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	<title>Mederson ALCINDOR &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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	<description>Plus loin que l&#039;actualité</description>
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	<title>Mederson ALCINDOR &#8211; IMEDIA AYITI</title>
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		<title>La vie nocturne à Port-au-Prince pris entre deux feux</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mederson ALCINDOR]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Apr 2023 23:42:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Boite de Nuit]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
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		<category><![CDATA[Vie Nocturne]]></category>
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					<description><![CDATA[La vie nocturne en Haïti n’est plus ce qu’elle était avant. Des boites de nuit, bar-restos, clubs et hôtels sont quasi déserts le soir. Et pour cause, l’insécurité caractérisée par la multiplication des cas de kidnapping, de vol à mains armées et de viol. Les activités nocturnes qui, jadis représentaient un atout pour l&#8217;économie nationale, sont désormais presqu’au point mort, en raison de la dégradation de la situation sécuritaire du pays. Il est 7h PM, notre petite promenade commence à Pétion-ville, commune très animée durant la nuit dans le temps. Mais le constat est complètement différent ce soir-là. Très peu...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La vie nocturne en Haïti n’est plus ce qu’elle était avant. Des boites de nuit, bar-restos, clubs et hôtels sont quasi déserts le soir. Et pour cause, l’insécurité caractérisée par la multiplication des cas de kidnapping, de vol à mains armées et de viol. Les activités nocturnes qui, jadis représentaient un atout pour l&rsquo;économie nationale, sont désormais presqu’au point mort, en raison de la dégradation de la situation sécuritaire du pays.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est 7h PM, notre petite promenade commence à Pétion-ville, commune très animée durant la nuit dans le temps. Mais le constat est complètement différent ce soir-là. Très peu de personnes sont remarquées dans les rues de ce quartier huppé. Le transport en commun est inexistant. Sauf, quelques motards qui attendent de faire une dernière course. Et de rares marchands qui osent braver les rues. Tant bien que mal, la commune tente de résister face à l’assaut des truands qui imposent leur loi dans une ville qui autrefois attirait les touristes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une capitale qui se meurt</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De Pétion-ville à Delmas, le constat est presque le même. À la seule différence, la commune de Delmas est légèrement plus animée. Si les citoyens pouvaient circuler librement dans ces quartiers, désormais la donne a changé. Face à l’amplification des groupes armés dans plusieurs zones de la capitale haïtienne et dans certaines villes de province, les gens se terrent chez eux. Chaque quartier, chaque bloc ou secteur, semble avoir son groupe de gang qui dirige et fait la loi au nez et à la barbe des dirigeants.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="719" height="480" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM.jpeg" alt="" class="wp-image-7585 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM.jpeg 719w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-300x200.jpeg 300w" sizes="auto" /><figcaption>Photo illustrant la vie nocturne au cœur de Port-au-Prince &#8211; Crédit Photo : Guerinault Louis/photojournaliste</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Si dans certaines communes et villes de province, les activités nocturnes existent encore, ce n’est malheureusement pas le cas à Port-au-Prince, la Capitale d&rsquo;Haïti. Les clubs sont presque vides, pas de grandes soirées, les activités nocturnes sont au ralenti. Les fêtards craignent de sortir la nuit de peur d’être victime d’acte d’insécurité. De toute évidence, tous les quartiers de la capitale sont devenus des « no-go-zones », et les malfras sont loin de mettre les pieds sur le frein. D&rsquo;ailleurs , selon les Nations Unies c&rsquo;est plus de 531 cas d&rsquo;homicide et 277 cas d&rsquo;enlèvement qu&rsquo;à enregistré Port-au-Prince, en seulement trois mois de cette année.&nbsp; Conséquence : les gens se terrent chez eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les gens ne se récréent presque plus</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au bar-resto de Pétion-ville où nous nous sommes rendus,  3 personnes seulement étaient remarquées ce jour-là. Pourtant, en temps normal, ce club est très fréquenté et toujours achalandé. Nous avons rencontré l’un des responsables qui s’est plaint de l&rsquo;insécurité généralisée qui gangrène le pays et qui l’oblige à fermer tôt et procéder a des réductions de staff. « Ces derniers mois, les recettes sont en baisse, les clients ne fréquentent plus l’espace. Ce week-end, je n’ai pas pu écouler même une caisse de bière alors qu’auparavant on vendait plus d&rsquo;une douzaine de caisse par week-end. Je pense que bientôt je vais obliger de fermer boutique. Je suis en train de réfléchir à d’autres alternatives, car c&rsquo;est franchement décourageant ici », a-t-il confié.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="720" height="481" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-1.jpeg" alt="" class="wp-image-7582 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-1.jpeg 720w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-1-300x200.jpeg 300w" sizes="auto" /><figcaption>Photo illustrant un chauffeur de motocyclette dans la nuit  à Port-au-Prince &#8211; Crédit Photo : Guerinault Louis/photojournaliste</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">L’horloge tourne autour de neuf heures du soir, les rues sont quasi désertes, la ville est sombrée dans un silence de cimetière. Les voitures et les motos roulent à toute vitesse et les rares personnes rencontrées à pied s’empressent de rentrer chez elles. Une autre preuve que la ville est difficile d’accès pendant la nuit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des haïtiens, étrangers de leur propre pays</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Vivre à Port-au-Prince, c’est accepter de regagner son domicile très tôt dès que le soleil est avalé par l’horizon. C’est accepter de vivre avec la peur au ventre quand vous sortez. Face à cette situation, les citoyens sont obligés de limiter leur déplacement ou encore de rentrer le plus tôt que possible afin de laisser les lieux à ceux qui le contrôlent.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">« A 8 heures du matin, je vais au boulot et après je regagne ma maison avant 6 heures de l&rsquo;après-midi. A Port-au-Prince, tu ne restes pas dans la rue. S&rsquo;il marque une heure indigne, tu te retrouves dans un endroit, loin de chez toi, vaut mieux rester car Port-au-Prince est devenu un couloir de la mort », a lâché une citoyenne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré le climat de violence qui s&rsquo;installe jour et nuit dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, les noctambules et les travailleuses du sexe bravent l&rsquo;insécurité pour essayer de donner vie à la vie nocturne.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="720" height="481" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-3.jpeg" alt="" class="wp-image-7580 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-3.jpeg 720w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/04/WhatsApp-Image-2023-04-10-at-10.08.49-AM-3-300x200.jpeg 300w" sizes="auto" /><figcaption>Photo illustrant la vie nocturne à Port-au-Prince &#8211; Crédit Photo : </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le blackout asphyxie la vie nocturne</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Outre l&rsquo;insécurité et la violence des gangs armés, le blackout complique davantage la situation dans la capitale. Car le manque d&rsquo;électricité plonge Port-au-Prince et ses environs dans le noir total à la tombée de la nuit. Ce qui provoque une peur bleue chez les citoyens.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les rares voitures qui bravent le couvre-feu, imposé par la violence des gangs, traversent en trombe la cité de la mort. Les commerçants sont&nbsp; appauvris, les petites bourses déjà, parmi les plus pauvres souffrent davantage de la crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si dans le temps, l&rsquo;haïtien avait peur de marcher la nuit pour ne pas croiser « le diable », aujourd&rsquo;hui ce sont des bandits armés qu’il craint de rencontrer sur sa route et les balles perdues qui les hantent dans cette cimetière à ciel ouvert qu&rsquo;est devenue Port-au-Prince .</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mederson Alcindor</strong></p>
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		<title>Haïti : Une population meurtrie, à genoux face aux atrocités des gangs armés</title>
		<link>https://imediaayiti.com/2023/02/22/haiti-une-population-meurtrie-a-genoux-face-aux-atrocites-des-gangs-armes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mederson ALCINDOR]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Feb 2023 16:43:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Armes]]></category>
		<category><![CDATA[Gang]]></category>
		<category><![CDATA[Gangs armés]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
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					<description><![CDATA[Le spectre du kidnapping, de l’insécurité en général, rend Haïti méconnaissable. Ces 5 dernières années, ces actes d’atrocités ont atteint leur paroxysme et ne sont pas sans conséquence sur le mental des citoyens. Ils affectent leur santé tant physique que psychologique. Les enfants et les femmes sont les catégories les plus touchées étant considérées comme les cibles privilégiées des malfrats de tout poil et de tout acabit. L’enfance volée Cédric est âgé de 11 ans. Il est en 6ème Année Fondamentale. Ce petit garçon habite Canaan, une zone rouge, située à l’entrée Nord de Port-au-Prince où les gangs armés pullulent...]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le spectre du kidnapping, de l’insécurité en général, rend Haïti méconnaissable. Ces 5 dernières années, ces actes d’atrocités ont atteint leur paroxysme et ne sont pas sans conséquence sur le mental des citoyens. Ils affectent leur santé tant physique que psychologique. Les enfants et les femmes sont les catégories les plus touchées étant considérées comme les cibles privilégiées des malfrats de tout poil et de tout acabit.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’enfance volée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cédric est âgé de 11 ans. Il est en 6ème Année Fondamentale. Ce petit garçon habite Canaan, une zone rouge, située à l’entrée Nord de Port-au-Prince où les gangs armés pullulent et imposent leurs lois. Ils, violent, pillent et terrorisent la population jour et nuit sans être, eux-mêmes, inquiétés. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gamin fréquente une école située au bas de Delmas 18, l’un des quartiers réputés dangereux de la Capitale. Visage ridé, la peur au ventre, la voix tremblotante, le garçonnet raconte son quotidien : « un véritable calvaire. Le crépitement des armes automatiques nous effraient à longueur de journée tant à l’école qu’à la maison. Un jour, un homme a été tué à un jet de pierre de l&rsquo;école, et cela m&rsquo;a choqué. Je garde toujours cette image en tête. J&rsquo;ai eu vraiment peur après avoir vu cela ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’adolescent est traumatisé par des scènes de violence dont il a été témoin dès son plus jeune âge. Alors qu’il grandissait dans son quartier, Cédric se rappelle de chaque détail comme si c’était hier. Le garçon précoce peut-être, se dit très inquiet de la mauvaise orientation des enfants de son âge, vivant dans son quartier. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>« Certains jeunes de la zone, plus âgés que moi, avec qui j&rsquo;avais l&rsquo;habitude de jouer, portent aujourd’hui des armes et nous ne savons pas qui les ont orientés vers ce chemin », a-t-il déclaré.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de Cédric est loin d’être anodine voire unique. Le climat d’insécurité qui s’installe dans le pays est dans une certaine mesure urbi et orbi. Il est caractérisé par l’atrocité des actes posés par les gangs armés. Parmi eux, le phénomène de l’enlèvement contre rançon, dont les femmes subissent majoritairement les conséquences, est le favori des malfrats.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’insécurité affecte le mental des victimes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On le prénomme Vanessa. Mère de trois enfants, Récemment, elle a connu l’enfer que représente le kidnapping en Haïti. Aux mains de ses ravisseurs, elle a vécu une expérience laissant de graves séquelles sur sa santé mentale, d&rsquo;après ce qu&rsquo;elle nous a confié, l’air terrifiée: « Fréquenter les rues en ce moment est un véritable calvaire. Chaque fois que je me retrouve dans la zone, les séquelles de mon enlèvement apparaissent. Je circule dans les rues car j&rsquo;y suis obligé mais si j&rsquo;avais le choix je resterais cloîtré à la maison »<br>Le cas de Vanessa démontre à quel point il est difficile pour les femmes victimes d’enlèvement de reprendre une vie normale. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président de l&rsquo;Association Haïtienne de Psychologie, Pascal Néry Jean Charles explique pourquoi c’est si compliqué : « Cela peut altérer son sommeil, il peut altérer son appétit, il peut altérer une grande partie du comportement sain que cette personne avait. L&rsquo;altération de ces comportements va générer d&rsquo;autres problèmes sur la santé physique».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Nahomie est policière, cette jeune dame qui frise la trentaine a été témoin d&rsquo;une scène qui hante son esprit au quotidien. Son copain, policier lui aussi, a été froidement exécuté sous ses yeux et elle a échappé de justesse à la mort. Alors qu&rsquo;ils étaient en route pour rentrer chez eux, des hommes lourdement armés ont soudainement arrêté la voiture et leur a demandé de descendre. </strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">« J&rsquo;ai été dans les bois cachée et j&rsquo;ai vu mon copain qui suppliait les bandits de lui préserver la vie. Mais hélas j&rsquo;ai été impuissante et je me sens responsable. J&rsquo;avais envie de pleurer de crier mais je n’avais trouvé pas de force ni de voix », explique-t-elle. Plus d&rsquo;un an après cela, la jeune dame semble loin d’oublier cette attaque. Chaque soir elle revit la scène espérant un autre dénouement. « Les femmes et les enfants sont deux groupes qui méritent, dans toute société, protection et accompagnement même en temps de guerre… Mais en Haïti, ils sont totalement délaissés. Même après avoir subi l’abominable, difficile pour eux de trouver assistance », déplore M. Pascal Néry Jean Charles. « Les femmes peuvent être victimes sur le plan matériel et autres, mais très souvent avec le viol elles sont victimes sur le plan personnel notamment à cause de l’aspect intimité. Ces genres de choc peuvent générer un double traumatisme. En ce qui concerne les enfants, beaucoup d&rsquo;entre eux pourraient développer une dépression », regrette-t-il.</p>



<blockquote class="twitter-tweet"><p lang="fr" dir="ltr">🚨 Un individu interpellé, arme à feu, cocaïne, argent et d&#039;autres matériels saisis par la Police dans le Nord<br><br>Le narcotrafiquant notoire Jicson JACQUES, alias Ézéchiel, vivant à Bas aviation, localité dépendante de la Commune du CapHaïtien, a été interpellé au cours <a href="https://t.co/kKsp0JONte">pic.twitter.com/kKsp0JONte</a></p>&mdash; PNH (@pnh_officiel) <a href="https://twitter.com/pnh_officiel/status/1617341027748126720?ref_src=twsrc%5Etfw">January 23, 2023</a></blockquote> 



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les impacts sont aussi physiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une étude publiée en 2019 par la Fondation Haïtienne de Diabète et de maladies cardiovasculaires fait état d&rsquo;environ 300 mille personnes souffrant de de Diabète en Haïti, près 2 millions d’autres sont atteintes d’hypertension. Des chiffres qui risquent d&rsquo;augmenter durant les 3 prochaines années si rien n’est fait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’insécurité laisse des impacts physiques également. Les dégâts causés par la détérioration du climat sécuritaire du pays sont légions. Et ce n’est pas la Directrice Exécutive de la Fondation Haïtienne de Diabète et de Maladie Cardio-Vasculaires (FHADIMAC), qui viendra dire le contraire. Elle dit avoir constaté une nette augmentation des cas de diabète, d&rsquo;hypertensions et de maladie cardiovasculaires. « En observant, nous avons remarqué que de nombreuses personnes souffrent des maladies telles que l&rsquo;hypertension, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Le stress est l&rsquo;un des facteurs catalysant de ces maladies chroniques », explique Dr Nancy Charles Larco.</p>



<blockquote class="twitter-tweet"><p lang="fr" dir="ltr">Pour juguler la crise en Haïti, Ottawa envoie deux navires de <a href="https://twitter.com/MarineRoyaleCan?ref_src=twsrc%5Etfw">@MarineRoyaleCan</a>. L’ambassadeur canadien <a href="https://twitter.com/diploseb?ref_src=twsrc%5Etfw">@diploseb</a> détaille les plus récentes mesures annoncées par <a href="https://twitter.com/JustinTrudeau?ref_src=twsrc%5Etfw">@JustinTrudeau</a>.<a href="https://twitter.com/hashtag/polican?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#polican</a> <a href="https://t.co/hY6sUCIbl2">pic.twitter.com/hY6sUCIbl2</a></p>&mdash; Les Coulisses du pouvoir (@RC_Coulisses) <a href="https://twitter.com/RC_Coulisses/status/1627345012416565250?ref_src=twsrc%5Etfw">February 19, 2023</a></blockquote> 



<p class="wp-block-paragraph">Selon le Centre d&rsquo;analyse et de recherche en droits humains (CARDH) pour seulement l’année 2022, 857 enlèvements ont été recensés, contre 1009 l’année d’avant, soit une diminution de 15. 06 %. Un rapport du RNDDH publié en mars 2022 sur les affrontements entre gangs rivaux fait état de 191 personnes assassinées dont 76 femmes, 6 filles et 2 garçons, et 158 enfants sont devenus orphelins de père ou de mère ou les deux. Sans compter plus d&rsquo;une dizaine de femmes séquestrées, battues, violées et déshumanisées par des sbires au relent de psychopathes. Ils utilisent la peur et les kalachnikovs pour satisfaire leur soif de sang et d’argents au vu et au su des autorités établies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mederson Alcindor</strong></p>
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		<title>Pourquoi les jeunes veulent tant quitter le pays ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mederson ALCINDOR]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jan 2023 01:08:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Eldorado]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
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		<category><![CDATA[Migrant]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Durant ces deux dernières décennies, le pays s’est enfoncé&nbsp;d’avantage&nbsp;dans l&rsquo;abîme.&nbsp;L&rsquo;insécurité, le chômage, la famine, l&rsquo;instabilité politique et la «&nbsp;gangstérisation&nbsp;» des quartiers constituent le lot quotidien de la population haïtienne.&nbsp;Fort&nbsp;de ce constat, des jeunes ne rêvent qu’à&nbsp;laisser le pays, partir à la recherche de l’Eldorado.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 8 janvier 2023, le président américain Joe&nbsp;Biden&nbsp;fait une annonce qui a fait naitre beaucoup d’espoir chez des jeunes&nbsp;Haïtiens&nbsp;en quête d’une vie meilleure, ailleurs.&nbsp;La décision du 46e président des États-Unis de donner accès à 30 000 migrants de 4 pays différents dont Haïti est venue à point nommé, selon plus d&rsquo;un.&nbsp;Car, aux yeux de certains jeunes d’ici, désormais l’unique planche de salut, c’est d’émigrer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Partir à tout prix</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis après l&rsquo;annonce du programme humanitaire, le hall du bureau de l&rsquo;immigration devient un champ de bataille et les demandes de passeports sont en constante augmentation.&nbsp;Ils sont des centaines, voire des milliers de personnes à faire la queue tous les jours.&nbsp;Soleil, poussière et bousculade ne leur font pas peur.&nbsp;Jeunes, vieux, femmes enceintes et personnes handicapées s&rsquo;entrechoquent devant les Centres de Réception et de Livraison de Documents&nbsp;(CRLDI).&nbsp;Ils sont tous là pour la même raison :&nbsp;obtenir un passeport le plus vite que possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On le prénomme, James, il est étudiant en 4e année de droit.&nbsp;Le jeune homme, frisant la trentaine est issu d&rsquo;une famille modeste.&nbsp;« Vivre en Haïti, dans un pays où en ce moment si tu t’adonnes pas à une activité louche pour de l’argent, tu es considéré comme un héros.&nbsp;C&rsquo;est difficile pour nous les jeunes de vivre ici, les défis sont de taille, les&nbsp;affronter exige des capacités&nbsp;surhumaines », se désole le licencié en Science Économique à l&rsquo;Ecole&nbsp;des Droits des&nbsp;Gonaïves.&nbsp;« Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;avenir pour nous dans ce pays.&nbsp;J&rsquo;ai déjà décroché 2 diplômes, mais à quoi ça sert en Haïti, car je me retrouve toujours sous le toit de ma mère.&nbsp;Je suis jeune, mon avenir est devant moi, mais en restant&nbsp;ici, je&nbsp;vais hypothéquer toutes mes chances de&nbsp;réussir », estime James.&nbsp;Questionné sur le programme humanitaire des États-Unis baptisé Parole, il croit que c&rsquo;est une meilleure opportunité de quitter le pays et d&rsquo;aller se reconstruire ailleurs.&nbsp;Le jeune homme confie qu’il a toujours rêvé de laisser le pays, mais qu’il ne voulait pas se rendre illégalement aux USA ou au Canada, mais la porte s&rsquo;ouvre maintenant.&nbsp;Il indique qu’il est en contact permanent avec ses proches là-bas.&nbsp;« Je vais tenter ma chance », a-t-il déclaré.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Cette volonté de quitter le pays habite la majorité des jeunes qu’on rencontre à chaque coin de rue à Port-au-Prince, la Capitale d’Haïti.&nbsp;Sylvie, 32 ans et mère d’un petit garçon,&nbsp;attend&nbsp;de voir un pédiatre dans une clinique.&nbsp;Elle ne voit pas d’avenir pour son fils « dans une société où les gangs font la loi et l’Etat est quasi inexistant, voire même complaisant ».</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Elle ne rêve qu’à&nbsp;partir comme beaucoup d’autres.&nbsp;Son éventuel pays d’accueil favori, le Canada.&nbsp;« J’ai appris que là-bas, il y a un système social intéressant », souligne la jeune dame biberonnant son enfant.&nbsp;Sylvie pense qu’une fois traversée de l&rsquo;autre côté, elle pourrait subvenir aux besoins de son enfant.&nbsp;« Je vais continuer avec mes études et je pourrais enfin travailler.&nbsp;Car,&nbsp;ce n’est pas comme chez nous.&nbsp;Je me rappelle avoir passé plus de deux ans à arpenter des dizaines d’institutions publiques et privées à la recherche d’un boulot, sans succès.&nbsp;Je sais que ce ne serait pas le paradis.&nbsp;Mais je&nbsp;ne n’assisterai pas, impuissante, mon fils mourir de faim », lance-t-elle la voix pleine de sanglots.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’instar de James et Sylvie, ils sont nombreux les jeunes haïtiens gagnés par le désespoir, tributaire de la crise multidimensionnelle qui secoue le pays depuis au moins une vingtaine d’années.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un pays qui se meurt</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que les années passent, la situation du pays se détériore et beaucoup plus de personnes cherchent à fuir le pays par tous les moyens.&nbsp;Ils veulent fuir cette misère.&nbsp;Ils en ont ras le bol de cette crise à répétition qui plombe les efforts d’une population en asphyxie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Félix, jeune étudiant en Communication Sociale à la Faculté des Sciences Humaines ne voit pas d’un bon œil que la force active et la réserve saine du pays abandonnent le navire ainsi, mais il se dit conscient que le bateau coule. « Le risque encouru par une personne qui vit en Haïti est élevé », admet-il. « Vivre ici, c&rsquo;est frôler la mort au quotidien notamment avec la prolifération des gangs et le phénomène de l’insécurité généralisée surtout la violence dans les quartiers nous poussent à tourner le dos à notre mère patrie », regrette Félix grignotant un « paté kòde ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même s’il ne souhaite pas faire le choix de partir, mais il comprend ceux qui ne peuvent plus résister, qui ne peuvent plus se battre dans ce pays « déchiré par la guerre des gangs, vassalisé par les politiciens véreux et détruit par une élite économique cupide et apatride ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’aspirant communicateur en veut aux dirigeants qui se sont succédé à la magistrature suprême les qualifiant d’incompétents et de corrompus. Selon lui, c’est la faute à eux si aujourd’hui Haïti est invivable. À cause de leur comportement mesquin, leur politicaillerie et la mauvaise gouvernance, le pays est désormais au fond du précipice forçant jeunes et moins jeunes à tenter des périples périlleux pour un lendemain meilleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, il reconnait que tout le monde ne peut pas laisser le pays.&nbsp;Certains lutteront et garderont l&rsquo;espoir et s’engageront pour changer cet Haïti, la première république noire du monde.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/07/WhatsApp-Image-2022-07-25-at-11.01.55-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-6754 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/07/WhatsApp-Image-2022-07-25-at-11.01.55-1024x576.jpeg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/07/WhatsApp-Image-2022-07-25-at-11.01.55-300x169.jpeg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/07/WhatsApp-Image-2022-07-25-at-11.01.55-768x432.jpeg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/07/WhatsApp-Image-2022-07-25-at-11.01.55-640x360.jpeg 640w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/07/WhatsApp-Image-2022-07-25-at-11.01.55-320x180.jpeg 320w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/07/WhatsApp-Image-2022-07-25-at-11.01.55-480x270.jpeg 480w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/07/WhatsApp-Image-2022-07-25-at-11.01.55-960x540.jpeg 960w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2022/07/WhatsApp-Image-2022-07-25-at-11.01.55.jpeg 1080w" sizes="auto" /><figcaption>Photo d’illustration de migrants haïtiens près du Rio Grande  &#8211; Crédit Photo : J.Omar Ornelas</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rester pour rebâtir</strong></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>« Haïti nous appartient, nous devons travailler ensemble pour la sortie de ce marasme »,&nbsp;soutient&nbsp;Patrice Jasmin, un&nbsp;professeur de philosophie en classe terminale qui réagissait dans un autobus sur le programme humanitaire Parole des USA.&nbsp;Il pense que les Haïtiens doivent entamer un processus de « réveil et d’éveil ».&nbsp;</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les fils et les filles du terroir doivent tenter un sursaut patriotique et faire passer l&rsquo;intérêt du pays en premier.&nbsp;« Si nous devons mourir pour changer Haïti, n&rsquo;ayons pas peur, faisons-le !&nbsp;Moi, je suis prêt, s’exclame l’enseignant qui s’adresse aux passagers qui se disaient découragés par la tournure que prennent les choses depuis un certain temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Jasmin rappelle que nous sommes un peuple de bâtisseurs, au passé glorieux.&nbsp;« Nous avons déjà écrit l’histoire, nous pouvons encore récidiver », croit-il.&nbsp;« Plus que jamais il faut se serrer les coudes, espérer et entamer la marche inverse vers une Haïti prospère.&nbsp;Mais pour y arriver, on doit se servir de l’éducation comme leitmotive et chasser tous les éléments improductifs des différentes élites de ce pays », tance le professeur de philosophie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Wandy&nbsp;Charles &amp; Mederson&nbsp;Alcindor</strong><br></p>
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		<title>13 ans après, quelle leçon tirée et où en sommes-nous?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mederson ALCINDOR]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Jan 2023 16:00:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[12 Janvier]]></category>
		<category><![CDATA[12 janvier 2010]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[Seisme]]></category>
		<category><![CDATA[tremblement de terre]]></category>
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					<description><![CDATA[Lors du Tremblement de terre du 12 janvier 2010, le secteur construction a été l’un des plus touchés. Environ 250 mille logements ont été détruits et 6 mille 500 maisons endommagées. 13 ans après la catastrophe, est-ce que les haïtiens construisent mieux ? Les normes modernes de constructions sont-elles appliquées ? Quelle leçon les professionnels de constructions ont-ils tiré du séisme? Entres autres questions qui restent toujours pendantes plus d&#8217;une dizaine d&#8217;années après le passage du cataclysme. Le 12 janvier 2010, à 16h 53, un séisme de magnitude 7.3 ébranle la capitale d&#8217;Haïti, Port-au-Prince, la secousse qui a duré un...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lors du Tremblement de terre du 12 janvier 2010, le secteur construction a été l’un des plus touchés. Environ 250 mille logements ont été détruits et 6 mille 500 maisons endommagées. 13 ans après la catastrophe, est-ce que les haïtiens construisent mieux ? Les normes modernes de constructions sont-elles appliquées ? Quelle leçon les professionnels de constructions ont-ils tiré du séisme? Entres autres questions qui restent toujours pendantes plus d&rsquo;une dizaine d&rsquo;années après le passage du cataclysme.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 12 janvier 2010, à 16h 53, un séisme de magnitude 7.3 ébranle la capitale d&rsquo;Haïti, Port-au-Prince, la secousse qui a duré un peu plus de 35 secondes a réduit la ville en un amas de ruines. Des quartiers et de grands bâtiments publics dont le Palais National sont rasés. Jusqu&rsquo;à date, le bilan est difficile à établir avec précision compte tenu de l&rsquo;ampleur des dégâts. 13 ans après, le pays peine à se relever et nous sommes loin du compte. Les dirigeants d&rsquo;alors ont raté cette opportunité de pose les jalons pour une nouvelle Haïti. Malgré que l&rsquo;occasion était là, à porter de main pour reconstruire ce pays, mais nous l’avons carrément raté. C’est ce qui nous pousse à aller sur le terrain pour comprendre la réalité plus de 10 ans après.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur un chantier, 9 ouvriers, un contremaitre et un ingénieur sont au travail. Ils connaissent tous les techniques de construction. Dès la composition du mortier, ces méthodes sont appliquées. Jean-Louis Moise frise la trentaine, il est contremaitre. Un crayon dans la bouche et un décamètre accroché à sa ceinture, le technicien en maçon avoue qu’avant, il s’intéressait peu aux principes de construction. Le passage du séisme de 2010 a tout changé. Des organisations œuvrant dans le domaine l’ont sensibilisé et formé. Aujourd’hui Jean-Louis Moise construit autrement : <em>« Avant le passage séisme on ne se soucie pas vraiment des normes en matière de construction mais maintenant c&rsquo;est devenu plus qu&rsquo;une obligation. On doit être vigilant et s&rsquo;assurer de chaque détail tout en respectant les normes internationales de construction au moins à 80, 90% pourquoi pas 100%»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de ce dernier, c’est le cas pour les autres techniciens du chantier, qui font énormément d&rsquo;efforts pour mettre toute en œuvre les exigences en matière de construction. Ici un charpentier, dans la cinquantaine, s’active à terminer son coffrage. Il a, lui aussi, suivi des séminaires en construction. Il affirme que bon nombre de choses ont changé depuis le passage du tremblement de terre. Il y a de l&rsquo;évolution dans la manière et la façon de construire une maison ce qui exige au constructeur de s&rsquo;adapter à la réalité de l&rsquo;heure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les travaux se réalisent sous l’œil attentif de l’ingénieur Philémon Pierre Franck. Pour lui toute construction a 3 aspects : la résistance, le coût et l’esthétique. « Mais trop souvent les propriétaires sont guidés par le second », regrette le professionnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De ce fait, M. Pierre Franck pense qu’il appartient à l’Etat haïtien de faire respecter les normes en matière de constructions. <em>« Les techniques existent mais ne sont pratiquées que par une minorité », constate l’ingénieur. I</em>l conseille à la population de mieux choisir les constructeur de leurs maisons.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’envers du décor</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On le prénomme Gabriel, il est ingénieur civil et mastérant en infrastructures et géotechnique et spécialiste en ouvrages d&rsquo;art. Ce dernier dit regretter que 13 ans après le tremblement de terre rien n’a changé. Il déplore le fait que les autorités n&rsquo;aient tiré aucune leçon du tremblement de terre du 12 janvier 2010. Ajouter à cela, le pays a raté une occasion en or de redorer son blason en matière de construction. Il reste convaincu que si un tremblement de terre se produit sur une même échelle, il causerait autant de dégâts voir beaucoup plus que celui de 2010. Car soutient-il, les citoyens se contentent d&rsquo;avoir une belle maison  et non une bonne maison. Et les autorités municipales n&rsquo;ont aucun contrôle sur les constructions, alors que c’est une partie de leur mission.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« C&rsquo;est au moment du bétonnage d&rsquo;une maison au moins un agent de la mairie peut venir questionner le propriétaire de la maison et ceci les questionnements se limitent sur le permis de construction et après le propriétaire donne un peu d&rsquo;argent et tout est réglé. Mais aucune inspection sur le terrain, sur le plan de la maison etc…», dénonce-t-il.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="654" src="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/01/Des-edifices-en-ruine-au-centre-ville-de-Port-au-Prince.-1024x654.jpg" alt="" class="wp-image-7328 lazyload" data-srcset="https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/01/Des-edifices-en-ruine-au-centre-ville-de-Port-au-Prince.-1024x654.jpg 1024w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/01/Des-edifices-en-ruine-au-centre-ville-de-Port-au-Prince.-300x192.jpg 300w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/01/Des-edifices-en-ruine-au-centre-ville-de-Port-au-Prince.-768x491.jpg 768w, https://imediaayiti.com/wp-content/uploads/2023/01/Des-edifices-en-ruine-au-centre-ville-de-Port-au-Prince..jpg 1280w" sizes="auto" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, il croit que la situation économique de la population est un des facteurs de risque dans leur manière de construire. Selon lui, <em>« une construction qui respecte les normes coûte cher, mais la majorité de la population vit dans la misère donc ils n&rsquo;ont pas les moyens pour faire appel à des spécialistes. Ils s&rsquo;amusent à acheter n&rsquo;importe quel type de terrain sans faire des études ou de consultation puis appeler un proche ayant une certaine connaissance en la matière et quelques jours ils construisent leur maison ». </em>L&rsquo;ingénieur croit qu’à part quelques bâtiments publics qui répondent plus ou moins aux normes modernes de construction, la majorité des maisons sont que de belles maisons qui ne pas capables de résister à un séisme de magnitude 3 ou 4.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle est l&rsquo;utilité des campagnes d&rsquo;évaluation du MTPTC après le séisme?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ingénieur Gabriel faisait partie de l&rsquo;équipe d&rsquo;évaluation du Ministère des Travaux Publics, Transport et Communication (MTPTC) après le passage du cataclysme. Il se souvient qu&rsquo;il y avait des maisons qui ont été marquées rouge ce qui signifie qu&rsquo;elles devraient être démolies mais à son grand étonnement 13 ans plus tard, certaines de ces maisons sont toujours debout et les autorités étatiques restent les bras croisés constatant le danger. De même pour les maisons marquées jaune, ce qui voulait dire qu&rsquo;elles devraient être réparées à un certain niveau mais ces maisons sont aujourd&rsquo;hui habitées, ce qui rend la tâche d&rsquo;autant plus compliqué.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>Le spécialiste croit que la population n&rsquo;est pas assez éduquée sur ce que représente un séisme, or le pays est traversé par des failles sismiques qui sont toujours en activité. Rare sont les personnes qui ont des connaissances sur les catastrophes naturelles. Il déplore du fait que seul le Bureau des Mines et de l’Energie (BME) assure des campagnes de sensibilisation sur les risques écologies et géologiques, mais les autres instances concernées ne sont pas vraiment impliquées. Il accuse l&rsquo;Etat haïtien d&rsquo;être le principal responsable de l’ampleur des dégâts causée par le séisme du 14 août 2021 dans le Sud du pays. Il plaide en faveur d&rsquo;un Etat avant-gardiste en lieu et place de cet Etat pompier.</strong></p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En guise de propositions, l’ingénieur civil conseille aux autorités de mieux superviser le secteur de construction et surtout d&rsquo;éduquer la population sur les catastrophes naturelles, les séismes en particulier. En ce qui a trait à la population, il leur recommande de se pencher sur la qualité d&rsquo;une maison au lieu de la quantité. Le spécialiste croit qu&rsquo;il serait mieux de posséder une pièce et celle-ci répond aux normes de construction au lieu d’en avoir 10 qui sont construites n’importe comment.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mederson ALCINDOR</strong></p>
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