfois la réputation de son propriétaire. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La foule, essentiellement composée d’hommes, s’anime bruyamment en criant : « Ale wouj ! Ale nwa ! » – des encouragements pour leurs champions, entre verres d’alcool et bouffées de cigarettes. </em></strong></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le combat est impitoyable, et les gallinacés finissent souvent mutilés. Deux redoutables coqs borgnes s’affrontent dans un duel sanglant. <em>Le coq kalite</em> de Monsieur Johny l’emporte en crevant l’œil de son adversaire, le coq de Monsieur Bernard, l’aveuglant totalement avant de l’assaillir à coups de bec et d’éperons. Selon la coutume, le corps du vaincu revient au propriétaire du vainqueur, selon une pratique appelée <em>ploum</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un symbole de bravoure</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coq, cet animal familier qui annonce l’aube, ne sert pas seulement d’horloge traditionnelle : il symbolise aussi la bravoure. « Dans les gaguères, le coq incarne l’intelligence et le courage. Il ne recule jamais devant un combat à mort. Guerrier intrépide, il reste énergique en toutes circonstances », s’exclame un amateur connu sous le nom de Pip-Pip.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>« Lorsqu’un amateur gagne un combat, il ne remporte pas seulement l’argent du pari : il gagne aussi en fierté et en prestige parmi ses pairs, ce qui renforce sa réputation dans le milieu », </em></strong></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">ajoute Lesly.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un loisir qui tisse des liens sociaux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Espace de loisir incontournable dans la culture haïtienne, la gaguère joue un rôle social majeur. Selon Lesly, elle contribue à renforcer les relations entre différentes classes sociales : « Dans une gaguère, il n’y a pas de distinction sociale. Chômeurs, professionnels, intellectuels et paysans se côtoient pour admirer le spectacle. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, une grande solidarité existe entre les amateurs de coqs. « Lorsque l’un des membres de l’association est en difficulté, tous se mobilisent pour l’aider. C’est cet esprit de fraternité qui me retient le plus dans ce milieu », souligne Lesly.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un business lucratif</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le combat de coq ne relève pas uniquement du divertissement : il constitue aussi une économie à part entière. Ce marché génère des emplois et stimule les revenus des petits commerçants. « Comme un stade de football, une gaguère emploie des agents d’entretien, un agent de sécurité chargé aussi de collecter les frais d’admission, ainsi qu’un bistrot et une petite boutique », explique Lesly.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En janvier, mois des <em>DEZAFI</em> (tournoi regroupant diverses associations et amateurs de coqs), les paris explosent. Dans des gaguères réputées comme celle de Matéus, sur la route de Frères, les mises de base avoisinent les 50 000 gourdes. Certains paris, impliquant de grands joueurs, atteignent 500 000, voire 750 000 gourdes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la fois ancrée dans le passé et omniprésente dans le présent, cette tradition populaire continue d’imprégner la culture haïtienne, mêlant histoire, littérature et économie au sein d’un univers où la passion du jeu demeure intacte.</p>
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            	</item>
		<item>
		<title>Bayakou en Haïti : un métier invisible face à un défi écologique majeur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Evens Lebrun]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Feb 2025 03:39:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Bayakou]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Imedia]]></category>
		<category><![CDATA[latrine]]></category>
		<category><![CDATA[matières fécales]]></category>
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					<description><![CDATA[À cause du déversement des matières fécales dans le milieu urbain après la vidange des latrines, les risques environnementaux encourus par la population haïtienne se multiplient à travers le pays. Malgré la mise en garde des autorités étatiques et la sensibilisation de certaines ONG, les pratiques rudimentaires de la vidange restent les mêmes. 74 % des Haïtiens n’ont pas accès à une latrine, selon un rapport du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) datant de 2013. Les défécations se font à ciel ouvert, en pleine rue, dans des sachets en plastique, des assiettes en foam, etc. En septembre 2023,...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À cause du déversement des matières fécales dans le milieu urbain après la vidange des latrines, les risques environnementaux encourus par la population haïtienne se multiplient à travers le pays. Malgré la mise en garde des autorités étatiques et la sensibilisation de certaines ONG, les pratiques rudimentaires de la vidange restent les mêmes.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">74 % des Haïtiens n’ont pas accès à une latrine, selon un <a href="https://www.undp.org/sites/g/files/zskgke326/files/migration/ht/UNDP-HT-HaitiRapportOMD2013_20140611.pdf">rapport du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD)</a> datant de 2013. Les défécations se font à ciel ouvert, en pleine rue, dans des sachets en plastique, des assiettes en foam, etc.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En septembre 2023, seulement 39 % de la population haïtienne dispose d’installations sanitaires de base, tandis que 55 % ont accès à une source d’eau potable de base. Dans les zones rurales, plus de 30 % des habitants pratiquent encore la défécation à l’air libre, faute d’infrastructures adéquates selon une note de plaidoyer publiée par l’UNICEF.</em></strong></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La gestion des matières fécales est un sujet tabou qui nécessite de grandes innovations pour un environnement sain et vivable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Évoluant en marge de la société à cause de sa profession de vidangeur, André Pierre, un septuagénaire, exerce ce métier discriminé depuis presque 52 ans, le plus souvent avec dédain. Membre de l’Organisation des Vidangeurs d’Haïti (OVIDHA), dirigée par Mauricette Jean Bidet, le nettoyage des latrines reste, depuis plusieurs décennies, son unique gagne-pain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour une personne ayant une âme sensible, être sur un tel chantier provoque la nausée et des haut-le-cœur à chaque minute.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les soirées débutent généralement entre 10 h et 10 h 30 P.M »</em>, raconte Pierre. L’heure est fixée en fonction du volume de travail à effectuer. 10 heures ! L’obscurité devient épaisse, l’équipe est déjà sur les lieux. Accompagné de deux adjoints, Dieusibon et Décimé, Pierre donne le signal de mise en place des dispositifs : kabwèt, assiettes, sacs, cordes, sachets, bougies et un gallon d’huile d’acacia. Ce sont ces matériels rudimentaires qui composent l’ensemble des équipements du trio pour assurer le nettoyage. Bougie en main, l’état des lieux est fait, des gestes rituels sont effectués, l’opération doit commencer. « <em>Maintenant, c’est l’heure de mettre la main à la pâte</em> », dit-il. Pas n’importe laquelle, si l’on regarde ! Une bouillie d’excréments, avec une armée de cafards et de vermisseaux blancs qui grouillent ici et là, une masse indescriptible, dont l’odeur asphyxiante peut bloquer l’appareil respiratoire. Un tableau répugnant qui pourrait faire croire que seul un être déshumanisé peut être Bayakou, et pourtant !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Décimé, étant le plus jeune et le plus robuste, est le « majò tou ». C’est à lui de descendre dans la fosse ignominieuse. Le visage crispé, il arque ses jambes, retire son pantalon kaki ainsi que son caleçon et descend dans le tombeau d’excréments, tout en ayant une corde attachée à sa ceinture. Avec une assiette en aluminium, il remplit le sac qu’on lui a tendu d’excréments, la main badigeonnée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au premier sac rempli, Dieusibon le remonte vers le haut, le secoue deux à trois fois afin de le compresser pour accumuler plus de matière. Après compression, il noue l’ouverture avec une corde. De son côté, Pierre respire à fond, pousse un soupir et embarque la lourde charge. Sa main gauche tient l’ouverture du sac, sa main droite le soutient en dessous et il va le déposer sur la kabwèt. Une tâche pénible, tant par la densité que par l’odeur du fardeau. Un véritable travail d’équipe où chacun doit jouer sa partition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce père de famille est à son premier travail de 40 000 gourdes pour l’équipe. Il espère en obtenir au moins deux autres de la même ampleur durant la semaine, ce qui lui permettrait de gagner 30 000 gourdes, soit l’équivalent de 227 dollars américains. En effet, sur les 40 000 gourdes, chaque membre de l’équipe reçoit 10 000 gourdes, et il faut également acheter de l’huile d’acacia (dont le gallon coûte déjà 750 gourdes), des bougies, des sacs, de l’eau et du savon pour se laver.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À la fin de l’opération, près d’une douzaine de sacs sont remplis. Ces « apôtres de la défécation » évacuent la cargaison d’excréments, franchissent l’avenue Lamartinière  où ils déversent leur chargement dans le ravin ‘’bois de chêne’’.</em></strong></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui expose la population haïtienne à un grave danger sanitaire. Interrogée sur le lieu de déversement, l’équipe s’excuse de ne pas avoir d’autres alternatives. Faute d’équipements et de moyens de transport, de centre de transformations d’excréments, les sacs de matières fécales sont vidés dans les cours d’eaux, les égouts, les embouchures, ou en pleine rue quand les vidangeurs se font attraper par la lueur du jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que des initiatives internationales offrent des perspectives prometteuses pour améliorer la gestion des déchets humains en Haïti en améliorant la santé publique et la protection de l’environnement en Haïti.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Bwa kale, la double interrogation!</title>
		<link>https://imediaayiti.com/2023/05/03/bwa-kale-la-double-interrogation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Edouard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 May 2023 15:52:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La plume]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Bwa Kale]]></category>
		<category><![CDATA[Genocide]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Justice populaire]]></category>
		<category><![CDATA[La Mort]]></category>
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					<description><![CDATA[Les temps sont durs. La mort est là. Omniprésente même. Cette hantise qui, pendant longtemps, tétanisait la population ( les rues sont vidées en plein jour), semble se transformer en carburant pour alimenter les moteurs de cette révolte « populaire » tant attendue : Bwa kale. Il paraît excessif de dire populaire, mais ce mouvement à défaut de l’être s’inscrit dans la lignée des revendications et des exaltations des discours populaires et ou majoritaires qui trouvent écho positifs dans les espaces publics, également dans les espaces privés. L’appropriation qui est faite au sein de notre société en dit long. Mais...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Les temps sont durs. La mort est là. Omniprésente même. Cette hantise qui, pendant longtemps, tétanisait la population ( les rues sont vidées en plein jour), semble se transformer en carburant pour alimenter les moteurs de cette révolte « populaire » tant attendue : Bwa kale. Il paraît excessif de dire populaire, mais ce mouvement à défaut de l’être s’inscrit dans la lignée des revendications et des exaltations des discours populaires et ou majoritaires qui trouvent écho positifs dans les espaces publics, également dans les espaces privés. L’appropriation qui est faite au sein de notre société en dit long.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais « Bwa Kale » ne fédère pas tout le monde. Certains y voient un mouvement qui, par sa violence, peut déchirer un peu plus le tissu social déjà très abimé, alors que d’autres, se référant à la puissance de feu des gangs, y voient dans leur projection, une possibilité accrue de déboucher sur un massacre. Est-ce donc la bonne solution? Et pourquoi ne serait-elle pas la solution, vu que depuis quelques années des gens meurent ou se font enlever et torturer sous le regard complice de l’État?</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’aucuns s’inquiètent des proportions que prennent ce besoin de vengeance face aux méfaits des gangs armés ces dernières années qui, pourtant, ont laissé perplexe les équipes gouvernantes. Face à l’abandon calculé de la population, perdue au milieu de cette spirale chaotique fabriquée par des élites politiques avides de pouvoir et des élites économiques toujours en quête de nouveaux monopoles, Bwa Kale s’impose comme une réponse cinglante et sanglante pour pallier l’absence de l’État, ou mieux, face aux complots ourdis par celui-ci, dont la sécurité de sa population devait constituer un devoir indépassable.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Un peuple seul, appauvri, violenté, les méfaits de la violence exercée contre lui sont nombreux. Trop longtemps il aura subi de plein fouet les assauts des forces obscures. Mais quand l’Etat s’allie à l’anti-Etat contre sa population, n’a-t-elle pas le droit de se défendre ? Face à la violence instrumentalisée et institutionnalisée sous toutes ses formes (symbolique ou physique) la population doit-elle s’efforcer d’éviter les excès alors qu’elle a subi tous les excès tant de la part des gouvernants que de la part des bandits instrumentalisés qui sont aujourd’hui sous les feux des bwakaleyens ?</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’argument majeur des anti-Bwa Kale, s’inscrit dans la lignée des défenseurs de droits humains qui, dans une fenêtre occidentale, dénoncent la justice populaire avec, comme pseudo-argument, le caractère sacré de la vie. Mais, n’est-il pas nécessaire de souligner que la vie des victimes des gangs, de l’État et des élites corrompues, est tout aussi sacrée et que comme à la guerre il est nécessaire de sacrifier des vies pour en protéger d’autres ? D’ailleurs, s’il est vrai que la République d’Haïti à travers sa Constitution consacre les droits libéraux issus de la révolution de 1789, il faut aussi rappeler que ces droits ont été imposés au roi de France par la violence populaire. La fameuse guillotine a coupé de nombreuses têtes pour imposer ces fameux droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absurdité de la démarche des anti-bwa kale réside dans le fait d’espérer qu’une foule colérique, en chasse, développe instamment une conscience axée sur des droits de l’homme dont elle-même a été privée pendant si longtemps? Pas sûr ! La haine du bourreau reste un devoir pour les opprimés. Et la restera tant que les inégalités continueront. Les violences pourraient même s’intensifier et toucher d’autres groupes sociaux mieux lotis dans la hiérarchie sociale. Le grand drame avec cette violence populaire c’est qu’elle ne s’est pas encore fixé ses interdits. En effet, tout mouvement social fabrique ses interdits, parce qu’après nous allons devoir réorganiser la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’il faut retenir de ses fâcheux événements, c’est que la violence «populaire » qui sévit actuellement en plus d’être une réponse à l’absence de l’État, est un épiphénomène de la crise qui mine Haïti depuis 1804 et qui, pour des raisons économiques, n’a jamais été résolue. Sa spontanéité n’aura pas permis jusque-là de fixer les limites, ni de minimiser les dommages collatéraux ou d’éviter toute tentative d’instrumentalisation ou de récupération par des politiques et des économiques malsains.</p>



<blockquote class="twitter-tweet"><p lang="ht" dir="ltr">W ap rete nan memwa nou.<br>Paj listwa sa p ap ekri sa wou. Fanm vanyan !<br>Pandan m ap ekri la tout kò fè chè de poul.<a href="https://twitter.com/hashtag/BwaKale?src=hash&ref_src=twsrc%5Etfw">#BwaKale</a> <a href="https://t.co/ee4bLlts4K">pic.twitter.com/ee4bLlts4K</a></p>— 🇭🇹BWA KALE 2.0💪: ALIMÈT GAZOLIN MANCHÈT (@MichelFlorence7) <a href="https://twitter.com/MichelFlorence7/status/1652103760909312002?ref_src=twsrc%5Etfw">April 29, 2023</a></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, contrairement à certains penseurs qui assimilent cette situation de violence chronique et débridée à l’anarchie, il faut souligner que nous en sommes loin. Très loin même. Les raisons sont multiples. La plus simple et la plus fondamentale est que l’État, s’il est vrai est absent auprès des pauvres, des masses agonisantes, est là, pour défendre les intérêts des puissants et des politiques qui l’ont façonné. La crise du dollar et la crise de carburant en sont de vibrants témoignages. Leurs fomenteurs malgré leurs nombreuses exactions, n’ont subi jusqu’ici aucun assaut des bwakaleyens. De plus, personne ne s’attaque à cet État ou à son Administration bien que ceux-ci, évidemment sont construits contre la population.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>En faisant une analyse généalogique de la crise haïtienne depuis 1804, il est facile de constater, comme le souligne Michel Rolph Trouillot que les mouvements violents et les régimes autoritaires qu’a connus le pays en sont des expressions symptomatiques. Donc, ce n’est pas le problème fondamental, certes il faut soigner les symptômes, mais il ne faut pas croire qu’après les avoir évacués, que tout est résolu. C’était ce qui s’était passé avec les mouvements populaires de 1986 et de 2004.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le gros danger qui nous guette serait donc que Bwa Kale couvre sous un voile d’ignorance les problèmes réels auquel la population doit s’attaquer. La matrice des crises contemporaines réside dans l’histoire et cette impossibilité de nous mettre ensemble pour construire l’avenir. Le mépris du peuple par ceux qui interviennent en son nom, est une source de tension historique qui a conduit de nombreuses nations au bord du précipice. Dans notre cas, nous sommes arrivés à un carrefour ou rien ne peut changer sans violence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, l’absence d’une politique mémorielle pour transmettre aux générations actuelles les valeurs du passé et les interdits que la nation s’était fixée est préjudiciable. Jean Clément Martin souligne à ce propos que « L’historien ne peut pas oublier que les assassins (les mots ont un sens et il faut le garder) ont été mis au ban de la société et qu’ils n’ont dû leur impunité temporaire, qu’à leur rôle dans les institutions qu’ils ont contrôlées […] Il ne peut être dupe des analyses pseudo politiques transmuant des actes de droit commun en justice populaire… » Bwa Kale ne peut donc être une solution définitive au problème haïtien, sous peine de récupération, bien qu’il constitue un élément de dissuasion important à l’heure du règne de l’anti-État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que Bwa Kale vient de débuter il faut déjà s’évertuer à penser l’après. En conclusion, je dirai que faire l’histoire de la démocratie revient également à faire l’histoire des violences qui l’ont engendrée. La démocratie ne s’installe pas d’elle-même, elle est une rupture avec un ordre. Pour arriver à un État de droit comme le suggère les anti-bwakaleyens et protéger les libertés individuelles il est nécessaire de revoir l’architecture sociale et d’œuvrer pour plus de justice sociale. Car il est beau de parler d’opprimés mal orientés pour défendre des positions politiques, mais il est tout aussi criminel de ne jamais s’attaquer à ceux qui les orientent alors que le pays agonise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lyonel Edouard</strong></p>
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		<title>La vie nocturne à Port-au-Prince pris entre deux feux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mederson ALCINDOR]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Apr 2023 23:42:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Boite de Nuit]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Insecurite]]></category>
		<category><![CDATA[Port-au-Prince]]></category>
		<category><![CDATA[Vie Nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[La vie nocturne en Haïti n’est plus ce qu’elle était avant. Des boites de nuit, bar-restos, clubs et hôtels sont quasi déserts le soir. Et pour cause, l’insécurité caractérisée par la multiplication des cas de kidnapping, de vol à mains armées et de viol. Les activités nocturnes qui, jadis représentaient un atout pour l’économie nationale, sont désormais presqu’au point mort, en raison de la dégradation de la situation sécuritaire du pays. Il est 7h PM, notre petite promenade commence à Pétion-ville, commune très animée durant la nuit dans le temps. Mais le constat est complètement différent ce soir-là. Très peu...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La vie nocturne en Haïti n’est plus ce qu’elle était avant. Des boites de nuit, bar-restos, clubs et hôtels sont quasi déserts le soir. Et pour cause, l’insécurité caractérisée par la multiplication des cas de kidnapping, de vol à mains armées et de viol. Les activités nocturnes qui, jadis représentaient un atout pour l’économie nationale, sont désormais presqu’au point mort, en raison de la dégradation de la situation sécuritaire du pays.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est 7h PM, notre petite promenade commence à Pétion-ville, commune très animée durant la nuit dans le temps. Mais le constat est complètement différent ce soir-là. Très peu de personnes sont remarquées dans les rues de ce quartier huppé. Le transport en commun est inexistant. Sauf, quelques motards qui attendent de faire une dernière course. Et de rares marchands qui osent braver les rues. Tant bien que mal, la commune tente de résister face à l’assaut des truands qui imposent leur loi dans une ville qui autrefois attirait les touristes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une capitale qui se meurt</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De Pétion-ville à Delmas, le constat est presque le même. À la seule différence, la commune de Delmas est légèrement plus animée. Si les citoyens pouvaient circuler librement dans ces quartiers, désormais la donne a changé. Face à l’amplification des groupes armés dans plusieurs zones de la capitale haïtienne et dans certaines villes de province, les gens se terrent chez eux. Chaque quartier, chaque bloc ou secteur, semble avoir son groupe de gang qui dirige et fait la loi au nez et à la barbe des dirigeants.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="719" height="480" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM.jpeg" alt="" class="wp-image-7585 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM.jpeg 719w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-300x200.jpeg 300w" sizes="auto" /><figcaption>Photo illustrant la vie nocturne au cœur de Port-au-Prince – Crédit Photo : Guerinault Louis/photojournaliste</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Si dans certaines communes et villes de province, les activités nocturnes existent encore, ce n’est malheureusement pas le cas à Port-au-Prince, la Capitale d’Haïti. Les clubs sont presque vides, pas de grandes soirées, les activités nocturnes sont au ralenti. Les fêtards craignent de sortir la nuit de peur d’être victime d’acte d’insécurité. De toute évidence, tous les quartiers de la capitale sont devenus des « no-go-zones », et les malfras sont loin de mettre les pieds sur le frein. D’ailleurs , selon les Nations Unies c’est plus de 531 cas d’homicide et 277 cas d’enlèvement qu’à enregistré Port-au-Prince, en seulement trois mois de cette année.  Conséquence : les gens se terrent chez eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les gens ne se récréent presque plus</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au bar-resto de Pétion-ville où nous nous sommes rendus,  3 personnes seulement étaient remarquées ce jour-là. Pourtant, en temps normal, ce club est très fréquenté et toujours achalandé. Nous avons rencontré l’un des responsables qui s’est plaint de l’insécurité généralisée qui gangrène le pays et qui l’oblige à fermer tôt et procéder a des réductions de staff. « Ces derniers mois, les recettes sont en baisse, les clients ne fréquentent plus l’espace. Ce week-end, je n’ai pas pu écouler même une caisse de bière alors qu’auparavant on vendait plus d’une douzaine de caisse par week-end. Je pense que bientôt je vais obliger de fermer boutique. Je suis en train de réfléchir à d’autres alternatives, car c’est franchement décourageant ici », a-t-il confié.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="720" height="481" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-1.jpeg" alt="" class="wp-image-7582 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-1.jpeg 720w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-1-300x200.jpeg 300w" sizes="auto" /><figcaption>Photo illustrant un chauffeur de motocyclette dans la nuit  à Port-au-Prince – Crédit Photo : Guerinault Louis/photojournaliste</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’horloge tourne autour de neuf heures du soir, les rues sont quasi désertes, la ville est sombrée dans un silence de cimetière. Les voitures et les motos roulent à toute vitesse et les rares personnes rencontrées à pied s’empressent de rentrer chez elles. Une autre preuve que la ville est difficile d’accès pendant la nuit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des haïtiens, étrangers de leur propre pays</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Vivre à Port-au-Prince, c’est accepter de regagner son domicile très tôt dès que le soleil est avalé par l’horizon. C’est accepter de vivre avec la peur au ventre quand vous sortez. Face à cette situation, les citoyens sont obligés de limiter leur déplacement ou encore de rentrer le plus tôt que possible afin de laisser les lieux à ceux qui le contrôlent.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">« A 8 heures du matin, je vais au boulot et après je regagne ma maison avant 6 heures de l’après-midi. A Port-au-Prince, tu ne restes pas dans la rue. S’il marque une heure indigne, tu te retrouves dans un endroit, loin de chez toi, vaut mieux rester car Port-au-Prince est devenu un couloir de la mort », a lâché une citoyenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré le climat de violence qui s’installe jour et nuit dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, les noctambules et les travailleuses du sexe bravent l’insécurité pour essayer de donner vie à la vie nocturne.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="481" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-3.jpeg" alt="" class="wp-image-7580 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-3.jpeg 720w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-3-300x200.jpeg 300w" sizes="auto" /><figcaption>Photo illustrant la vie nocturne à Port-au-Prince – Crédit Photo : </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le blackout asphyxie la vie nocturne</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Outre l’insécurité et la violence des gangs armés, le blackout complique davantage la situation dans la capitale. Car le manque d’électricité plonge Port-au-Prince et ses environs dans le noir total à la tombée de la nuit. Ce qui provoque une peur bleue chez les citoyens.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les rares voitures qui bravent le couvre-feu, imposé par la violence des gangs, traversent en trombe la cité de la mort. Les commerçants sont  appauvris, les petites bourses déjà, parmi les plus pauvres souffrent davantage de la crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si dans le temps, l’haïtien avait peur de marcher la nuit pour ne pas croiser « le diable », aujourd’hui ce sont des bandits armés qu’il craint de rencontrer sur sa route et les balles perdues qui les hantent dans cette cimetière à ciel ouvert qu’est devenue Port-au-Prince .</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mederson Alcindor</strong></p>
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		<title>Haïti : quand l&#8217;instinct de survie devient un mode de vie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Deslande Aristilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Mar 2023 18:16:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Gang]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Survie]]></category>
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					<description><![CDATA[L’instinct de survie est un comportement inné qui pousse les êtres vivants à se protéger et à satisfaire leurs besoins fondamentaux pour survivre. Dans certaines situations, cet instinct peut être utile et vital, mais lorsqu’il est constamment activé, il peut avoir un impact négatif sur les valeurs intrinsèques, les lois, les principes moraux et éthiques dans une société. La survie devient alors la priorité absolue, et les individus peuvent agir de manière égoïste, désespérée et parfois même illégale pour satisfaire leurs besoins. Cela peut entraîner une détérioration de la confiance dans les institutions et les lois, et conduire à une...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’instinct de survie est un comportement inné qui pousse les êtres vivants à se protéger et à satisfaire leurs besoins fondamentaux pour survivre. Dans certaines situations, cet instinct peut être utile et vital, mais lorsqu’il est constamment activé, il peut avoir un impact négatif sur les valeurs intrinsèques, les lois, les principes moraux et éthiques dans une société. La survie devient alors la priorité absolue, et les individus peuvent agir de manière égoïste, désespérée et parfois même illégale pour satisfaire leurs besoins. Cela peut entraîner une détérioration de la confiance dans les institutions et les lois, et conduire à une culture de corruption, de violence et de manipulation. En somme, l’instinct de survie peut devenir un frein au développement d’une société équitable, juste et éthique.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Haïti, ce petit bijou de la Caraïbe, fait face à de nombreux défis depuis sa création. Les catastrophes naturelles, la pauvreté, la corruption et la violence ont été les fléaux qui ont sévi depuis des décennies. Le peuple haïtien est en constante survie, cherchant désespérément à satisfaire ses besoins fondamentaux.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Selon la Banque mondiale, plus de la moitié de la population haïtienne vit en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de deux dollars par jour. Ce chiffre témoigne de la réalité de la survie économique dans laquelle les Haïtiens vivent. Dans cette situation de précarité, les gens font face à un défi de survie permanent, ce qui pousse certains à agir de manière désespérée pour obtenir de l’aide.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, l’instinct de survie joue un rôle dans la manière dont la corruption affecte le pays. La corruption est un phénomène courant en Haïti, car certains fonctionnaires corrompus profitent de la vulnérabilité des gens pour exploiter la situation. Dans un tel environnement, les citoyens cherchent souvent des moyens illégaux pour obtenir des services de base tels que l’éducation, les soins de santé, l’eau potable, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène de la migration interne et externe est également un autre exemple de l’instinct de survie du peuple haïtien. Les Haïtiens ont tendance à fuir leur pays pour échapper à la violence, à la pauvreté et aux conditions de vie difficiles. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 5 millions de personnes d’origine haïtienne vivent actuellement à l’étranger, principalement aux États-Unis et au Canada. La migration interne est également élevée en raison des conditions difficiles dans les zones rurales et les villes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La manipulation et la persuasion sont également des outils souvent utilisés pour influencer l’instinct de survie des Haïtiens. Les politiciens corrompus exploitent souvent les besoins des gens pour obtenir leur soutien ou leur vote. Les groupes armés utilisent la violence pour maintenir leur emprise sur les communautés, forçant les gens à se conformer ou à fuir. Et nous avons aussi les chefs religieux (des pasteurs, des prophètes, des hougans, des prêtres, etc.) qui profitent de la vision du monde magico religieuse de la population pour la manipuler par l’instinct de survie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Selon l’indice de perception de la corruption de Transparency International, Haïti est considéré comme l’un des pays les plus corrompus au monde. Le pays se classe à la 171ème place sur 180 pays évalués en 2022. Cette corruption généralisée a des conséquences dévastatrices sur la capacité du pays à répondre aux besoins fondamentaux de la population, tels que la santé, l’éducation et la sécurité.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’instinct de survie est une réalité quotidienne pour les Haïtiens, qui doivent lutter pour leur subsistance dans des conditions difficiles. La pauvreté, la violence, le constant narratif négatif dans les médias sur le pays, la corruption et la manipulation continuent d’alimenter cet instinct de survie, rendant la vie difficile pour la population. Pour inverser cette tendance, une action concertée est nécessaire pour fournir les services de base, et améliorer la sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Deslande Aristilde</strong></p>
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