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	<title>La plume &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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	<description>Plus loin que l&#039;actualité</description>
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	<title>La plume &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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		<title>Bwa kale, la double interrogation!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Lionel Edouard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 May 2023 15:52:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La plume]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[Les temps sont durs. La mort est là. Omniprésente même. Cette hantise qui, pendant longtemps, tétanisait la population ( les rues sont vidées en plein jour), semble se transformer en carburant pour alimenter les moteurs de cette révolte « populaire » tant attendue : Bwa kale. Il paraît excessif de dire populaire, mais ce mouvement à défaut de l&#8217;être s&#8217;inscrit dans la lignée des revendications et des exaltations des discours populaires et ou majoritaires qui trouvent écho positifs dans les espaces publics, également dans les espaces privés. L’appropriation qui est faite au sein de notre société en dit long. Mais...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">Les temps sont durs. La mort est là. Omniprésente même. Cette hantise qui, pendant longtemps, tétanisait la population ( les rues sont vidées en plein jour), semble se transformer en carburant pour alimenter les moteurs de cette révolte « populaire » tant attendue : Bwa kale. Il paraît excessif de dire populaire, mais ce mouvement à défaut de l&rsquo;être s&rsquo;inscrit dans la lignée des revendications et des exaltations des discours populaires et ou majoritaires qui trouvent écho positifs dans les espaces publics, également dans les espaces privés. L’appropriation qui est faite au sein de notre société en dit long.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais « Bwa Kale » ne fédère pas tout le monde. Certains y voient un mouvement qui, par sa violence, peut déchirer un peu plus le tissu social déjà très abimé, alors que d’autres, se référant à la puissance de feu des gangs, y voient dans leur projection, une possibilité accrue de déboucher sur un massacre. Est-ce donc la bonne solution? Et pourquoi ne serait-elle pas la solution, vu que depuis quelques années des gens meurent ou se font enlever et torturer sous le regard complice de l’État?</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;aucuns s&rsquo;inquiètent des proportions que prennent ce besoin de vengeance face aux méfaits des gangs armés ces dernières années qui, pourtant, ont laissé perplexe les équipes gouvernantes. Face à l&rsquo;abandon calculé de la population, perdue au milieu de cette spirale chaotique fabriquée par des élites politiques avides de pouvoir et des élites économiques toujours en quête de nouveaux monopoles, Bwa Kale s&rsquo;impose comme une réponse cinglante et sanglante pour pallier l&rsquo;absence de l’État, ou mieux, face aux complots ourdis par celui-ci, dont la sécurité de sa population devait constituer un devoir indépassable.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Un peuple seul, appauvri, violenté, les méfaits de la violence exercée contre lui sont nombreux. Trop longtemps il aura subi de plein fouet les assauts des forces obscures. Mais quand l&rsquo;Etat s&rsquo;allie à l&rsquo;anti-Etat contre sa population, n&rsquo;a-t-elle pas le droit de se défendre ? Face à la violence instrumentalisée et institutionnalisée sous toutes ses formes (symbolique ou physique) la population doit-elle s&rsquo;efforcer d&rsquo;éviter les excès alors qu&rsquo;elle a subi tous les excès tant de la part des gouvernants que de la part des bandits instrumentalisés qui sont aujourd’hui sous les feux des bwakaleyens ?</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’argument majeur des anti-Bwa Kale, s’inscrit dans la lignée des défenseurs de droits humains qui, dans une fenêtre occidentale, dénoncent la justice populaire avec, comme pseudo-argument, le caractère sacré de la vie. Mais, n’est-il pas nécessaire de souligner que la vie des victimes des gangs, de l’État et des élites corrompues, est tout aussi sacrée et que comme à la guerre il est nécessaire de sacrifier des vies pour en protéger d’autres ? D’ailleurs, s’il est vrai que la République d’Haïti à travers sa Constitution consacre les droits libéraux issus de la révolution de 1789, il faut aussi rappeler que ces droits ont été imposés au roi de France par la violence populaire. La fameuse guillotine a coupé de nombreuses têtes pour imposer ces fameux droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absurdité de la démarche des anti-bwa kale réside dans le fait d’espérer qu&rsquo;une foule colérique, en chasse, développe instamment une conscience axée sur des droits de l’homme dont elle-même a été privée pendant si longtemps? Pas sûr ! La haine du bourreau reste un devoir pour les opprimés. Et la restera tant que les inégalités continueront. Les violences pourraient même s’intensifier et toucher d’autres groupes sociaux mieux lotis dans la hiérarchie sociale. Le grand drame avec cette violence populaire c’est qu’elle ne s’est pas encore fixé ses interdits. En effet, tout mouvement social fabrique ses interdits, parce qu’après nous allons devoir réorganiser la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’il faut retenir de ses fâcheux événements, c’est que la violence «populaire » qui sévit actuellement en plus d’être une réponse à l’absence de l’État, est un épiphénomène de la crise qui mine Haïti depuis 1804 et qui, pour des raisons économiques, n’a jamais été résolue. Sa spontanéité n’aura pas permis jusque-là de fixer les limites, ni de minimiser les dommages collatéraux ou d’éviter toute tentative d’instrumentalisation ou de récupération par des politiques et des économiques malsains.</p>



<blockquote class="twitter-tweet"><p lang="ht" dir="ltr">W ap rete nan memwa nou.<br>Paj listwa sa p ap ekri sa wou. Fanm vanyan !<br>Pandan m ap ekri la tout kò fè chè de poul.<a href="https://twitter.com/hashtag/BwaKale?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#BwaKale</a> <a href="https://t.co/ee4bLlts4K">pic.twitter.com/ee4bLlts4K</a></p>— 🇭🇹BWA KALE 2.0💪: ALIMÈT GAZOLIN MANCHÈT (@MichelFlorence7) <a href="https://twitter.com/MichelFlorence7/status/1652103760909312002?ref_src=twsrc%5Etfw">April 29, 2023</a></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, contrairement à certains penseurs qui assimilent cette situation de violence chronique et débridée à l’anarchie, il faut souligner que nous en sommes loin. Très loin même. Les raisons sont multiples. La plus simple et la plus fondamentale est que l’État, s’il est vrai est absent auprès des pauvres, des masses agonisantes, est là, pour défendre les intérêts des puissants et des politiques qui l’ont façonné. La crise du dollar et la crise de carburant en sont de vibrants témoignages. Leurs fomenteurs malgré leurs nombreuses exactions, n’ont subi jusqu’ici aucun assaut des bwakaleyens. De plus, personne ne s’attaque à cet État ou à son Administration bien que ceux-ci, évidemment sont construits contre la population.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>En faisant une analyse généalogique de la crise haïtienne depuis 1804, il est facile de constater, comme le souligne Michel Rolph Trouillot que les mouvements violents et les régimes autoritaires qu’a connus le pays en sont des expressions symptomatiques. Donc, ce n’est pas le problème fondamental, certes il faut soigner les symptômes, mais il ne faut pas croire qu’après les avoir évacués, que tout est résolu. C’était ce qui s’était passé avec les mouvements populaires de 1986 et de 2004.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le gros danger qui nous guette serait donc que Bwa Kale couvre sous un voile d’ignorance les problèmes réels auquel la population doit s’attaquer. La matrice des crises contemporaines réside dans l’histoire et cette impossibilité de nous mettre ensemble pour construire l’avenir. Le mépris du peuple par ceux qui interviennent en son nom, est une source de tension historique qui a conduit de nombreuses nations au bord du précipice. Dans notre cas, nous sommes arrivés à un carrefour ou rien ne peut changer sans violence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, l’absence d’une politique mémorielle pour transmettre aux générations actuelles les valeurs du passé et les interdits que la nation s’était fixée est préjudiciable. Jean Clément Martin souligne à ce propos que « L’historien ne peut pas oublier que les assassins (les mots ont un sens et il faut le garder) ont été mis au ban de la société et qu’ils n’ont dû leur impunité temporaire, qu’à leur rôle dans les institutions qu’ils ont contrôlées […] Il ne peut être dupe des analyses pseudo politiques transmuant des actes de droit commun en justice populaire… » Bwa Kale ne peut donc être une solution définitive au problème haïtien, sous peine de récupération, bien qu’il constitue un élément de dissuasion important à l’heure du règne de l’anti-État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que Bwa Kale vient de débuter il faut déjà s’évertuer à penser l’après. En conclusion, je dirai que faire l’histoire de la démocratie revient également à faire l’histoire des violences qui l’ont engendrée. La démocratie ne s’installe pas d’elle-même, elle est une rupture avec un ordre. Pour arriver à un État de droit comme le suggère les anti-bwakaleyens et protéger les libertés individuelles il est nécessaire de revoir l’architecture sociale et d’œuvrer pour plus de justice sociale. Car il est beau de parler d’opprimés mal orientés pour défendre des positions politiques, mais il est tout aussi criminel de ne jamais s’attaquer à ceux qui les orientent alors que le pays agonise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lyonel Edouard</strong></p>
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		<title>Haïti : une société bloquée !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Buscando Orélien Buscando]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Mar 2023 03:43:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La plume]]></category>
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		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
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					<description><![CDATA[Le problème n&#8217;est pas Jacques Lafontant , Armel Lafleur, Jean Ernest Muscadin ,Jimmy Cherizier (Barbecue), Theriel Thelus (TT), John C. Morvan, Manno, Vitelòm ou n&#8217;importe quel individu qui agit selon ses propres principes ou ses propres valeurs, le fait est que nous avons une «société bloquée». Le concept « société bloquée » a été pensé par Stanley Hoffman (1963) et développé par Michel Crozier, l&#8217;auteur de l&#8217;analyse stratégique en sociologie des organisations influencé par Raymond Aaron, en vue de poser le problème du changement social français et expliquer la situation de la crise de mai 1968. Selon Crozier s&#8217;inscrivant son analyse dans le...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le problème n&rsquo;est pas Jacques Lafontant , Armel Lafleur, Jean Ernest Muscadin ,Jimmy Cherizier (Barbecue), Theriel Thelus (TT), John C. Morvan, Manno, Vitelòm ou n&rsquo;importe quel individu qui agit selon ses propres principes ou ses propres valeurs, le fait est que nous avons une «société bloquée».</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le concept « société bloquée » a été pensé par Stanley Hoffman (1963) et développé par Michel Crozier, l&rsquo;auteur de l&rsquo;analyse stratégique en sociologie des organisations influencé par Raymond Aaron, en vue de poser le problème du changement social français et expliquer la situation de la crise de mai 1968. Selon Crozier s&rsquo;inscrivant son analyse dans le paradigme individualisme méthodologique, ce sont les élites qui représentent le problème du blocage de cette société. Ces dernières n&rsquo;ont pas la capacité de prévoir, préparer et négocier les changements de la société. De plus, elles ne savent pas écouter car elles n&rsquo;ont pas été formées pour cela. Par ailleurs, cette lecture nous pousse à réfléchir et à questionner ce que nous vivons en Haïti depuis plusieurs siècles comme crise. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce sens, comment en sommes-nous arrivés ? Dans une perspective institutionnelle, contrairement à Crozier qui part de l’individu, du groupe ou du micro social, nous commencerons par présenter différentes conceptions de l’origine de cette crise. Nous discuterons ensuite la faiblesse des institutions de socialisation, notamment la famille, l’école, l’église et les médias. Nous tâcherons de montrer au final que le problème n’est pas l&rsquo;individu mais des élites qui ne font que profiter la « société bloquée », qui est une crise institutionnelle caractérisée par une perte de valeur, de civilité et d’éducation. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2614-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7149 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2614-1024x683.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2614-300x200.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2614-768x512.jpg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2614-1536x1024.jpg 1536w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2614-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto" /><figcaption>Photo illustrant des protestations en Haïti lors des derniers pays Lock en 2022 &#8211; Crédit Photo : IMEDIA </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;origine de la crise</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour certains, cette crise est remontée jusqu&rsquo;aux luttes accouchant l&rsquo;indépendance nationale. C&rsquo;est-à-dire dès la fondation de la nation haïtienne, les conditions du changement n&rsquo;étaient pas pensées. Suivant cette approche, on peut faire allusion à Allain Gilles (2022 : 6) qui pense que tous les pays qui ont fait l&rsquo;expérience de la colonisation dont Haïti, la constitution et la formation de l&rsquo;État restent un casse-tête pour eux. L’économiste Enomy Germain est aussi de cet avis. Pour lui,</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>L&rsquo;indépendance nationale ne conduit pas à l&rsquo;instauration des institutions modernes, capables d&rsquo;aider le pays à développer (Germain, 2019 : 78). Benoit Joachim, lui, estime que la formation sociale dépendante du pays est fondamentalement le produit du colonialisme classique relayé par le néo-colonialisme (Joachim, 2004, 24-25 (réédition), ibid., 33-34). </strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pour d&rsquo;autres comme Clavet (2006), c&rsquo;est à la chute du régime Duvaliérisme, que remonta l&rsquo;instabilité du pays. Celle-ci a été marquée par plusieurs tentatives de coups d&rsquo;États. Plus loin, Émile (2017), croyait qu&rsquo;après le départ du régime en 1986, nous avons eu toutes les opportunités pour réussir et construire des institutions fortes et inclusives, mais nous avons plutôt choisi de devenir un pays pauvre, incapable d&rsquo;instaurer des institutions modernes. Pendant la lutte de déracinement du régime Duvalier Père et Fils, l&rsquo;État se confondait avec nos institutions. Nous avons déduit toute l&rsquo;autonomie des institutions comme la justice, l&rsquo;armée et le législatif dans un souci pour effacer toute la trace du régime. On a réduit toute la&nbsp;Stratégie utilisée pendant la guerre de l’Indépendance au&nbsp;vieux mot d’ordre attribué à Dessalines : « koupé tèt boulé kay » (« coupez les têtes et incendiez les maisons. ») (Michel Hector et Laennec Hurbon, 2009 : 13-28). Pis est, on continue cette pratique même en 2022 en attaquant et incendiant la maison d’un partisan du gouvernant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le déclin des institutions</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui crève à nos yeux, plus criant soit-il, est qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, nous avons une société bloquée à travers ses institutions. D’un côté, la famille, l&rsquo;unité de base de la socialisation est en panne de valeur à cause du dysfonctionnement de tout le pays. L&rsquo;enfant qui devrait être à l&rsquo;école est déjà le chef d&rsquo;une famille. Il est obligé de bosser quotidiennement en vue de trouver son pain ; et ceci n&rsquo;importe comment. Dis-nous, comment peut-on donner ce qu&rsquo;on n&rsquo;en a pas ? Donc, l&rsquo;absence de valeur se poursuit de père à fils ou de mère à fille. Cette situation est à l&rsquo;origine du phénomène d&rsquo;enfants de rue ; des enfants venant de partout qui n&rsquo;ont que la rue comme véritable espace de socialisation, où on peut espérer tout : un Petit Izo, un nouveau « Ti lapli ou un lanmò Sanjou » en gestation, mais aussi Emmelie Prophète Ministre de son état, quelqu&rsquo;un sait peut-être bien lire, car elle a fait ses études ici et ailleurs et elle est journaliste et écrivain de carrière. Voilà ce qu&rsquo;elle donne comme résultat au niveau de l&rsquo;Etat. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Ainsi, Bourdieu aurait peut-être raison de dire, que la réussite scolaire des agents est proportionnelle à leur dotation en capital culturel (Montoussé et Renouard, 2019 : 56).</strong></p></blockquote>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2537-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7145 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2537-1024x683.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2537-300x200.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2537-768x512.jpg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2537-1536x1024.jpg 1536w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2537-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto" /><figcaption>Photo illustrant des protestations en Haïti lors des derniers pays Lock en 2022 &#8211; Crédit Photo : IMEDIA </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan éducatif, l&rsquo;école demeure une institution nécessaire à la socialisation. Elle complète l&rsquo;éducation familiale et permet à l&rsquo;enfant de mieux s&rsquo;intégrer et s&rsquo;adapter au système social. De plus, on ne peut pas parler de développement d&rsquo;un pays en absence de l&rsquo;établissement d&rsquo;un système éducatif adéquat et approprié. Car le développement se construit par les élites. Et ces dernières se construisent à l&rsquo;école et à l&rsquo;université. C&rsquo;est pourquoi le GPE (Global Partnership for Éducation) aide les pays à faible revenu à faire en sorte que chaque enfant y reçoive une éducation de qualité. Pourtant, l&rsquo;école et l&rsquo;Université sont totalement banalisées en Haïti notamment par les autorités Étatiques qui ont pourtant l&rsquo;ultime obligation de mettre en place des politiques publiques favorisant non seulement une éducation de qualité, mais aussi égalitaire. Malheureusement, nous avons un pays à deux écoles suivant la perspective de Doré qui avance : une école qualifiée de traditionnelle axée sur la mémorisation et déconnectée de la réalité socioéconomique et une école dite réformée qui serait à l&rsquo;environnement économique, social et culturel du pays » (Doré, 2014 : 16). La première est une école nationale négligée par l&rsquo;État qui formait les enfants les plus pauvres et marginalisés, et une autre école privée, congréganiste qui vend leur valeur religieuses aux enfants, mieux structurée par rapport à la première, fonctionne soi-disant en ligne, forme les élites et fréquentée aujourd&rsquo;hui par toute la classe moyenne du pays qui veut donner « une bonne éducation » et ainsi qu’un capital social (l’ensemble des relations, des amis) intéressant à leurs enfants comme montre le sociologue Pierre Bourdieu (Op.cit. : 55).</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="830" height="554" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2407.jpg" alt="" class="wp-image-7162 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2407.jpg 830w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2407-300x200.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/10/IMG_2407-768x513.jpg 768w" sizes="auto" /><figcaption>Photo illustrant des protestations en Haïti lors des derniers pays Lock en 2022 &#8211; Crédit Photo : IMEDIA </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ce schéma n&rsquo;est pas différent pour les universités de l&rsquo;État et privés du pays, qui sont toutes les deux debout devant les exigences de la crise. Elles se trouvent en difficulté pour débuter ses cours cette année à cause de ce climat bouleversé  par l&rsquo;insécurité. Ainsi, l&rsquo;annonce de l&rsquo;ouverture de l&rsquo;école « Tipa Tipa » cantonnée par l&rsquo;actuel ministre de l&rsquo;Éducation nationale, Nesmy Manigat pouvait montrer à quel point la situation est alarmante ici. Donc, c&rsquo;est une vérité de la Palisse que la formation familiale, la formation scolaire et universitaire en Haïti ne se font pas dans la même direction, en d&rsquo;autres termes se font d&rsquo;une façon inégale. De surcroît, la structure de la société haïtienne à travers ses institutions même conditionne l&rsquo;inégalité de chances de ses membres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’institution des valeurs sacrées et des normes morales, l&rsquo;église pour sa part, a aussi une fonction d&rsquo;intégration sociale des individus. En effet, elle permet à ces derniers à mieux intériorisés les valeurs et les normes à cause de leurs croyances. Pour les croyants( Chrétiens), il y aura la vie après la mort. Donc, l&rsquo;unique condition pour faire partie de cette vie est d&rsquo;avoir une bonne conduite sur terre, en respectant les préceptes (divins). Par exemple, honorez tout le monde ; aimez les frères ; craignez Dieu ; honorez le roi (1 Pierre 2 v 17). Elle fait la promotion des idéaux de paix, de cohésion et de justice sociale surtout dans les sociétés capitalistes (Louis, sd, 202). </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Mais, en Haïti, l’église est une institution visant seulement l’au-delà. </strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">S’investir dans les services sociaux de base non pas dans le but d’intégrer et de moderniser la société d’ici-bas, mais de mieux légitimer son action d’évangélisation, donc de salvation céleste (Hurbon, 2021 : 133-134). Pour ainsi dire, on ne peut espérer autre chose, car c&rsquo;est une construction qui s&rsquo;opère à la base. Un père de famille qui est un engagé sur le plan social et politique, devrait être aussi un chrétien engagé qui sait dire non à la mauvaise gouvernance et qui est conscient probablement que ce n&rsquo;est pas un péché de participer à une manifestation, car en avant atteindre la vie de l&rsquo;au-delà promise par son dieu, il a d&rsquo;abord une vie sociale à préserver. De fait, pour survivre, il faut un minimum de bien-être. C&rsquo;est-à-dire, la bonne gouvernance, la sécurité, la paix et le travail sont indéniables à la vie sociale. Pourtant, ces gens-là seraient, dans la majorité des cas, manipulés par quelqu&rsquo;un dénommé pasteur, prophète ou évangéliste voulant maximiser leur satisfaction. Ce qui se passe que ce soit chez le prophète Mackenson et autre fois chez Pasteur Muscadin en témoigne bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les médias à l&rsquo;ère des « NTIC « </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’un autre côté, à l&rsquo;ère des nouvelles technologies de l&rsquo;information et de communication (NTIC), les médias représentent un important instrument de socialisation. Aujourd&rsquo;hui, on peut même parler d&rsquo;une identité commune. Un individu haïtien a le même accès aux informations et à la culture que n&rsquo;importe quel autre individu de la planète. Il suffit de connecter et d&rsquo;avoir l&rsquo;accès. La nouvelle de l&rsquo;envahissement du dimanche 8 janvier 2023 du Congrès, la Cour suprême et le Palais présidentiel de Planalto au Brazil par les partisans de Bolsonaro est arrivée sur nous tellement rapide, comme si nous étions au Brazil. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les médias en ce sens nous informent et nous forment. Mais aussi, ils nous aident à nous familiariser avec d&rsquo;autres cultures. Mais en Haïti, on ferait peut-être mauvais usage des médias sociaux. Par exemple, tout le monde est journaliste. On n’a même pas besoin de savoir ce que parler veut dire comme l’indique, le titre du livre de Pierre Bourdieu, sociologue des champs. On fait que ruiner notre culture et notre image aux yeux du monde entier. Nous sommes tous des analystes de l’économie, de la politique, de la sociologie et j&rsquo;en passe… </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réseaux sociaux comme Facebook, WhatsApp, TikTok sont utilisés par la majorité que pour liker, commenter, partager des contenus dénigrants et choquants. Au lieu d&rsquo;aider celui qui est en danger, on prend un smartphone, on fait une « Picture » afin de trouver quelques vues. C&rsquo;est une véritable crise de civilité et de solidarité qui pourrait expliquer une fois de plus ce blocage de la société. Donc, les institutions de socialisation fonctionnent en vase clos ou en mode tribal. Ce qui revient à dire qu&rsquo;elles passent complètement à côté de leur mission, qui d&rsquo;assurer l&rsquo;intégration sociale.</p>



<blockquote class="twitter-tweet"><p lang="fr" dir="ltr">À <a href="https://twitter.com/hashtag/Ouanaminthe?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#Ouanaminthe</a> les journalistes ont appris à se servir d’outils <a href="https://twitter.com/hashtag/NTIC?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#NTIC</a> capable de les permettre de disposer d’informations fiables à partager avec les populations. Analyse des données pour augmenter la portée en ligne; visualisation, vérification. <a href="https://twitter.com/hashtag/FactCheck?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#FactCheck</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/coronavirusFacts?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#coronavirusFacts</a> <a href="https://t.co/fVjocD37ED">pic.twitter.com/fVjocD37ED</a></p>&mdash; UNESCO Haïti (@unesco_haiti) <a href="https://twitter.com/unesco_haiti/status/1339997856434966530?ref_src=twsrc%5Etfw">December 18, 2020</a></blockquote> 



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une anomie sociale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Durkheim, cette situation est une crise qu&rsquo;il appelle « l&rsquo;anomie » « un état de derèglement des relations entre l&rsquo;individu et sa société : parce que les actions ne sont plus réglées par les normes claires et contraignantes » (objectif hors de portée, escalade du désir et de la passion), l&rsquo;individu peut sombrer dans l&rsquo;angoisse et dans l&rsquo;incertitude qui conduisent à la violence ou au suicide (Dürkheim, 1893, op.cit. 111). Il est peut-être évident qu&rsquo;en absence de contraintes sociales pour que des juges  non qualifiés et des individus comme Pasteur Amel Lafleur, Theriel Thelus, Morvan et des groupes comme (400 Mawozo, Chen Mechan, 5 Segond, G9 an fanmi e alye, baz pilat…) agissent selon leurs propres grés, leurs propres valeurs, et normes parce que les institutions n&rsquo;arrivent pas à jouer leurs rôles dans la société. Et les individus ne restent pas sans agir que ce soit sous contraintes ou en absence parce qu&rsquo;ils ont une identité à gérer. On n’est plus dans les sociétés traditionnelles où les individus ne vivent que pour la communauté (le bien-être du collectif). Mais ce qui est plus grave ce n’est pas l’infraction commise, c’est l’absence de sanction et de punition. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>L’impunité serait l&rsquo;un des véritables problèmes de cette société. Trop de fautes restées sans être punies. L’Etat à travers ses trois pouvoirs constate les dérives, reste impuissant et continue à perdre son droit de répression (droit de réprimer, de punir). Sans une enquête rigoureuse menée par des « gens bien formés » dans ce domaine, Theriel Thelus et Morvan peuvent donner l’étiquette « gang » à n&rsquo;importe quelle personne. Cette dernière peut-être tuée à n’importe quel moment dans la commune de Miragoâne par le commissaire Jean Ernst Muscadin, le préféré de la Ministre de la Justice, Emmelie Prophète. </strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons un système social (société) bloqué à travers tous ces sous-système. Le social et culturel comme sous-système sont en panne de valeurs. Ils font que produire des gens qui se trouvent dans l’impossibilité de s’intégrer et de s&rsquo;adapter au corps social. Ce qui permettrait de produire des cas de déviance. En fait, la politique et l’économie qui devraient constituer la base des ressources humaines et matérielles sont entre les mains d’un Etat qui est au service d’une classe bourgeoise et de la communauté internationales suivant la pensée Marxiste. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui fait l’intérêt du pays n’est pas la priorité de ses dirigeants. Ils ne font rien qu’accroître leurs satisfactions. Donc, la construction et la formation d’un Etat fort et des institutions formelles et inclusives « capables de faciliter une large participation et proportion de la population dans les décisions politiques et dans la distribution des ressources économique » (Acemoglu, Johnson et Robinson, 2001, op.cit. 75), n’est pas pensée par les élites du pays. C&rsquo;est ce qui explique que nous sommes là où nous sommes aujourd’hui. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme dit le professeur Ilionor « L’heure est grave (Louis, 2022). La société haïtienne est bloquée. Mais nous ne devons pas continuer à constater les dérives et l’effondrement du pays. Une autre élite politique doit être émergée surtout dans cette conjoncture pour diriger le pays et instaurer des institutions non importées, c’est-à-dire, appropriées à notre réalité sociale afin de débloquer et de faciliter le développement de tout le système social.       </p>



<p class="wp-block-paragraph">Que dit la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), avant ou après la déclaration de l&rsquo;influenceur Theriel T. sur le comédien et publicitaire Ralphe Théodore, dit « Sexi l&rsquo;artiste », qui a été tué par balle ce vendredi 3 mars 2023 à Nazon (Port-au-Prince), par des individus non identifiés, a souligné Ticket ? Nos institutions sont non seulement inefficaces mais aussi silencieuses parfois dans ses fonctions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Buscando Orélien</strong></p>
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		<title>Rareté de carburant, Gangs armés, Covid-19 et cherté de la vie : une population prise en otage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Toussaint Lamy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Nov 2021 19:24:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La plume]]></category>
		<category><![CDATA[cherté de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Gangs armés]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Rareté de carburant]]></category>
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					<description><![CDATA[Le diesel et la gazoline, désormais les liquides les plus précieux de la République, ne se distribuent plus. Certains privilégiés ayant des contacts hauts placés font le plein à 1h, 2h ou 3h du matin, à l’abri des regards affamés de carburants. Entre-temps, les gangs armés qui ont imposé cette pénurie, pour forcer l’équipe en place à passer à la caisse, continuent de tuer, de kidnapper et de terroriser toute une population sans défense et maintenant sans un sous, même pour payer les rançons. Un autre ennemi, moins redouté, mais tout aussi dévastateur, la Covid-19 qui tue dans le silence....]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le diesel et la gazoline, désormais les liquides les plus précieux de la République, ne se distribuent plus. Certains privilégiés ayant des contacts hauts placés font le plein à 1h, 2h ou 3h du matin, à l’abri des regards affamés de carburants. Entre-temps, les gangs armés qui ont imposé cette pénurie, pour forcer l’équipe en place à passer à la caisse, continuent de tuer, de kidnapper et de terroriser toute une population sans défense et maintenant sans un sous, même pour payer les rançons. Un autre ennemi, moins redouté, mais tout aussi dévastateur, la Covid-19 qui tue dans le silence. Ajouter à cela, une inflation galopante hissant tous les indicateurs au rouge.</strong></p>
<p>Pour ce mois de novembre, la situation s’annonce difficile, ardue et même catastrophique pour les secteurs qui dépendent du diésel et de la gazoline. L’indisponibilité de l’or noir dans les pompes perdure. Le spectacle auquel on assiste dans les pompes à essence est digne de la science-fiction. Une marée humaine, dont certains s’accrochent on ne sait comment et dans quoi, livre une bataille pour remplir les fameux « gallons jaunes ». S’ensuivent bousculades, brouhaha, détonations et jets de pierres. Dans le meilleur des cas, des gens finissent à l’hôpital. Dans le pire, à la morgue. Quant aux longues files de véhicules, leurs propriétaires se résignent à passer plusieurs jours sur place espérant à leur tour d’être devant le pompiste pour faire le plein et remplir plusieurs gallons de réserve. Scénario pour le moins improbable pour ne pas dire impossible.</p>
<p>Les transporteurs des produits pétroliers sont menacés et attaqués par les bandits alors qu’ils essayaient de braver le danger qu’est devenue la traversée de Martissant. Certains chauffeurs de camion-citerne ont été kidnappés, d’autres contraints de prendre la poudre d’escampette abandonnant camion et effets personnels, et peut être un job qui faisait vivre toute une famille. De Portail Léogane à Carrefour, les gangs dominent, paradent et font la loi. La circulation des véhicules sur la route nationale numéro 2 conduisant au terminal pétrolier Thor à Carrefour devient quasi impossible. À noter que, le terminal Varreux est toujours dysfonctionnel pour les mêmes raisons.</p>
<p>En Haïti on vit au jour le jour, on apprend jamais à anticiper les problèmes. On vit dans le présent. « Jou ou wè a se li ou konte ». Ce n’est plus dans nos codes de planifier, de prévoir et de faire des projets d’avenir. Des projets à long terme. Gérer le quotidien devient une priorité, c’est vital. S’il arrive qu’un projet se concrétise, il est petit et de faible portée. En ce qui concerne par exemple le carburant, il y a un véritable problème de stockage en plus de sa disponibilité irrégulière. Seul Port-au-Prince conserve tous les produits pétroliers, ce qui veut dire que le reste du pays dépend du terminal Thor et du Terminal Varreux. En effet, l’État n’a rien fait de concret pour pallier ce problème. Les autorités haïtiennes assistent, impuissantes comme chaque citoyen(e), les gangs qui contrôlent et décident de tout. Après plusieurs mots d’ordre de grèves lancées par des secteurs de la société civile, le problème reste entier et le pays est complètement paralysé à l’heure actuelle en raison de la rareté du désormais précieux liquide.</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr">Les stations services continuent à souffrir. aucune livraison reçue à ce jour malgré les promesses des autorités.</p>
<p>— ANADIPP (@AnadippHaiti) <a href="https://twitter.com/AnadippHaiti/status/1454244556401225729?ref_src=twsrc%5Etfw">October 30, 2021</a></p></blockquote>
<p><strong>La terreur des gangs armés</strong></p>
<p>Parallèlement, il y a la criminalité qui, non seulement prend des proportions alarmantes, mais aussi qui s’installe aujourd’hui dans notre quotidien. Depuis après l’évènement du 12 mars au Village de Dieu où le pays avait perdu au moins 5 de ses fils policiers face au redoutable chef de gang surnommé Izo, les bandits ont compris que la police est impuissante face à eux. Durant ces 3 derniers mois, plusieurs individus ont été kidnappés et tués partout à travers le pays. Jusqu’à présent, les 17 missionnaires étrangers enlevés depuis plus de deux semaines se retrouvent aux mains de leurs ravisseurs. Le samedi 30 octobre un couple a été kidnappé à Montagne Noire ; le professeur Patrice M. Derenoncourt, kidnappé et tué par les bandits ; et sans oublier plusieurs attaques faites à l’intérieure des églises, sur des religieux. Léon Charles n’a jamais eu le contrôle pour enfin stopper cette hémorragie. Ainsi va Haïti, il a démissionné et laisser le pays aux mains des gangs.</p>
<p>Dans pareille circonstance nul n’est épargné. Ceux qui sont là pour nous protéger sont parfois dépourvus de moyens ou de volonté. Les individus illégalement armés sont mieux équipés. Ce qui donne de janvier jusqu’à date, plus de 40 policiers tués selon les chiffres de la PNH, des commissariats, sous-commissariats et des magasins brulés, pillés par les gangs. Le pire, des instituions policières sont obligées de fermer leurs portes sous la menace des bandits. À Cité Soleil, à La Saline, à Martissant, au bas Delmas, la situation est inquiétante pour les riverains. À chaque opération policière, on enregistre des pertes en vie humaine et en matériels du côté de la police. La PNH est impuissante faces aux bandes armées.</p>
<blockquote><p><strong>Aujourd’hui Haïti a ses propres déplacés internes. Une chose normale pour l’ONU et pour l’État haïtien. Depuis le début d’une guerre entre Grand Ravine, Tibwa et Village de Dieu, on parle de couloir humanitaire sans jamais penser à traquer ses malfrats. Environ 50 morts. 8 500 déplacés, le bilan de la bataille que livrent les gangs rivaux dans la Capitale. Ces déplacés se trouvent toujours au Centre sportif de Carrefour déjà oubliés par l’État et vivent à la merci de quelques ONG.</strong></p></blockquote>
<p>Sous la gouvernance de Ariel Henry, sous la direction de Franzt Elbé comme DG de la PNH, remplaçant Léon Charles, la République est méconnaissable. Le chef du gouvernement a tout, sauf le contrôle du pays. Pourtant à chaque déclaration publique, il tente de rassurer la population, à chaque rencontre avec un étranger il affiche ses photos et devient la star des réseaux sociaux. Cependant, les bandits continuent de terroriser la population, l’approvisionnement des stations d’essence en carburant est toujours impossible.</p>
<p>Le PM Ariel Henry attend quoi pour passer de la parole aux actes ? Pour dissiper le doute sur la relation entre les autorités étatiques et les gangs armés ? Les autorités doivent agir. Pour sauver ce peuple, pour éviter le pire, l’État haïtien doit sortir le grand jeu. Il doit adopter des mesures drastiques. L’État ne peut pas abdiquer. Il doit répondre à la terreur installée par les malfrats. L’État doit reprendre le contrôle du pays. Les chefs aux commandes doivent mettre la machine en marche pour envoyer des signaux clairs aux délinquants de tout poil et de tout acabit, de les placer hors d’état de nuire. Pour que les fêtes de fin d’année ne soient pas hypothéquées. Chaque heure compte.</p>
<blockquote class="twitter-tweet">
<p dir="ltr" lang="fr">🔵 Suite à des menaces lancées par des individus à travers les médias, la <a href="https://twitter.com/hashtag/PNH?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#PNH</a> a mis sur pied, ce lundi 24 octobre 2021, un dispositif de sécurité dans les artères de la zone metropolitaine, qui a permis de récupérer une arme de calibre 9 mm. (1/2) <a href="https://t.co/DvkVTBW0R2">pic.twitter.com/DvkVTBW0R2</a></p>
<p>— PNH (@pnh_officiel) <a href="https://twitter.com/pnh_officiel/status/1452736932677668870?ref_src=twsrc%5Etfw">October 25, 2021</a></p></blockquote>
<p><strong>Le Coronavirus : l’autre ennemi silencieux</strong></p>
<p>Depuis l’annonce de la troisième vague en juin dernier et la présence des nouveaux variants en septembre, le nouveau coronavirus est devenu plus menaçant et meurtrier. Les cas se multiplient. Les gens sont hospitalisés, certains meurent. Dans un contexte où l’insécurité bat son plein, les individus touchés par la pandémie sont de plus en plus inquiets.</p>
<blockquote><p><strong>Après une période en baisse de la pandémie, nous sommes confrontés à une nouvelle vague et d’autres variants. En Haïti, le variant anglais et le variant brésilien ont fait peur en juin et juillet de cette année. 1 826 cas Covid-19 et 44 décès du 1er au 14 juin, selon les chiffres officiels du MSPP. </strong></p></blockquote>
<p>Parmi ces victimes, il y a des personnalités publiques : Chesnel Pierre, le Directeur Général de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA), décédé après avoir été testé positif ; pareil pour le Directeur administratif de cette même institution ; le président de la Cour de Cassation, Me René Sylvestre et d’autres individus connus ont été fauché par la Covid -19.</p>
<p><strong>Une urgence sanitaire</strong></p>
<p>La montée des cas d’infection fait craindre le pire. Quand en juillet dernier on avait enregistré 1 826 cas, des centres pour la Covid-19 étaient saturés, tel que l’Hôpital Saint Luc ; d’autres centres ont dû fermer leurs portes et d’autres encore devenaient inaccessibles en raison de la guerre des gangs. À noter que depuis l’apparition de ce virus, c&rsquo;est pour la première fois qu’on a enregistré autant de cas en si peu de temps.</p>
<p>Ajouter aux problèmes d’infrastructures, il faut s’y faire avec un personnel peu qualifié en la matière et un manque criant des matériels sanitaires appropriés. Le manque d’oxygène dans les hôpitaux est l’une des causes qui engendre de nombreux décès. Entre temps, la propagation du virus se poursuit et de nouveaux cadavres seront mis en terre. Tels sont les maux d’un peuple qui espère combattre un ennemi invisible, silencieux.</p>
<p>Jusqu’à présent, l’État à travers le Ministère de la Santé Publique et de la Population, est absent. Aucune politique de sensibilisation, plus de distributions massives de masques. Les citoyens baladent sans respecter les mesures barrières. Dans un communiqué publié le 16 juin 2021, les autorités sanitaires ont enregistré pour la journée du 15 juin, 132 cas, 12 décès et 24 individus hospitalisés. Et le jeudi 17 juin, le MSPP disait avoir enregistré 232 cas et 4 décès. Depuis l’apparition des variants Delta et MU qui circulent sur le territoire depuis le 16 septembre dernier, le danger a augmenté. Ces variants sont dangereux et se propagent très rapide dans les organes. Aujourd’hui en Haïti les chiffres font état de 23 468 cas de contamination et 658 décès selon un rapport de l’Organisation Panaméricaine de la Santé. Pas d’autres mis à jour depuis lors. Pour gérer la crise sanitaire, en 2020 l’international avait octroyé une enveloppe de 50 millions de dollars.</p>
<p><strong>Et la vie devient plus chère</strong></p>
<p>Aujourd’hui, les haïtiens sont confrontés à la cherté de la vie. Marchands et consommateurs, tous se plaignent. La rareté du carburant a fait flamber les prix. Le panier de la ménagère coûte deux fois plus ou presque. Ce début de mois de novembre comparé au mois d&rsquo;octobre en donne une idée. Les prix des produits de première nécessité ont carrément grimpé. Le sac de riz qui était à 1 150 gourdes est passé à 1 400 gourdes ; le sucre était à 2 250 gourdes, est maintenant à environ 2 500 gourdes. Depuis 2 semaines, le pain et l&rsquo;eau se font rares, denrées de base dans les familles haïtiennes.</p>
<p>Depuis environ 4 mois, Haïti est sous alerte rouge. 16 semaines de plus dans l’insécurité. 123 jours de pénurie de carburant. Pour les 744 heures qui restent pour clôturer l’année 2021, c’est l’incertitude la plus totale. Une Capitale en mode Cowboy, où on est exposé à tout, notamment aux balles perdues finalement assassines. À l’instar de ces balles qui ont fauché la vie de deux vieillards à Martissant samedi dernier. L’équipe en place a seulement 44 640 minutes pour montrer sa capacité sinon sa volonté réelle à contrer les menées sordides des bandits armés.</p>
<p><strong>Toussaint Lamy</strong></p>
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		<title>Juridixion &#124; Impôt sur le revenu (ISR) : arnaque et violation de la loi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean Junior F. Tibère]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Nov 2021 19:14:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La plume]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[DGI]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Impôt sur le revenu]]></category>
		<category><![CDATA[Juridixion]]></category>
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					<description><![CDATA[Impôt sur le revenu (ISR) : arnaque et violation de la loi L’impôt sur le revenu, comme son nom l’indique, concerne les seules personnes ayant un revenu. Ou encore, celles qui exercent une activité quelconque qui génère des bénéfices financiers. Les chômeurs ne sont pas visés. Du moins légalement. Les provisions légales Le décret du 29 septembre 2005 modifiant celui du septembre 1986, au titre II, chapitre I, traite de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. En sa première section, définit les personnes imposables. Selon l’article 4 : toutes celles ayant leur « domicile » fiscal en Haïti compte tenu de leurs revenus ;...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Impôt sur le revenu (ISR) : arnaque et violation de la loi</strong></p>
<p>L’impôt sur le revenu, comme son nom l’indique, concerne les seules personnes ayant un revenu. Ou encore, celles qui exercent une activité quelconque qui génère des bénéfices financiers. Les chômeurs ne sont pas visés. Du moins légalement.</p>
<p><strong>Les provisions légales</strong></p>
<p>Le décret du 29 septembre 2005 modifiant celui du septembre 1986, au titre II, chapitre I, traite de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. En sa première section, définit les personnes imposables. Selon l’article 4 : toutes celles ayant leur « domicile » fiscal en Haïti compte tenu de leurs revenus ; celles ayant  leur « domicile » fiscal hors d’Haïti, avec des revenus de sources haïtiennes ; celles qui réalisent (peu importe leur nationalité) des bénéfices ou revenus « dont l’imposition est attribuée à Haïti » par convention internationale.</p>
<p>Bien que le législateur ajoute l’adjectif fiscal à chaque fois au substantif « domicile », que nous soulignons, c’est sans économie, selon nous. La notion de domicile n’est pas à confondre à celle de « demeure ». Elle se définit essentiellement, en droit, par l’exercice d’une activité (rentable). Autrement dit, le législateur, averti, n’imagine aucun impôt sur le revenu à appliquer à des personnes sans revenu. D’ailleurs, s’il le fallait, l’article 11 rappelle : « L’impôt sur le revenu est dû en raison des bénéfices ou revenus que l contribuable a réalisés ou dont il a disposé au cours de l’année d’imposition. »</p>
<p><strong>Que disent les faits ?</strong></p>
<blockquote><p><strong>De nombreux « contribuables » ont déjà fait la malheureuse expérience de se voir imposé un impôt, alors qu’ils ne travaillent plus ou qu’ils n’ont même jamais travaillé, et qu’ils n’exercent aucune activité professionnelle ou commerciale. Les agents de la perception leur sort le discours de « l’impôt forfaitaire ». Ils disposent de tout un arsenal persuasif. <em>Contra legem.</em></strong></p></blockquote>
<p><strong>D’où ils sortent le terme « forfaitaire » ?</strong></p>
<p>En fait, le législateur parle d’une base d’imposition « forfaitaire » dans le décret. La première occurrence de la notion de « base forfaitaire » se trouve à l’article 31, à la sous-section III du chapitre II, qui traite des catégories de revenus. Donc, ne vise pas des chômeurs, mais des revenus, toujours. Ainsi à la sous-section IV, l’article 33 stipule : « Sont assujettis au paiement de l’impôt sur le revenu sur la base forfaitaire, les commerçants, industriels et entreprises généralement quelconques lorsque leur chiffre d’affaires ou leur actif total est inférieur à un million deux cent cinquante mille (1 250 000) gourdes. » Le revenu demeure le référentiel au fondement de toute demande d’ISR.</p>
<p><strong>Comment est-ce possible ?</strong></p>
<p>Tant que l’ignorance continuera à avoir pignon sur rue, et que nous continuerons à ne reconnaitre comme valeur suprême l’argent, ses dérives se consolideront. Déjà il faudrait commencer par la vulgarisation permanente et continue de ces obligations citoyennes. Faire connaitre au citoyen ses droits et obligations relève de la mission de l’Etat. Le plus terrible dans cette arnaque, c’est que, cette fois, selon toute apparence, elle pas le fait de l’agent qui exige, mais du fisc qui méprise, extorque et sacrifie des chômeurs. Car ils vous donnent un reçu qui confirme que vous avez payé à l’Etat. Alors que la loi ne le requiert pas. Entre-temps la Constitution, dans sa faiblesse et son absence, susurre en son article 218: « Aucun impôt de l’Etat ne peut être établi que par une loi. Aucune charge, aucune imposition soit départementale, soit municipale, soit de section communale ne peut être établi qu’avec le consentement de ces Collectivités territoriales. » Qu’est-ce que la simple volonté ne peut pas faire ici ?</p>
<p><strong>Jean Junior F. Tibère</strong></p>
<p><strong>© <em>Juridixion</em>, octobre 2021, tous droits réservés</strong></p>
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		<title>E si anglè ta ap ranplase fransè a ti kras pa ti kras an Ayiti ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Deslande Aristilde]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Oct 2021 03:59:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La plume]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[anglè]]></category>
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					<description><![CDATA[Jeneralman, deba toujou rete sou predominans lang fransè a sou kreyòl Ayisyen an. Pèsepsyon an toujou rete sou baz relasyon istoriko-politik nou genyen ak peyi Lafrans. Fason yo enpoze nou lang la menm jan yo fè sa pou tout ansyen koloni yo, yon fason pou yo toujou gen anpriz yo sou yo. Priz an kont evolisyon relasyon sosyoekonomikopolitik nou yo pa souvan fèt nan poze pwoblematik lang la an Ayiti. Poutan, peyi Lèzetazini chanje dòn yo nèt depi okipasyon amerikèn nan. Kontrèman a Kreyòl ayisyen an ki se lang popilè a nan peyi a, fransè a ranpli fonksyon lang administrativ...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Jeneralman, deba toujou rete sou predominans lang fransè a sou kreyòl Ayisyen an. Pèsepsyon an toujou rete sou baz relasyon istoriko-politik nou genyen ak peyi Lafrans. Fason yo enpoze nou lang la menm jan yo fè sa pou tout ansyen koloni yo, yon fason pou yo toujou gen anpriz yo sou yo. Priz an kont evolisyon relasyon sosyoekonomikopolitik nou yo pa souvan fèt nan poze pwoblematik lang la an Ayiti. Poutan, peyi Lèzetazini chanje dòn yo nèt depi okipasyon amerikèn nan.</p>
<p>Kontrèman a Kreyòl ayisyen an ki se lang popilè a nan peyi a, fransè a ranpli fonksyon lang administrativ depi nan fondasyon peyi a. Jiska dat, menm onivo fonksyon Piblik la, malgre Konstitisyon di gen de lang ofisyèl, se fransè ki sèl kòk chante. Sa ki bay yon reyalite kote ke pale kreyòl vin yon bagay natirèl e pale franse menm vin yon bagay fonksyonèl pou majorite a.</p>
<p>Nou tout okouran de prejidis ke sitiyasyon sa pote sou peyi a. W ap panse natirèlman nan yon lang kote ke yo pra l enpoze w pou eksprime w nan yon lòt. Enpozisyon an mache ak anpil stigmatization ki pati sou yon latriye lojik falasyez tankou: « Depiw pale fransè ou se yon konesè. Depiw pale fransè ou nan yon meyè klas sosyal. Siw paka eksprime panse w an fransè ou pa yon moun ki kiltive. Oubyen, siw ta gen di mal pou pale l, ou ta fè kèk fot nan pale l, andepi de tout konesans, ekspètiz oubyen talan ou ta gen nan yon domèn kèlkonk, ou se otomatikman yon moun sòt ».</p>
<blockquote><p><strong>Sepandan, pandan fransè a ap taye banda nan peyi a, anglè a ap leve pye l e vanse tipa, tipa. Relasyon sosyoekonomikopolitik nou vin plis panche vè peyi Lèzetazini. Doktrín Monroe a fè blan ameriken choute dèyè fransè pa bò isit e depi okipasyon an yo se sèl kòk chante. Relasyon komèsyal ak migrasyon plis panche vè peyi tonton Sam nan.</strong></p></blockquote>
<p>Ak avantaj imigrasyon amerikèn nan ofri, sitou ak posibilite pou yon etranje vin sitwayen ameriken epi posibilite pou jwi sa yo rele  »jus solis » la, byen dèzane, yon pati nan klas mwayèn ak yon pati nan elit peyi a karakterize pa dè jenerasyon timoun ki pa ayisyen menm si yo viv isit. Lekòl yo ak majorite aktivite yo se an anglè yo fèl. Anpil lekòl ke nou rele lekòl entènasyonal kreye nan peyi a e majorite nan yo se an anglè. Anpil gwo ba, restoran ak klèb se lang anglè a ki an premye nan yo.</p>
<p>Menm konplèks  siperyorite ki te la pou montre depi ou pale fransè a ou se yon gwo zafè, se menm li menm ki la pou kreyòl la. Nan le tan sete lekòl kongreganis yo ke la pèsepsyon te montre ki meyè lekòl, de no jou tandans lan vire bò lekòl entènasyonal anglofòn yo (sitou).</p>
<blockquote><p><strong>Anpil timoun ki se bon sitwayen ayisyen e ki poko janm pile tè letranje ap resevwa edikasyon yo an anglè. Pa gen chif sou sa men nan 20 ane ankò klas mwayèn nan ak elit peyi a ta dwe pale lang peyi tonton Sam nan.</strong></p></blockquote>
<p>Sa pa souvan poze kòm pwoblematik men, li egziste. Nou fokis sou fransè men nou pa wè avanse anglè a ap fè lakay nou. Èske lè nou va rive jete fransè a se pa pra l ak lang grand puisans la nou pra l frape bab pou bab? Èske anglè a pa sou wout pou l ranplase fransè a menm jan blan ameriken ranplase fransè yo isit?</p>
<p><strong>Aristilde Deslande</strong></p>
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